Les Suffragettes

Les SuffragettesLes Suffragettes (Suffragette). 1 heure 45. Grande Bretagne. Drame – Historique. Sortie en France le 18 novembre 2015. Réalisé par Sazrah Gavron avec Carey Mulligan, Helena Bonham Carter, Brendan Gleeson, Meryl Streep, Ben Whishaw, Anne-Marie Duff, Romola Garai, Finbar Lynch, Natalie Press, Samuel West…

Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

C’est très tardivement que j’ai entendu parler du film « Les Suffragettes ». En fait, il a vraiment fallu que mon cinéma me propose une bande annonce pour que ce film devienne une curiosité à mes yeux. En effet, le sujet m’intéressait grandement et ses premières images qui m’étaient donné de voir me donner envie avec en prime un casting que je trouvais très prometteur. C’est donc sans trop me forcer que je me suis dirigé vers une séance de ce long métrage.

Je ne le regrette vraiment pas. Assez fidèle à l’image que je m’en faisais (la bande annonce en raconte beaucoup quand même et donne une bonne idée de ce que sera le film), j’ai été assez pris par ce scénario. Je trouve ça toujours passionnant de se replonger dans son Histoire et même si ici, on évoque la société anglaise, c’est un sujet qui me parle et que je trouve assez déroutant.

Voir les conditions de vie de ses femmes, la place qu’on leur donné dans cette société, les droits auxquels ont les privées et cette volonté de se battre pour obtenir justice et exister m’a plu. C’est d’ailleurs assez dingue de se dire que les événements relatés ici ont à peine une centaine d’année. Cela permet de relativiser un peu sur notre façon de donner des leçons alors que notre passé récent n’est pas forcément toujours glorieux (en France, le droit de votes des femmes ne date que de 1944…).

Le combat de ses femmes m’a touché en tout cas. Je m’attendais typiquement à cette façon de raconter ce récit, même la partie fictive est assez classique dans son traitement mais le résultat reste efficace sur moi. Le seul petit bémol à la limite que je peux avoir concernant ce récit, c’est qu’il manque un peu de rythme. C’est pas dérangeant pour moi habituellement mais bon, comme là c’est quand même assez prévisible dans son fond, davantage d’énergie aurait pu être sympathique.

La distribution est pas mal également. Je ne suis pas un grand fan de Carey Mulligan (Maud Watts) mais la comédienne à vraiment su m’émouvoir avec son personnage. J’ai aimé le mélange de fragilité et de force qui se dégage d’elle ainsi que l’évolution que son rôle lui propose. A ses côtés, Anne-Marie Duff (Violet Miller) m’a aussi convaincue tout comme Helena Bonham Carter (Edith Ellyn) dont j’ai apprécié la retenue dans son interprétation.

Si Ben Whishaw (Sonny Watts) montre des choses intéressantes dans son jeu qui fait qu’on trouve son personnage aussi sympathique que détestable, Brendan Gleeson (Arthur Steed) tire son épingle du jeu avec un portrait assez froid et représentatif de l’oppression et l’injustice légale que pouvait ressentir les femmes à cette époque.

Concernant les personnages un peu plus en retrait, Meryl Streep (Emmeline Pankhurst) est une nouvelle fois très bonne mais son rôle aurait quand même mérité à être davantage étoffé selon moi surtout qu’elle représente tout un symbole de cette lutte. J’aurais aussi aimé en voir plus concernant Natalie Press (Emily Wilding Davison), Romola Garai (Alice Haughton) et Finbar Lynch (Hugh Ellyn). Je comprends qu’on ne les mettent pas trop en avant mais ils font parti de ses portraits intéressants qui auraient pu donner davantage d’émotions à l’intrigue même si en l’état, l’émotion véhiculé par ce film est très bonne.

Première réalisation que je vois de Sarah Gavron, j’ai été satisfait du résultat. C’est très académique, très classique, dans l’esprit du scénario au final mais ça passe. Le sujet ne mérite pas de surenchère et en faire plus aurait provoqué un manque de crédibilité à mes yeux. Dommage malgré cela que l’image soit parfois trop tremblotante. Je comprends l’idée, je comprends qu’on veuille parfois nous plonger au cœur de cette lutte mais lors de certaines scènes (je pense notamment à celle des émeutes), j’ai trouvé ça assez désagréable à suivre.

Après, la photographie est assez intéressante avec un grain un peu sale qui nous plonge bien dans la classe ouvrière de l’époque. J’ai apprécié aussi les différents décors ainsi que les costumes qui apportent une bonne touche de réalisme. De même, les maquillages avec ses femmes qui se montrent quasiment au naturel permet bien d' »effacer » légèrement l’artifice du cinéma pour que l’on se concentre davantage sur ce que le film nous raconte.

Comme je le dis plus haut, le long métrage manque un peu de rythme. Le montage est sans doute trop classique pour le coup. Une petite vingtaine de minutes en moins pour ce long métrage n’aurait pas fait de mal. Cette baisse de rythme n’est pas non plus compensée par une bande originale bonne mais qui elle aussi sombre dans la facilité en ne prenant pas de gros risques.

Pour résumer, quand j’y repense, c’est peut être de là que vient le problème du film « Les Suffragettes » selon moi. C’est un excellent film, émouvant qui relate une période de l’Histoire des femmes qu’il est important de rappeler mais à côté de cela, il n’y a pas eu de très gros risques de pris. C’est très classique dans son fond et dans sa forme. On s’attend à un tel résultat. Alors certes, le combat que l’on nous montre est louable et l’on sent le respect fait à ce sujet mais du coup, associé à une baisse de rythme qui peut faire décrocher parfois, le long métrage nous prends avec lui sans jamais nous emmener plus loin que sa base de départ. C’est un très bon film, assez poignant, que je pourrais revoir mais il y a quand même quelques imperfections et facilités qui font que je reste un peu sur ma faim.

3.5/5 (Très bien)

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2 réflexions sur “Les Suffragettes

    1. Et je comprends de nouveau 😉 Si tu as l’occasion de le voir, n’hésite pas à me dire ce que tu en penses. De mon côté comme tu as pu le lire, je l’ai trouvé très classique, très académique mais intéressant et plaisant malgré tout 😉

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