Groom service

Groom serviceGroom Service (Four rooms). 1 heure 38. États-Unis. Comédie. Sortie aux États-Unis le 25 décembre 1995 et en France le 2 juillet 1998 (direct en vidéo). Réalisé par Allison Anders, Alexandre Rockwell, Robert Rodriguez et Quentin Tarantino avec Tim Roth, Sammi Davis, Valeria Golino, Madonna, Lili Taylor, Alicia Witt, Jennifer Beals, David Proval, Antonio Banderas, Tamlyn Tomita, Lana McKissack, Danny Verduzco, Quentin Tarantino, Paul Calderon, Bruce Willis, Marisa Tomei, Marc Lawrence…

Le groom d’un hôtel de luxe présente quatre histoires, se passant dans quatre chambres différentes.
« The missing ingredient » : des sorcières tentent d’invoquer l’esprit de la déesse Diana.
« The wrong man » : un homme armé séquestre sa femme.
« The misbehavers » : un gangster, sa femme et ses deux enfants logent dans une chambre.
« The man from Hollywood » : un acteur arrogant a organisé une fête.

A la base, je n’avais pas prévu de commencer par le film à sketchs « Groom service » pour mon cycle consacré à Quentin Tarantino. Mais ne trouvant pas le film ni en Blu-ray, ni en dvd, j’ai profité qu’il était disponible sur CanalSat pour le découvrir. Si je ne suis pas spécialement un amateur des films à sketchs, quelques bons retours que j’avais entendu me laissé en tout cas suffisamment confiant pour que je me lance dans l’aventure.

Globalement, je ne le regrette pas du tout. En temps normal, si je ne suis pas un amateur de film à sketchs, c’est surtout parce que je trouve qu’une fois sur deux, les sketchs fonctionnent mal entre eux et le lien qui les unit ne me plait pas plus que ça. Mais il y a des exceptions et ce long métrage en fait partie.

En effet, j’ai bien aimé les quatre différents sketchs qui composent ce film (il aurait dû y en avoir cinq mais le réalisateur Richard Linkater s’est désisté au dernier moment…). Ils sont assez cohérent les uns avec les autres et même si chaque chambre recèle un univers particulier, l’ensemble fonctionne très bien et s’avère parfaitement uni entre eux notamment grâce à la présence du personnage de Ted.

Comme si cela ne suffisait pas, j’ai trouvé que les quatre sketchs étaient vraiment très drôles. Le rythme n’est pas toujours soutenu, par moment il y a quelques petits temps morts mais c’est quand même bien drôle je trouve. Je suis totalement rentré dans ce délire pas crédible pour un sou. J’ai vécu ce film comme un trip sous acide où la folie aurait pu être beaucoup plus prononcée mais reste quand même bien plaisante.

Après, tout n’est pas parfait mais je trouve quand même qu’en matière de divertissement simple et sans prise de tête, l’objectif est atteint. Je suis d’ailleurs assez surpris que ce film ait fait un bide à sa sortie et qu’aujourd’hui encore, il ne soit pas mis un peu plus en avant. Ce n’est pas une œuvre fondamentale du cinéma mais c’est quand même un très bon film qui a tout pour nous faire passer un très bon moment.

Le casting est lui aussi incroyable. Chaque acteur s’intègre très bien dans son récit respectif et chacun y apporte sa folie juste comme il le faut. Celui qui sort du lot, c’est indéniablement Tim Roth (Ted, le groom). Ce dernier est un lien entre ses quatre différentes histoires mais au-delà de ça, son personnage est excellent.

On s’y attache tout de suite et même dans son exubérance, je le trouve génial. J’apprécie beaucoup ce comédien mais j’avoue l’avoir très peu vu dans ce registre alors que pourtant il semble très à l’aise. J’aime beaucoup le travail qu’il fait ici sur sa gestuelle et sur son visage rendant son rôle encore plus clownesque mais aussi efficace.

Derrière, il y a un florilège d’acteur et chacun sait rester à sa place. Parmi ceux que j’ai bien aimés, il y a Quentin Tarantino (Chester) qui est à l’aise dans le sketch qu’il réalise. On retrouve sa folie habituelle qui lui va bien. Bien qu’elle ait reçu un razzie award pour ce film et bien qu’elle ne fasse pas grand-chose, Madonna (Elspeth) m’a aussi amusé aux côtés de Valeria Golino (Athena).

Jennifer beals (Angela) qui apparait dans deux segments m’a aussi fait sourire surtout dans le final du deuxième sketch où je l’ai trouvé délirante. David Proval (Siegfried) est lui aussi énorme. Son personnage est si décalé, qu’il mériterait presque un film à lui tout seul. Non crédité au générique à cause du fait qu’il y participe amicalement sans se faire payer et que ça n’a pas plu à la Screen Actors Guild dont il a enfreint une règle, Bruce Willis (Leo) est lui aussi pas mal. On n’exploite pas assez son personnage je trouve, c’est dommage car pourtant je le trouve assez fun.

Malheureusement, il y a d’autres acteurs pour qui j’ai eu moins d’affections. Pas beaucoup, mais quand même. C’est le cas par exemple pour Antonio Banderas (Le mari). Je n’ai vraiment rien contre lui mais à quelques exceptions près, ses interprétations me laissent souvent de marbre et c’est le cas ici. Il y a de l’auto-dérision, de la surenchère mais je le trouve vraiment trop lisse et dégageant peu de choses pour que son jeu me plaise.

Bien qu’ils fassent preuve de bonnes volontés, j’ai eu un peu de mal également avec Tamlyn Tomita (La femme) et Paul Calderon (Norman). J’arrive pas vraiment à expliquer pourquoi mais leurs interprétations ne m’ont pas convaincu. La première est beaucoup trop inexistante et le second peine à trouver sa place dans cette chambre à mes yeux (il faut dire aussi qu’entre Roth, Tarantino, Willis et Beals, il n’est pas aidé pour avoir de la place). Maintenant, même si tout le monde ne m’a pas convaincu, la distribution reste tout de même suffisamment correcte pour ne jamais me faire détacher du film.

Côté mise en scène, si ce n’est pas transcendant, je trouve que le travail est quand même très bon. Les quatre réalisateurs ont tous réussi à s’aligner sur le même chemin. L’ensemble est cohérent, logique et forme un tout parfaitement complémentaire. En même temps, chacun de ses cinéaste à su y mettre un peu de son univers ce qui fait qu’on ne se sent pas dans la répétition mais qu’on a quelque chose de varié et plaisant à suivre.

Allison Anders (The Missing Ingredient) ouvre bien le bal avec le premier segment. Commencer avec cette touche de féminisme tout en n’hésitant pas à aller dans la vulgarité montre tout de suite le décalage que le long métrage va nous proposer. Cette histoire de sorcière est vraiment délirante et très drôle et voir Ted plongé au milieu de tout ça à quelque chose d’assez savoureux.

Alexandre Rockwell (The Wrong Man) continue dans le décalage dans le deuxième segment mais avec un ton un peu plus sombre (mais toujours très drôle). Cette histoire d’adultère géré par un gangster riche en clichés est excellente. Chaque réplique m’a beaucoup fait rire et j’ai beaucoup aimé l’ambiance que l’on a su installer dans cette chambre. C’est en tout cas le sketch pour lequel j’ai eu le plus d’affinités.

Robert Rodriguez (The Misbehavers) possède sans doute, avec son troisième segment, le sketch que j’apprécie le moins. Il reste efficace mais je pense qu’entre le mari et la femme qui ne m’ont pas convaincu et ses enfants qui ne sont pas aussi « méchants » qu’ils devraient l’être, je suis resté sur ma faim. Reste que ce passage ce suit quand même avec plaisir et que j’ai beaucoup apprécié le plan de fin qui colle bien au réalisateur.

Quentin Tarantino (The Man from Hollywood) signe lui un quatrième et dernier segment qui est totalement à son image. Déjanté, décalé, bavard, le tout avec des références et une réalisation soigné impeccable. J’ai beaucoup aimé certains plans où la caméra semble se baladé dans cette chambre. Le final de celui-ci m’a bien fait sourire également je dois l’avouer et conclue d’ailleurs très bien ce projet.

Dans l’ensemble, le film a quand même pris un petit coup de vieux mais l’humour fonctionne très bien sur moi malgré tout. La photographie me plait tout comme les différents décors même si l’on aurait, là encore, peut-être pu aller encore plus loin dans l’exploitation de cet hôtel. Toute proportions gardées, par moment, j’ai même aimé penser au film de Wes Anderson « The Grand Budapest Hotel », moins fou à mon sens mais dont l’image de l’hôtel aurait pu convenir à la folie de cette œuvre.

La bande originale de Combustible Edison est elle aussi pas mal du tout avec son thème phare qui colle bien au film et que les amateurs de l’émission « On a tout essayé » reconnaitront sans doute. Petite aparté, j’ai trouvé sympa le générique animé au début, c’est juste dommage que celui-ci soit un poil trop long mais ça reste anecdotique et ne joue en rien sur mon ressenti final.

Pour résumer, même si je ne devais pas commencer avec « Groom service » pour mon cycle consacré à Quentin Tarantino, je suis quand même bien content de l’avoir enfin vu. Indisponible pour le moment en Blu-ray (merci CanalSat), si je finis par le trouver, je me le prendrais certainement car même si il est imparfait, j’ai quand même passé un très bon moment. Les différents sketchs fonctionnent très bien, l’ensemble est très correct, les acteurs sont globalement dans le délire avec un Tim Roth en pleine forme tandis que les quatre cinéastes derrière chacun de ses sketchs nous propose quelques chose de bien unit avec leurs univers à eux. Pas du grand cinéma mais une agréable surprise que je recommande, un délire plaisant qui me donnerait presque envie de travailler dans un hôtel.

3.5/5 (Très bien)

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2 réflexions sur “Groom service

  1. Comme tu le dis, ce film est injustement méconnu. Perso j’aime bien ce film, très délirant, même si mon sketch chouchou est celui de Rodriguez, que je trouve hilarant (mais j’adore aussi le sketch de QT).

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    1. Oui, c’est assez bizarre que ce film soit assez méconnu et assez chiant à trouver aussi (encore merci Canalsat ^^ ). C’est sans doute pas un film que je reverrais en boucle mais il m’a procuré du plaisir et il y a des choses très intéressante qui mérite vraiment le coup d’œil. Je ne suis pas un grand fan des films à sketchs mais celui-ci est vraiment très réussi à mon sens 🙂

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