Trance

TranceTrance. 1 heure 35. Grande Bretagne. Thriller. Sortie en France le 8 mai 2013. Réalisé par Danny Boyle avec James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson, Danny Sapani, Wahab Sheikh, Tuppence Middleton, Matt Cross, Seelan Gunaseelan, Mark Poltimore…

Commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, Simon se fait le complice du gang de Franck pour voler un tableau d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Dans le feu de l’action, Simon reçoit un violent coup sur la tête. À son réveil, il n’a plus aucun souvenir de l’endroit où il a caché le tableau. Ni les menaces ni la torture ne lui feront retrouver la mémoire. Franck engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de découvrir la réponse dans les méandres de l’esprit de Simon…

L’avis qui suit à été écrit lors de la sortie en salles du film. Je le reposte aujourd’hui car j’ai revu le film récemment.

Des cinéastes capables de nous livrer de très bons films même lorsqu’ils sont en petite forme, il y en à peu. Danny Boyle est de ceux là. Du coup, c’est pas étonnant que lorsque « Trance » est sorti en salles, je me suis précipité pour aller le découvrir en ayant pris soin auparavant d’éviter toute bande annonce. Pour que la surprise soit totale, j’avais même fait en sorte d’éviter le synopsis et j’y suis allé uniquement guidé par ma foi envers ce cinéaste ainsi qu’une affiche prometteuse avec un casting qui me plaisait bien.

Premier constat, j’ai bien fait de ne pas voir la bande annonce (que j’ai vu après coup) car elle en dévoile beaucoup trop à mon sens. Deuxième constat, la surprise fut totale et j’ai beaucoup aimé ce scénario écrit par Joe Ahearne et John Hodge. D’une part parce que le sujet de l’hypnose est un sujet qui m’as toujours intéressé et d’autre part parce que j’aime bien ce genre de film qui prend un malin plaisir à nous manipuler. Concernant l’hypnose, même si il aborde ce thème avec plus ou moins de légèreté en allant directement dans le vif du sujet, j’ai quand même été bien fasciné.

J’ai toujours du mal à savoir si j’y crois ou non. La manipulation de l’esprit humain me parait parfois tellement grosse que j’ai du mal à vraiment y croire et en même temps, c’est une expérience que je n’ose pas tester car je me dis que ça dois bien fonctionner quand même un peu vu que certaines personnes, autres que des hypnotiseurs, sont là pour en parler. Jusqu’à preuve du contraire, je prends donc le parti d’y croire un peu avec des pincettes et même si le film synthétise vite l’expérience (quelques mots et tu t’endors direct, quelques séances et on fait de toi ce que l’on veut), j’ai trouvé que le sujet était traité malgré tout avec une certaine intelligence n’oubliant pas de citer le fait que ce n’est pas une science exacte qui fonctionne sur tout le monde.

Ici en tout cas, l’hypnose sers bien son sujet et est utilisé à bon escient en ayant une réelle importance dans le récit. J’ai pas trouvé les situations toujours très crédible mais ça fonctionne et c’est déjà ça. C’est plus au niveau de la manipulation en elle même que j’ai eu un peu plus de mal. Par le passé des films comme « Memento » ou « Inception » de Christopher Nolan qui s’illustre assez souvent dans la manipulation scénaristique ou encore « Sixième sens » de M. Night Shyamalan pour aller un peu plus loin m’ont souvent entrainer avec eux et m’ont surpris dans leur dénouement auquel je ne m’attendais pas.

Mais là malheureusement, malgré un début de film très prometteur, je trouve que les ficelles sont souvent un peu grosse. Loin de moi d’avoir la prétention d’avouer de dire que j’ai deviner le final dans son ensemble mais je trouve qu’il y à plusieurs éléments qui nous mettent quand même très rapidement sur la piste. Du coup, si le rebondissement final marche quand même, il se retrouve atténuer par un effet de surprise qui s’estompe dès que le personnage de Rosario Dawson apparait. Ça ne m’as pas empêché d’apprécier cette histoire dont j’ai même aimé son approche sur l’art et la peinture, mais ça m’as quand même empêché d’avoir la grosse claque que j’espérais.

Fort heureusement, la distribution excellente parvient tant bien que mal à maintenir l’illusion à l’image d’un James McAvoy très bon en Simon. Toujours charismatique, l’acteur est toujours à l’aise avec ce genre de personnage pour qui on éprouve vite de la sympathie même si il n’est pas blanc comme neige. Ça se passe grâce au visage jovial de l’acteur qui colle bien à son rôle mais aussi à son interprétation convaincante où la folie de Simon ressors juste quand cela est nécessaire sans jamais tomber dans le piège de la surenchère.

A ses côtés, j’ai beaucoup aimé une nouvelle fois Vincent Cassel en Franck. Comme dans « Black Swan », pour masquer son accent français on le fait jouer tout simplement… un français mais le comédien ne tombe pas dans le piège du stéréotype et de la facilité. Ce rôle de français permet juste de ne pas s’attarder des heures sur son accent et à côté de ça, il apporte aussi une touche de glamour et de charme masculine au film qui fonctionne plutôt bien. Faut dire aussi que l’acteur est une nouvelle fois très charismatique et très convaincant. Il fait vraiment parti de ses acteurs qui se bonifie avec le temps je trouve et quand je vois parfois la faible qualité du cinéma français (que je continue de défendre malgré tout car tout n’est pas mauvais), je suis bien content qu’il s’expatrie parfois à l’étranger car il gagne en profondeur dans le cinéma anglais (et américain).

Pour la touche féminine, on retrouve Rosario Dawson qui en Elizabeth signe là l’une de ses meilleures performances qu’il m’ait été donné de voir chez elle. L’actrice n’as pas peur de prendre des risques, de se mettre au service de ce long métrage et cela se ressens. Du coup, même si je trouve que son personnage manque parfois de crédibilité, l’actrice réussit l’exploit de le rendre convaincant à mes yeux. De plus, elle s’intègre très bien dans ce trio de tête d’affiche et n’a pas à rougir de sa prestation en nous livrant autre chose que le rôle d’une belle plante. Le fait qu’une femme détienne une grosse partie des ficelles de cette intrigue est très intéressant aussi et apporte une approche moins brutale que j’ai apprécié.

Quant au reste du casting, il est plus en retrait mais s’en sors bien aussi en jouant bien leur jeu sans jamais trop tirer la couverture vers eux même si j’aurais aimé par exemple que Danny Sapani en Nate soit peut être mis un tout petit peu plus en avant car il montre des choses qui m’ont bien plu mais je peux comprendre qu’on n’en voit pas davantage.

Derrière sa caméra, la magie du film opère aussi grâce une nouvelle fois au talent de Danny Boyle. C’est pas son film le plus novateur dans la réalisation de sa filmographie mais c’est quand même un travail bien propre, bien agréable et esthétiquement très beau à suivre. Certains angles de vues sont assez habituels chez lui, on reconnait sa patte mais c’est pas plus mal surtout que ça sers bien ce film qui gagne du coup en intensité.

A l’instar du monde de l’art et de la peinture qu’il aborde, il nous offre à travers certains plans une beauté digne de grands tableaux ce qui donne une justification à sa mise en scène. Même la nudité parfois très appuyé de ce film ne tombe pas dans le voyeurisme malsain mais apporte un plus au récit et à ce jeu de manipulation.

Alors après effectivement, c’est dommage que l’on devine certaines choses rapidement mais le montage est quand même efficace avec des flashbacks prévisibles mais qui arrivent quand il le faut pour ne jamais être totalement perdu dans cette histoire. Comme toujours, la photographie dans un film de Danny Boyle est sublime avec une exploitation parfaite de la lumière mais aussi des différents décors qui sont mis à sa disposition.

Quant à la bande originale composée par Rick Smith, elle est là encore toujours parfaitement bien pensé même si je reconnais que je la trouve plus intéressante vers la fin du long métrage malgré une légère surenchère dans la tonalité de cette musique lorsque vient le moment des révélations. J’ai aussi beaucoup apprécié l’utilisation du titre « The day » interprété par Moby.

Pour résumer, à cause d’une manipulation finale que l’on devine rapidement sans en déterminer son ampleur, j’ai pas eu la claque cinématographique que j’espérais. Un second visionnage me fera même peut être un peu baissé mon ressenti final mais quoiqu’il en soit, j’ai vraiment beaucoup aimé ce « Trance » malgré tout. Le scénario aborde des thèmes que j’ai trouvé intéressant, le casting est parfait et la mise en scène de Danny Boyle est toujours sublime. En début d’avis je disais que même en petite forme le cinéaste était capable de faire de très bon film, celui ci en est un parfait exemple à mes yeux. Danny Boyle ne révolutionne pas son cinéma mais il nous fait passer un excellent moment et je reverrais très volontiers ce film.

4/5 (Excellent)

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2 réflexions sur “Trance

    1. Tu n’as pas a être désolé. Heureusement que l’on ne partage pas toujours le même avis. Pour l’avoir revu il y a peu, je continue de bien l’aimer mais je respecte le fait que d’autres l’apprécie moins que moi 😉

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