La Plage

La plage La Plage (The Beach). 1 heure 59. États-Unis – Grande Bretagne. Aventures – Thriller. Sortie en France le 16 février 2000. Réalisé par Danny Boyle avec Leonardo DiCaprio, Virginie Ledoyen, Guillaume Canet, Tilda Swinton, Robert Carlyle, Paterson Joseph, Lars Arentz-Hansen…

Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l’Asie comme terrain d’élection, dans l’espoir d’y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d’un couple de Francais, Françoise et Etienne. Dans la nuit, un homme au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d’une petite communauté d’esprits libres. Le lendemain, Richard retrouve une carte de l’île et le cadavre de Daffy.

Ça faisait un sacré moment maintenant que je n’avais pas revu « La Plage ». Faut dire aussi que la dernière fois que je l’avais vu, le film m’avait laissé un avis un peu mitigé mais ce soir-là, je cherchais un film sans trop de prise de tête et avec une bonne musique pour m’accompagner dans la soirée et c’est ainsi que je me suis retrouvé à insérer ce dvd dans mon lecteur.

Il faut croire qu’il a des films où plusieurs visionnages lui sont bénéfiques. En effet, mon avis n’as pas changé de tout au tout mais alors que j’étais extrêmement déçu la première fois que je l’avais découvert, je dois bien reconnaitre qu’après un second visionnage si tout n’est pas parfait pour moi, j’ai quand même pris un petit plaisir à redécouvrir ce film.

Peut-être que le fait de savoir à quoi m’attendre y est pour beaucoup mais sans crier au chef d’œuvre ultime, j’ai quand même réussi à suivre avec plus d’intérêt que la dernière fois ce long métrage. Le scénario écris par John Hodge d’après l’œuvre d’Alex Garland me laisse quand même sur ma faim.

Je ne vais pas faire de comparaison avec le livre d’origine car je ne l’ai pas lu mais c’est vrai que même avec du recul, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose de palpitant à se mettre sous la dent. Des personnes paumées en quête d’un idéal qui vont rejoindre une plage, puis une micro société le tout avec un danger qui les entoure et une société extérieure qu’il rejette avant de devoir retourner sur terre… Résumé de la sorte ça peut paraitre grossière mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

Il ne se passe pas grand-chose et au final on se dit quand même « Tout ça pour ça ! ». Cependant, le film a quand même le mérite de nous interroger sur le pourquoi de notre existence, sur le monde qui nous entoure et sans trop se fouler, il nous offre aussi par la même occasion une invitation au voyage et à l’aventure.

C’est surtout ce point-là que je vais retenir avec un film qui me donne envie de partir et de m’ouvrir au monde. Après, je ne suis pas rentré dans tous les trips même si il y en a qui m’ont amusé comme les scènes avec Robert Carlyle ou encore la scène façon jeux vidéo et Rambo s’en va-t’en guerre mais c’est surtout cet hymne à la liberté, à l’évasion et au fait de gouter le moment présent que j’ai apprécié.

Après, le reste est plus anecdotique pour moi et pas très passionnant à mes yeux c’est peut-être pour ça aussi que je reste malgré tout assez mitigé. Tout le passage avec les « fermiers » qui se trouvent autour d’eux m’as pas beaucoup passionné non plus et je n’y ait pas trouvé une grande utilité non plus mais bon, c’est peut-être un peu plus détaillé dans le roman d’origine et on y trouve peut-être une réelle justification car là, à part un brin de danger (et encore c’est gentil je trouve), le film aurait fait sans que ça ne m’aurait pas déranger bien au contraire.

C’est vraiment le scénario qui ne m’as pas plus touché que ça car même si après ils ne sont pas dans les meilleurs rôles de leurs carrières, j’ai trouvé que la distribution tenait bien la route quand même à commencer par un Leonardo DiCaprio que je trouve excellent comme toujours. Dans le rôle de Richard, l’acteur n’est pas exceptionnel mais il reste très bon et il avait déjà commencé à vite se débarrasser de son étiquette à l’époque de « Titanic » de bien belle manière (la suite nous prouvera qu’il a continué à faire des choix artistique très judicieux je trouve 😉 ).

Sans mérité un Oscar, le comédien est très bon et continue de nous montrer une large palette de son jeu que j’apprécie beaucoup personnellement. Pas encore à maturité (chose qui ne tardera pas à arriver par la suite), l’acteur continue à l’époque son ascension et montre dans ce film qu’il est vraiment plus qu’une simple « belle gueule » mais un comédien à part entière capable de très bonnes choses. Sa « belle gueule » fait qu’on sympathise assez vite avec lui, on comprend même comment Étienne et Françoise sont vite devenus amis avec lui et en même temps, je trouve qu’à travers son regard, il a su nous montrer les failles que son personnage peut ressentir.

Étienne et Françoise justement sont très bien interprétés par Guillaume Canet et Virgnie Ledoyen. C’est peut être chauvin de ma part mais même si eux aussi ne sont pas exceptionnel (on a vu mieux d’eux), ça me fait quand même très plaisir de le voir dans ce genre de production surtout qu’ils n’ont pas à rougir de leurs performances, les comédiens français s’alignant très justement je trouve sur le reste de la distribution.

Après, il y a bien quelques moments où j’ai trouvé Virginie Ledoyen un peu faible comparé au reste du casting mais dans l’ensemble, ça ne m’as pas choqué pour autant. Ils forment en tout cas je trouve un très bon trio avec Leonardo DiCaprio tout en incarnant bien les différences de culture qu’il peut y avoir entre leurs personnages respectifs.

J’ai bien aimé aussi Tilda Swinton dans le rôle de Sal. C’est encore un rôle assez bizarre je trouve pour cette actrice qui semble apprécier les personnages atypiques mais la comédienne s’en sors très bien également. J’ai beaucoup aimé son jeu et le fait qu’elle réussisse à brouiller les cartes car si on reconnaît vite ses motivations, je trouve que c’est un personnage assez complexe, pas toujours évident à cerner.

Il en est d’ailleurs de même pour le toujours excellent Robert Carlyle dans le rôle de Daffy. Complétement déjanté, ce genre de personnage lui va comme un gant à un point que je regrette un peu qu’on ne le voit pas très souvent à l’écran car ses différentes apparitions m’ont vraiment amusé. Le reste du casting est très bon aussi et les seconds rôles sont vraiment appréciables sans jamais trop tirer la couverture vers eux.

Ce qui est valable pour les acteurs et aussi valable pour le metteur en scène. Danny Boyle est loin de nous offrir sa plus grande réalisation mais son travail reste quand même très bon avec un esthétisme très soigné. Sur certaine scène on peut même reconnaître la patte du réalisateur qui même dans un long métrage un peu faible dans son contenu réussi toutefois à nous éblouir dans sa forme.

On a le droit à une succession de scènes d’une grande beauté et visuellement très riche qui nous accentue un peu plus cette envie de voyage, d’évasion, de liberté et en ça je trouve que Danny Boyle a su maitriser son sujet. Maintenant, aussi efficace soit-il, il n’a pas réussi à combler ce qui me gêne dans le scénario mais arrive quand même à en faire un divertissement que je regarde avec plaisir.

Il y a des plans assez fort que je trouve vraiment magnifique comme celle de la photo dans le ciel étoilé, la baignade amoureuse sous le ciel étoilé toujours ou encore le « délire » de Richard vers la fin quand il perd la tête pour ne citer que ses passages.

Quand à ladite plage en elle-même, je la trouve somptueuse même si c’est vrai qu’on aurait pu la mettre un peu plus en valeur je pense autrement que par de grands plans aériens pour nous montrer que c’est isolé de tout (même si le secret en soit de cette plage semble facile aussi tant à la nage où à la rame, il ne semble pas trop compliqué d’y accéder…). Les décors sont en tout cas exploités suffisamment bien pour nous faire un minimum rêver surtout lorsque l’on se prend en plein fouet (tout comme Richard lors de la scène du réapprovisionnement) le contraste entre ce décor idyllique et la brutalité de la civilisation.

C’est dommage en tout cas que le scénario me laisse sur ma faim car il y avait matière aussi je pense à apporter un côté chasse au trésor au sujet de cette plage qui lui aurait donné une autre dimension je trouve alors que là, c’est assez vite qu’on met la main dessus.

Les effets visuels m’ont beaucoup plu sinon comme c’est souvent le cas dans les films de Danny Boyle et comme c’est souvent le cas, j’ai beaucoup aimé la bande originale de son film composée ici par Angelo Badalamenti, John Cale, Karl Hyde, Brian Eno et Rick Smith. C’est même l’un des gros points fort de ce film car la musique rehausse vraiment le long métrage en atténuant les méfaits du scénario pour accentuer l’évasion totale que procure le film.

La musique nous procure une bonne sensation de bien-être et de spleen qui colle bien avec les images qu’on nous propose. Elle figure en tout cas parmi les bandes originales que j’affectionne le plus et où on peut retrouver certains titres comme « Pure shoes » des All Saints ou « Porcelain » de Moby par exemple qui se transcende au contact des images que l’on peut voir. Cette musique est vraiment importante pour l’envoutement global que nous offre ce long métrage à mes yeux.

Pour résumer, alors que j’étais vraiment sceptique lors de mon premier visionnage de « La Plage », j’ai beaucoup plus apprécié ce film lors de mon second visionnage. Tout n’est pas parfait principalement à cause d’un scénario que je trouve simpliste et facile alors qu’il y à matière je pense à plus de profondeur mais même sans livrer leurs meilleurs travail respectifs, la distribution et l’équipe technique nous offre un très beau film qui se laisse regarder tout en nous invitant à l’évasion et au voyage. Ça se regarde sans en abuser, ça se savoure comme l’instant présent et même si on peut être un peu frustré par le résultat final, je dois reconnaître que j’ai passé un bon moment et que ce film est remonté dans mon estime. Au passage, il bénéficie d’une bande originale que je trouve juste excellente et qui finit de nous entraîner dans le voyage. « La Plage » n’est pas une œuvre indispensable dans la filmographie de Danny Boyle (c’est sans doute même à mes yeux, son film le plus faible) mais ça reste un film intéressant qui se laisse tout de même regarder que ce soit pour ses qualités comme pour ses défauts.

3/5 (Bien)

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