Sang-froid

Sang-froidSang-froid (Curdled). 1 heure 25. États-Unis. Policier – Comédie. Sortie en France le 16 juillet 1997. Réalisé par Reb Braddock avec Angela Jones, William Baldwin, Lois Chiles, Bruce Ramsay, Barry Corbin, Mel Gorham, Daisy Fuentes, Carmen Lopez, Kelly Preston…

Gabriella a été traumatisée pendant son enfance par le spectacle d’une défenestration. Depuis, elle éprouve une passion morbide pour les fait divers sanglants, en particulier ceux avec décapitation, se demandant notamment s’il est exact que les têtes de décapités peuvent parler quelques instants après la mort. Gabriella se fait embaucher dans une petite entreprise spécialisé dans le nettoyage des lieux de crime. L’une de ces premières missions est de nettoyer un appartement où a été assassiné une des victimes d’un sérial-killer qui échappe à la police et que l’on surnomme le tueur du bottin mondain.

Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir ce « Sang-froid ». Ça faisait quelques années maintenant que j’avais chez moi le dvd de ce long métrage que j’avais eu dans un coffret mais je n’avais jamais pris le temps de le visionner. Pourtant, la jaquette du disque est assez sympathique, le scénario me laissait présager d’un thriller à l’humour bien noir et le fait que l’on évoque aussi le festival de Cognac avec de quoi me plaire.

Après, j’en avais pas non plus spécialement beaucoup d’attentes, j’étais juste curieux. Et malheureusement, j’ai vite déchanté. J’ai trouvé ce scénario assez peu passionnant en fait. La trame de base est sympathique il est vrai mais l’ensemble n’exploite jamais à fond son concept. Niveau thriller, il n’y a aucune tensions, on se moque éperdument de ce serial killer et de cette groupie. Niveau humour noir, c’est aussi le calme plat.

Il y a bien peut-être quelques passages qui peuvent faire sourire mais dans sa globalité, cette histoire se suit de façon assez quelconque je trouve à un point qu’une fois le générique de fin passé, j’ai déjà commencé petit à petit à chasser ce long métrage de mon esprit. J’ai vraiment trouvé que c’était lisse. Il manque un brin de folie qui aurait pu dynamiser l’ensemble.

Là, tout nous apparait comme étant vite prévisible et classique, le tout avec un petit sentiment d’inachevé. Adapté d’un court métrage (Quentin Tarantino l’a découvert dans un festival et c’est ainsi qu’il a voulu produire une version longue), c’est peut-être plus efficace avec une durée réduite mais là, même sans atteindre l’heure et demie de film, ça traine beaucoup trop en longueur à mes yeux. J’ai toujours eu la sensation que le long métrage ne s’était jamais lancé…

La distribution n’aide pas non plus à rendre ceci captivant. Tout le monde joue dans la surenchère, on vise le burlesque et on l’assume totalement sauf que comme derrière le scénario ne suit pas, les différentes interprétations ont sonnés faux pour moi. S’il faut attendre la toute fin du film pour enfin voir la confrontation entre le tueur et la groupie (seul moment vraiment plaisant), le reste devient vite assez quelconque.

Angela Jones (Gabriela) est la seule rescapée de la version court-métrage. Selon les bonus du dvd, Quentin Tarantino l’a trouvé si bonne qu’il a quasiment exigé à ce qu’on la garde pour la version longue. C’est vrai qu’elle est sympathique. Elle colle bien avec son personnage et j’ai bien aimé le côté un peu perché que son rôle pouvait avoir. Grâce à l’actrice, on a tout de suite de l’empathie pour elle, même lorsque ses actes sont risibles. Maintenant, aussi bonne soit-elle, je n’ai quand même pas trouvé que son interprétation était exceptionnelle. Ça passe bien, voilà tout.

Pour jouer le serial killer, William Baldwin (Paul Guell) joue bien aussi dans le registre du cabotinage. Ce qui est dommage, c’est qu’on y croit moins. J’ai du mal à savoir si ça vient de son jeu ou du traitement que l’on fait à son rôle, mais ce personnage qui pourtant devrait être un élément important de cette aventure manque cruellement de charisme. Que ce soit dans sa folie ou dans son « sadisme », cela manque de consistance à l’écran selon moi.

Le couple se suit donc de façon anecdotique tandis que le reste du casting n’est pas franchement mémorable non plus tout en restant quand même cohérent avec ce que l’on nous raconte. Bruce Ramsay (Eduardo) m’a amusé même si je cherche encore son utilité tandis que Barry Corbin (Le patron) n’est pas assez exploité et que Mel Gorham (Elena) en fait beaucoup trop. Pour les autres, ils sont surtout de passages et il y a fort à parier que je vais vite les oublier également.

La réalisation de Reb Braddock est assez classique sinon. Là encore, j’attendais vraiment plus de folie. Les défauts du scénario et la légèreté de l’interprétation aurait pu être compensé par une mise en scène originale. Ici, le résultat est assez classique. Cela reste propre, le film est très bien ancré dans son époque, on sent bien les années 90, mais ça ne va pas plus loin.

Ceci dit, ça reste quand même agréable à suivre. C’est peu passionnant, le montage manque de rythme, mais les différents plans sont quand même efficaces. Le petit budget de ce long métrage n’explique pas tout mais pour être honnête, malgré sa simplicité, ce n’est pas catastrophique pour autant. J’ai bien aimé la bande originale de Joseph Julian Gonzalez avec une musicalité très salsa qui est appréciable même si une nouvelle fois, je pense que dans ce domaine aussi on aurait pu aller plus loin et donner à la musique un rôle davantage important pour l’aspect comique.

Pour résumer, je reste sur ma faim avec « Sang-Froid »… Le long métrage est assez anecdotique et s’oublie très vite. Il n’est clairement pas à la hauteur de mes espérances même si je n’en attendais pas grand-chose. Très peu travaillé dans le thriller ou dans l’humour noir, on est en présence d’un film lisse qui se suit et s’oublie. Sans doute que la version court métrage était suffisante (à ce jour, je ne l’ai pas encore vu) mais là, malgré sa courte durée, le film n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Ça manque de folie, de prise de risques et d’une identité plus forte pour vraiment pouvoir me marquer. Un film que j’aurais très bien pu voir à la télévision sans me prendre la tête même si je ne regrette quand même pas d’avoir enfin pu assouvir ma curiosité. Petite aparté, si la version française peut donner un peu d’humour avec ses voix assez faible, sans être un puriste, la version originale reste quand même pour le coup bien meilleur même si on ressent davantage que ce long métrage se prend trop au sérieux et ne va pas assez loin… Dommage…

2.5/5 (Moyen)

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