Quantum of Solace

Quantum of SolaceQuantum of Solace. 1 heure 40. Grande Bretagne – États-Unis. Espionnage. Sortie en France le 31 octobre 2008. Réalisé par Marc Forster avec Daniel Craig, Mathieu Amalric, Olga Kurylenko, Judi Dench, Gemma Arterton, Jeffrey Wright, Gregg Beam, Jesper Christensen, Giancarlo Giannini, Anatole Taubman, Joaquin Cosio, Tim Pigott-Smith, Stana Katic…

Même s’il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l’organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu’ils avaient imaginé…
Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d’affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d’une mission qui l’entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manœuvre pour prendre le contrôle de l’une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l’organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique…
Pris dans un labyrinthe de traîtrises et de meurtres, alors qu’il s’approche du vrai responsable de la trahison de Vesper, 007 doit absolument garder de l’avance sur la CIA, les terroristes et même sur M, afin de déjouer le sinistre plan de Greene et stopper l’organisation…

Comme « Casino Royale », je n’avais pas revu « Quantum of solace » depuis sa sortie en salles à la différence près que je gardais un très bon souvenir du film de Martin Campbell et que mon avis était déjà un peu plus mitigé concernant le long métrage de Marc Forster. C’est donc sans trop me souvenir de ce film et avec un peu de craintes que je me suis lancé dans cette 22ème aventure du plus célèbre agent secret au service de Sa Majesté.

Si le film s’est vite ramené à ma mémoire, le souvenir que j’en avais à été un peu plus valorisé mais comme un « Le monde ne suffit pas », si j’ai revu un peu mon avis à la hausse, c’est pas pour autant que le film est devenu un chef d’œuvre à mes yeux. J’attends la sortie prochaine de « Skyfall » pour me prononcer mais pour l’instant, le scénario écrit par Paul Haggis, Neal Purvis et Robert Wade d’après l’œuvre d’Ian Fleming est même en passe de devenir le plus faible de la franchise à mes yeux sous l’ère Daniel Craig.

Faut dire aussi que « Casino Royale » avait été une telle claque pour moi que la barre à inconsciemment été mise un peu haute. Si je continue d’apprécier le virage qui à été pris dans la saga afin de dépoussiéré le mythe, ici, le film semble pourtant nettement moins bien écrit l’action étant en plus privilégié à la psychologie des personnages qui étaient pourtant devenu plus importante dans l’opus précédent. Écrit un peu avant la grande grève des scénaristes aux Etats-Unis de 2007-2008, on sent que l’ensemble a été un peu écrit précipitamment dans l’optique de ne pas retardé la sortie de ce film dont plusieurs scènes auraient été ré-écrite durant le tournage.

Plus d’action c’est bien mais en effet, je ne peux que regretter le manque de finesse de cette histoire qui détruit un peu tout ce que le film précédent avait réussi à construire. Il reste bien sûr quelques beaux restes car le film tente de s’inscrire dans la continuité (c’est même la première fois qu’on a à faire à une suite direct, ce film commençant une heure après la fin de « Casino Royale ») mais l’histoire s’avère moins profonde. On à tenté de garder un petit côté sombre qui était sympathique mais la mayonnaise n’a pas totalement prise sur moi. Étouffer par une pseudo morale écologiste, le scénario s’inscrit pourtant comme toujours dans le contexte historique actuelle de la société mais l’ensemble est montré avec tellement de facilités plus grossière que d’habitude et sans aucune subtilité que du coup, j’ai eu beaucoup de peine à y croire.

Cependant, tout n’est pas mauvais pour autant. En étant le film le plus court de la franchise (juste après le film le plus long ironiquement), on sent cette envie de faire le film de façon rapide, trop rapide peut être mais le résultat reste quand même globalement assez divertissant. Là où il aurait pu faire simple, il veut parfois se compliquer la tâche mais on suit quand même ce film avec une certaine facilité comme on regardera n’importe quel film d’action de façon classique. J’en attendais un peu plus pour ma part mais je ne me suis pas ennuyé pour autant c’est juste qu’après le dépoussiérage qui à été opéré, on pouvait quand même s’attendre à quelque chose d’au moins aussi percutant surtout qu’à ce jour, ce film bénéficie du plus gros budget qui à été alloué pour un 007.

L’action prédomine donc et là dessus ça reste quand même bien ficelé même si parfois on doute de l’utilité de certaines scènes. Certains personnages sont aussi un peu moins bien écrits ce qui est regrettable et porte aussi préjudice au film. Fort heureusement, il y à quand même toujours cette touche d’humour qui est fort plaisante ainsi que quelques clins d’œils plaisant comme une scène sur un lit qui nous fait vite faire un lien vers « Goldfinger ».

Après, c’est principalement le scénario qui me rend un peu plus mitigé car du côté de l’interprétation, je suis plutôt content. Pas satisfait à 100% mais content. Daniel Craig continue de bien reprendre le rôle de James Bond. Côté glamour et charme, ce n’est pas toujours ça malgré ses costumes sur mesure qui semble s’auto-nettoyer et repasser à grande vitesse sans qu’on y voit rien, mais côté charisme et univers plus sombre, le comédien reste un bon choix je trouve pour cette nouvelle vision de l’agent. Pas totalement bondien, il reste en tout cas convaincant et je trouve ça agréable de le voir évoluer dans la franchise.

J’ai été un peu plus déçu concernant Mathieu Amalric. Pourtant, j’apprécie énormément son travail en temps normal mais là, je ne l’ai vraiment pas trouvé convaincant dans le rôle de Dominic Greene. L’idée de faire un méchant ne sachant pas se battre pouvait être sympa mais il manque clairement de charisme face à ses adversaires ce qui le rend vite peu convaincant et peu terrifiant. J’ai vraiment trouvé qu’il n’était pas crédible pour un sou surtout qu’il n’est pas aidé par le scénario pseudo-écolo qui le voit limite en tong et chemise à fleurs en bouffant une pomme face à un terrible dictateur. Sur le papier, l’idée aurait pu montrer de bonnes choses, mais à l’écran, ça ne fonctionne pas à mes yeux. Je ne parlerais même pas de son bras droit dans le film, Elvis interprété par Anatole Taubman dont la coupe et les tenues suffisent à eux seuls à discrédité le personnage.

Du côté des James Bond girls, ce n’est pas mieux non plus. Après nous avoir offert l’une des James Bond girl les plus efficace avec une Vesper Lynd qui manque cruellement au film, on se retrouve avec une Olga Kurylenko en Camille certes ravissante mais très loin d’être convaincante n’hésitant pas à alterner entre la jeune demoiselle en détresse et la femme dure qui sais se battre sans qu’on sache jamais à quel sein se vouer aussi beaux peuvent être les siens (désolé…). L’actrice gâche un peu le bon pas en avant qui avait été fait pour redevenir plus qu’une simple belle plante, plaisante à voir, agréable lorsqu’elle tient compagnie à notre héros mais pas vraiment indispensable. C’est même pire concernant Gemma Arterton en Agent Fields qui utilise lors d’une scène son instant glamour avant de juste devenir un personnage pas utile du tout et parfaitement transparent même si son hommage lors de sa dernière scène reste sympathique.

David Harbour est lui aussi parfaitement ridicule dans la peau de Gregg Beam. A aucun moment on croit en son personnage fort de la CIA. A chaque instant, on s’attend le voir arrivé avec une bière et un donuts à la main, l’air benêt près à nous sortir une bonne vieille blague franchouillarde. Vraiment très mal écrit aussi, l’acteur n’arrive jamais à rehausser l’intérêt de son rôle et le ridiculise même à plusieurs moments. On est ainsi presque heureux que de retrouver Jeffrey Wright dans la peau de Félix Leiter. Présent déjà dans « Casino royale », l’acteur reste cohérent et constant avec ce qu’il nous avait déjà montré et même si je pense qu’on aurait pu mieux écrire son personnage, le comédien réussi tout de même à lui donner de l’intérêt et faire en sorte qu’on prenne la CIA un minimum au sérieux dans cette aventure.

Parmi les têtes que l’on connait déjà justement, c’est un vrai plaisir pour moi que de retrouver Judi Dench. Avec Daniel Craig, c’est peut être l’une des seule à vraiment réussir à ne pas trop se ridiculiser en M. Elle prouve une nouvelle fois que ce choix de casting était vraiment excellent tant sa présence dans la franchise sonne comme une évidence. Dommage une nouvelle fois que le scénario ne la mette pas forcément à son avantage avec des scènes chez elle dont le décor n’est pas toujours utile mais l’actrice parvient à garder son style de jeu que j’apprécie et à nous offrir une bonne prestation surtout depuis que la franchise à décidé de donner plus d’importance à son personnage.

On retrouve aussi Giancarlo Giannini dans le rôle de René Mathis. Pas rancunier pour un sou (il s’est d’ailleurs vite remis de ses tracas avec une maison qu’on lui à vite offerte pour un film sensé se déroulé à peine une heure après la précédente aventure), je dois avouer que c’est un plaisir quand même pour moi que de retrouver son personnage même si il est mal exploité et qu’on peut avoir une sensation de gâchis (non mais c’est quoi cette scène de la poubelle ?). L’acteur reste malgré tout convaincant et j’ai aimé le retrouver même si c’est que le temps d’un court passage. J’ai aimé retrouver aussi Jesper Christensen en Monsieur White. On aurait pu penser qu’il allait avoir de l’importance mais en fait non, son personnage n’est pas beaucoup exploité aussi ce qui fait que là encore, on peut se poser la question de son utilité dans le film.

J’ai rien de particulier sinon à dire sur le reste de la distribution qui globalement est bonne chacun jouant à peu près pareil. On pourra quand même évoquer Joaquin Cosio dans le rôle d’un Général Medrano stéréotypé à souhait et pas aidé par le jeu du comédien ainsi que Tim Pigott-Smith dans le rôle du ministre britannique des Affaires étrangères où là encore, on est en droit de se demander si sa scène n’a pas été juste écrite afin de meubler un film qui décidément n’a pas grand chose à dire.

Pourtant traditionnel pour un film de la franchise 007, c’est la première fois qu’une aventure est mise en scène par un réalisateur non issu du Commonwealth. Marc Forster, pourtant jusque là peu habitués des grosses productions de cette envergure, prend cependant bien le relai à Martin Campbell. Sa mise en scène est moins subtile que son prédécesseur mais il arrive quand même à limiter la casse et à palier un peu le manque d’intérêt que j’ai pu éprouver pour le scénario. Même lors des scènes d’action et de courses poursuites, il nous montre qu’il sait bien manier la caméra en nous offrant un film à l’esthétique plutôt réussi dans l’ensemble.

C’est d’ailleurs en grande partie grâce à cette action que j’ai trouvé un intérêt pour ce film bien faible car en ne lésinant pas sur les combats, les cascades et autres effets pyrotechniques, on à quand même le droit à un divertissement réussi qui se laisse regarder. On en attendait certes plus mais grâce à Marc Forster, je trouve vraiment que la casse à été limité. Il à su essayé de garder une continuité avec le film précédent même si on sent que tout n’est pas du même acabit mais le travail fait sur la photographie et la lumière reste quand même sympathique également.

Les effets spéciaux sont assez convaincants même si on peut ressentir une overdose par moment, ceux qui reprochaient à « Casino Royale » d’être un peu trop calme étant peut être ici plus satisfait. Même si ils ne sont pas toujours exploités de belles manières avec des scènes pas importante voir inutile, les différents décors restent plaisant à voir et continue de me faire voyager ce que j’apprécie tout comme j’ai aimé le montage ainsi que les incrustations pour nous indiquer le nom des villes dans lesquels on se trouve.

Le gros manque vient en revanche des gadgets qui ont ici totalement disparu. A part ses armes et ses répliques, notre James Bond voyage léger. Pas de laser, pas de mini bombe, pas d’implants… pas même une voiture sur-équipée sous la main ce qui est regrettable car malgré le virage et la recherche de crédibilité voulu, les gadgets font partie de l’univers James Bond. En revanche au MI6, c’est la pointe de la technologie avec des écrans qui ferait pâlir de jalousie Tom Cruise dans « Minority report » et où là en revanche, il y à un abus d’effets visuels que j’ai trouvé assez désagréable et même vraiment très moche.

Quant à la bande originale composée toujours par David Arnold, elle reste plaisante à écouter même si j’ai trouvé qu’elle n’avait pas la même force que celle d’un « Casino Royale » (toujours le même, la barre ayant été mise très haute j’ai eu du mal à ne pas les mettre en comparaison…). Les choix des musiques sont plutôt bons malgré tout et j’ai bien aimé le titre « Another way to die » interprété pour la première fois de la franchise par un duo avec Alicia Keys et Jack White. On l’entend lors de l’habituel générique de début, moins beau encore que le film précédent à mes yeux mais tout de même assez stylisé. Et puisque je parle des habitudes, en plus des gadgets, même dans une recherche d’innovation, je regrette que le gunbarrel n’apparaisse qu’à la fin du long métrage, sa place étant plus judicieuse au début, tut comme je regrette l’absence de la mythique réplique « Bond. James Bond. ».

Pour résumer, « Casino Royale », dont la comparaison est inévitable, avait mis la barre haute. Trop haute pour ce « Quantum of solace » fait dans la précipitation et qui s’avère nettement moins maitrisé avec son scénario fait à l’arrache peu convaincant et aux personnages mal écrit à mes yeux même si c’est un plaisir que de retrouver des acteurs comme Daniel Craig et Judi Dench tandis que Mathieu Amalric me livre l’un des méchants de la franchise qui m’a le moins convaincu. Dans sa mise en scène Marc Forster sauve un peu les meubles malgré tout et grâce à l’action omniprésente dans cet opus le plus court à ce jour de la saga, je ne me suis quand même pas ennuyé et j’ai réussi à passer un bon moment. Malheureusement, ça ne sauve pas totalement ce film à mes yeux qui me laisse grandement sur ma faim car je pense qu’il y avait matière à mieux faire. Dommage.

2.5/5 (Moyen)

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2 réflexions sur “Quantum of Solace

    1. Je peux le comprendre. C’est d’ailleurs celui que j’aime le moins sous l’ère Craig et c’est aussi pour moi l’un des plus faible de la franchise même si j’ai quand même beaucoup de mal avec certains Roger Moore (les James Bond qui me plaisent le moins et qui valent le coup pour moi, principalement pour ses méchants) ainsi que celui avec Lazenby. Quoiqu’il en soit, « Quantum of Solace » j’arrive à y trouver de bonnes choses en le revoyant. Pas assez pour le trouvé excellent mais suffisamment pour qu’il ne soit pas non plus trop catastrophique à mes yeux ^^

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