Night Fare

Night FareNight Fare. 1 heure 20. France. Thriller. Sortie en France le 13 janvier 2016. Réalisé par Julien Seri avec Jonathan Howard, Jonathan Demurger, Fanny Valette, Jess Liaudin, Édouard Montoute, Zakariya Gouram, Jean-François Lenogue, Moussa Sylla, Marinelly Vaslon…

Luc et Chris, son ami anglais, montent dans un taxi pour rentrer chez eux après une soirée parisienne bien arrosée. Arrivés à destination, ils s’enfuient sans payer la course. Ils sont tombés sur le mauvais chauffeur… Le taxi va se mettre en chasse toute la nuit. Mais, est-ce vraiment l’argent qu’il veut ?

Bien que je ne suive pas spécialement la carrière de Julien Seri, je dois bien reconnaître que lorsque j’ai eu vent de son projet « Night Fare », j’ai tout de suite été séduit. Du coup, lorsque mon cinéma brestois m’a proposé une avant-première en présence du réalisateur, je n’ai pas hésité pour prendre ma place et j’espérais juste ne pas avoir mis la barre trop haute dans mes attentes.

Au final, j’ai vraiment beaucoup aimé. Ce scénario est vraiment très intéressant je trouve. Pourtant, au début j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans et le final est assez déstabilisant (même si j’y ai ensuite très vite adhéré) mais plus j’y repense et plus j’ai quand même la sensation d’avoir vu un très bon film.

En fait, c’est une fois que l’on a le résultat dans son ensemble que le long métrage nous reste en tête. Il soulève quelques questions, on peut débattre sur le vrai héros du film, sur les méthodes employés… Il y a plein de petites choses, pas forcément exceptionnelle en soit, qui m’ont quand même amené à repenser à ce film après ma projection et je dois reconnaître que c’est le genre de sensation que j’apprécie.

Après, tout n’est pas parfait non plus. Il y a quelques facilités, quelques raccourcis mais ça passe quand même plutôt bien surtout lorsque l’on voit ce qui a été fait et dans quelle condition ce film a été tourné. A une époque où le cinéma français est parfois décrié, je trouve ça bien en tout cas que certains cinéastes nous propose des films de genre et tente de bousculer un peu les codes afin de nous montrer que le cinéma français fourmille quand même d’excellentes idées.

Si j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le film au début, je pense que ça vient surtout du casting. Il est très sympathique mais j’ai eu un peu de mal à accrocher à certains jeux d’acteurs malgré une bonne volonté évidente. J’ai eu particulièrement du mal avec Jonathan Demurger (Luc) que je n’ai pas toujours trouvé très crédible et ceux malgré l’évolution de son personnage très intéressante dans le final que je ne révélerai pas bien entendu pour ne pas spoliers. Il y a une sorte de trop gros contraste je trouve entre ce que son personnage est et ce que son personnage devient. Pas simple d’en parler sans tout raconter mais c’est vrai que du coup, je n’ai pas toujours été pris dans son jeu.

Jonathan Howard (Chris) m’a lui aussi semblé un peu léger mais ça va un peu mieux par la suite je trouve. Son personnage comporte pourtant des risques mais il a su ensuite bien dosé son interprétation à mes yeux pour que son rôle ne soit pas trop caricatural. J’ai apprécié aussi le fait que l’on ne nous impose pas trop une romance avec Fanny Valette (Ludivine) même si du coup cette dernière n’apporte pas forcément grand-chose dans cette virée nocturne.

En revanche, j’ai beaucoup aimé Jess Liaudin (Le Driver). Il n’a quasiment aucun dialogues mais il en impose. Cette montagne de muscles nous offre un Driver qui existe bien à l’écran et qui sait véhiculer la peur et la tension par sa simple présence. Pour en revenir un peu au final, je trouve que c’est vraiment une excellente idée la tournure que l’on donne à son rôle, cela donne une autre ambition au film que j’ai aimé et montre que même si je continue de trouver qu’il y a des facilités dans ce scénario, tout n’est pas facile pour autant.

Derrière, les rôles secondaires sont plus là pour faire de la figuration. Il n’apporte pas forcément énormément au film comme Édouard Montoute (Le policier) ou encore Zakariya Gouram (Détox) mais bon, par moment, cela donne quand même une très légère touche d’humour qui n’est pas trop déplaisante pour rompre un peu avec la tension générale du film.

Côté réalisation, Julien Seri nous livre un film remarquable. Je me répète mais quand on regarde un peu les conditions de tournages ainsi que le budget du film, je trouve ça vraiment pas mal du tout. Si je ne suis pas spécialement un grand fan de ses trois précédents films (hormis « Scorpion » qui était vraiment intéressant), j’espère vraiment que le réalisateur va continuer dans cette voie. Lors de l’avant-première, il nous a en tout cas dit qu’il partait pour un « Night Fare 2 » (logique avec la fin ouverte) et bien je suis très partant de mon côté.

La mise en scène est vraiment très esthétique. J’ai trouvé que c’était très soigné avec une très belle photographie et une exploitation de la lumière qui me plait. Par moment, certains effets visuels m’ont un peu fait tiquer mais vraiment rien d’alarmant. Il y a une recherche de cadres que je trouve vraiment très bonne et même si je ne suis pas fan de la caméra à l’épaule, lorsqu’elle est utilisée ici, c’est bien fait et cela sert le propos du film.

Les différents décors sont bien exploités aussi tout comme les costumes. Chaque personnage à un look qui lui convient bien, en tête le Driver qui s’impose très facilement aussi sur ce point-là. J’ai aimé le côté minimaliste du film avec des courses poursuites réduites (à cause des autorisations de tournage) qui donne à ce Driver un côté prédateur très pertinent tout comme j’ai aimé la séquence où on nous lit quelque chose (pour ne pas en dire plus) qui est vraiment très belle.

Il y a une ambiance de film très années 80 que j’aime beaucoup et un petit air de japonisation très léger qui rend ce film tout aussi agréable. Quant à la bande originale, elle n’en fait pas trop non plus, elle n’étouffe jamais le récit et accompagne à merveille l’ensemble. On sent que ce long métrage a été fait avec envie et j’apprécie vraiment ce genre de démarche.

Pour résumer, « Night Fare » est un très bon film. Pas forcément parfait, j’ai quand même envie de surévalué légèrement ma note ressenti à son sujet car je trouve ça vraiment bien qu’il y ait encore des cinéastes qui tente des choses pour nous proposer quelque chose qu’on a pas forcément l’habitude de voir dans le cinéma français. Ici, ça passe en plus plutôt bien grâce à une intrigue intéressante (et le final qui lui donne toute son ampleur) et à une mise en scène percutante. Merci au passage à Julien Seri pour son ouverture au public que ce soit dans la salle ou en dehors (puisque le cinéaste continuait, après une heure et demie de débat après le film, de répondre à ceux qui comme moi l’ont accosté à la sortie du cinéma pour continuer la discussion. « Night Fare » est un film qui est vraiment intéressant, qui ne m’a pas laissé indifférent avec le recul et qui j’espère en tout cas fera un score honorable lors de sa sortie car il faut vraiment que ce genre de cinéma en France continue d’exister.

4/5 (Excellent)

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2 réflexions sur “Night Fare

    1. Tu m’en vois ravi. Après on adhére ou pas (j’ai eu du mal au début puis plus j’y pense plus j’y adhère de mon côté) mais j’aimerais tellement que le cinéma de genre en France fonctionne davantage pour montrer à quel point on ne fais pas que des comédies que j’espère vraiment que ce film saura trouver son public et réalisera un bon score au box office 😉

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