L’homme invisible (1933)

L'homme invisibleL’homme invisible (The Invisible man). 1 heure 12. États-Unis. Fantastique. Sortie aux États-Unis le 13 novembre 1933. Réalisé par James Whale avec Claude Rains, Gloria Stuart, William Harrigan, Henry Travers, Una O’Connor, Forrester Harvey, Holmes Herbert, E. E. Clive, Dudley Digges, Harry Stubbs, Donald Stuart, Merle Tottenham…

Jack Griffin, un scientifique, a trouvé le moyen de devenir invisible. Soucieux de trouver la formule qui lui permettra un retour à la normale avant d’annoncer sa découverte, il s’enroule le visage de bandeaux et se retire dans l’auberge d’un village isolé. Son aspect étrange ainsi que son comportement attirent la curiosité des gens et l’empêchent de travailler. Agacé, Griffin cherche à effrayer les villageois et se sert de son pouvoir à des fins de plus en plus malintentionnées…

Si je connaissais le mythe de base, je n’avais jamais vu le film d’origine ni même lu le livre dont cette histoire s’inspire. Du coup, c’est avec une certaine excitation et un certain plaisir que je me suis mis à insérer le Blu-ray de « L’homme invisible » dans mon lecteur en espérant ne pas être trop déçu.

Et ce ne fut pas le cas. Bien au contraire, j’ai même énormément apprécié ce scénario. Si sans l’avoir vu auparavant, je savais déjà dans les grandes lignes ce qui allait se passer, cela ne m’a pas empêché d’être resté captivé du début jusqu’à la fin. J’ai vraiment adoré ce récit qui possède un charme certain et qui a su m’entraîner avec lui.

Sincèrement, je ne pensais vraiment pas que j’aimerais autant ce film et pourtant, je me suis laissé surprendre. J’étais à fond dans cette aventure que je trouve très bien écrite. Le seul bémol que je peux avoir concernant cette histoire, c’est sur le traitement du Docteur Griffin. Son personnage est intéressant mais je trouve ça dommage qu’a aucun moment, on ne nous le rend sympathique.

Dès les premières secondes, avant même que sa folie ne prenne une plus grande ampleur, je l’ai trouvé détestable. Je pense que cela aurait pu être plus intéressant encore si on nous avait mis une once d’humanité en lui, on aurait alors pu être davantage touché par son sort et comprendre peut-être un peu mieux l’amour que peux avoir le personnage de Flora pour lui.

Pour incarner le Docteur Jack Griffin, Claude Rains est impeccable. Du moins, le timbre de sa voix est parfait. En effet, on ne voit jamais l’acteur à l’écran (sauf lors d’un plan très court) mais celui-ci porte bien son rôle avec juste sa voix pour l’aider. Il dégage ainsi un certain charisme avec sa présence vocale sans jamais que cela ne soit choquant ou ne sonne faux.

A ses côtés, le reste de la distribution m’a plu même si parfois, les interprétations sont caricaturales. Cela ne me dérange pas en soit de toute façon, bien au contraire, je trouve même que cela donne un brin de charme supplémentaire à ce genre de production. Si William Harrigan (Le Docteur Kemp) apparait un brin détestable au début, j’ai bien aimé la façon dont évolue son personnage et la façon dont il est incarné. Dommage là encore qu’on est pas mis un peu plus en avant avec lui Henry Travers (Le Docteur Cranley) que j’apprécie beaucoup aussi même si je peux comprendre la mise en retrait de ce rôle du point de vue du scénario.

Gloria Stuart (Flora Cranley) est celle qui me frustre le plus. Si sa prestation est assez honorable, on la sous exploite totalement. Dans sa romance avec Griffin ou son attachement à lui, elle ne fait quasiment que de la figuration ce qui est dommage car le rôle possède un certain potentiel je trouve pour justement humaniser un peu Griffin sauf que là, ça ne fonctionne jamais. Petite aparté, moi qui adore le film « Titanic » de James Cameron, cela m’a amusé de retrouvé jeune, l’actrice qui incarne Rose âgée.

Derrière cette bande, les autres comédiens m’ont eux aussi amusé. J’ai par exemple eu pas mal de tendresse pour le couple de l’auberge. Forrester Harvey (Monsieur Hall) et Una O’Connor (Madame Hall) sont très sympathique. Même si ça surjoue, je trouve ça plaisant. J’ai bien aimé également Holmes Herbert (Le chef de la police) qui s’en sort bien.

La réalisation de James Whale est sinon excellente. Je trouve que le metteur en scène nous offre vraiment quelque chose de très agréable à suivre qui habille très bien cette histoire. C’est propre avec des plans plutôt bien choisi tandis que le montage efficace associé à une courte durée de film fait que l’on passe vraiment un excellent moment.

Il est difficile après pour moi de bien juger le visuel. Ayant découvert ce film en Blu-ray, je trouve que la restauration de l’image est nette. Cela rend le spectacle encore plus agréable. De ce que j’ai vu en tout cas, j’ai énormément aimé les effets visuels qui sont assez incroyable pour l’époque je trouve.

Certains ont certes pris un léger coup de vieux mais si on se laisse entrer dans ce film, le résultat dans son ensemble est assez bluffant. A la limite, la seule petite maladresse que j’ai pu voir, c’est les traces de chaussures dans la neige vers la fin alors qu’au début on nous dit que pour être invisible, Griffin doit être nu. Vous conviendrez donc que c’est assez anecdotique et que ça n’a gâché en rien mon plaisir.

La photographie est elle aussi très belle. Là encore avec la restauration, difficile d’être totalement objectif mais le noir et blanc est vraiment très beau je trouve et il y a une bonne utilisation de la lumière. Les différents décors possèdent eux aussi pas mal de charme à l’image de l’auberge où j’aurais bien aimé moi aussi allé boire un coup et trainer dans ce village. J’ai bien aimé aussi la bande originale de Heinz Roemheld, classique mais efficace.

Pour résumer, « L’homme invisible » fut pour moi une excellente découverte. J’ai vraiment pris mon pied devant ce film que je découvre tardivement mais qui se hisse assez facilement parmi les classiques du cinéma que j’apprécie. On se laisse embarquer par le scénario (ça donne même envie de lire le livre d’origine), le casting est bon, la réalisation excellente et les effets visuels assez bluffant. Ma principale réserve concerne uniquement le traitement de cet homme invisible que j’aurais aimé pouvoir un peu apprécié au début histoire de me soucier de son sort mais bon, cela ne m’empêchera pas de revoir ce long métrage.

4.5/5 (Grand Film)

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4 réflexions sur “L’homme invisible (1933)

    1. Comme tu l’as sans doute lu, j’ai beaucoup aimé aussi. Ce fut une découverte très sympathique. Tu as eu de la chance de le voir en salles. L’expérience devait être sympa je pense. C’est en tout cas un long métrage que je reverrais avec beaucoup de plaisir 🙂

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    1. Ravi qu’on soit d’accord. Tout n’est pas parfait au cinéma avec ce mythe mais je retiens quand même la vision de Carpenter et celle de Verhoeven qui m’amuse bien aussi mais cette œuvre des années 30 possède un certain charme que j’aime beaucoup 🙂

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