Seven

SevenSeven. 2 heures 10. États-Unis. Policier – Thriller. Sortie en France le 31 janvier 1996. Réalisé par David Fincher avec Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey, R. Lee Ermey, John C. McGinley, Daniel Zacapa, Alfonso Freeman, John Cassini, Richard Roundtree…

Pour conclure sa carrière, l’inspecteur Somerset, vieux flic blasé, tombe à sept jours de la retraite sur un criminel peu ordinaire. John Doe, c’est ainsi que se fait appeler l’assassin, a décidé de nettoyer la société des maux qui la rongent en commettant sept meurtres basés sur les sept pêchés capitaux: la gourmandise, l’avarice, la paresse, l’orgueil, la luxure, l’envie et la colère.

Alors qu’en ce moment je suis dans une petite période de serial killers puisque je me mate l’intégrale de la série « Esprits criminels » et puisqu’il y a peu, je me suis revu « Fight Club », j’avais envie de me refaire « Seven », film qui me procure toujours beaucoup de plaisir et c’est ainsi que je me suis mis à insérer mon blu-ray dans mon lecteur.

Le plaisir est toujours intact. Si peu de temps avant dans « Usual Suspects » je disais que connaître la fin gâché un peu mon plaisir, dans « Seven », ce n’est pas le cas. Je suis très client des histoires de serial killers et celle-ci me botte vraiment bien. Je suis toujours happé par ce scénario que je trouve vraiment excellent. On joue à la perfection avec le côté macabre de ce récit et sa tension étouffante sans jamais tomber dans la surenchère ou le voyeurisme gratuit selon moi.

Chaque passage est parfaitement bien écrit, l’histoire se suit agréablement et je trouve que cette enquête est vraiment très intelligente. Au-delà de ça, j’aime beaucoup aussi le regard qui est porté sur notre société actuelle qui « tolère » certaines choses sous prétexte que c’est rentrer dans les mœurs tout comme j’apprécie l’analyse qui est faite sur la nature humaine.

En ça, la confrontation entre Mills et Somerset est brillante. Chacun a une vision à la fois opposée et complémentaire, chacun à ses propres arguments et en tant que spectateur, j’ai aimé le fait de ne pas avoir à prendre parti. Je comprends la fougue de Mills tout en constatant impuissant que la sagesse de Somerset vise juste également. Ses échanges sont d’ailleurs aussi forts et intéressant pour moi que l’enquête en elle-même.

De plus, le final est quand même bien amené je trouve. Je me souviens encore de la claque que je me suis pris la première fois que j’ai découvert ce long métrage et maintenant, si la claque est forcément atténué, je réussi à visionner ce film sous un autre angle qui me plait beaucoup aussi. Le scénario possède aussi quelques petites touches d’humour très léger qui me plaise bien puisqu’elles nous aident à respirer un peu dans cette intrigue oppressante.

Face caméra, on a le droit à un duo exceptionnel entre Brad Pitt (Le Détective David Mills) et Morgan Freeman (Le Détective William Somerset). Les deux acteurs sont vraiment complémentaires et l’association des deux est très judicieuse. La fougue et la sagesse sont bien incarné par ses deux comédiens ultra charismatique qui s’impose à l’écran sans jamais que l’un prenne le dessus sur l’autre. L’écart de génération entre eux est également très bien exploité à mon sens.

Après, on a aussi l’énorme Kevin Spacey (John Doe) qui tire son épingle du jeu. Il arrive bien tard dans cette aventure, le scénario prend bien son temps (et c’est très intelligent) pour nous le placer au cœur des événements mais lorsqu’il apparait enfin, l’acteur est juste parfait. Il fait froid dans le dos et il incarne un personnage comme je les aime. Je l’ai d’ailleurs lui aussi très intéressant. Son point de vue montre avec quel sérieux son personnage a été traité et sans spoilers car ça serait dommage, je suis bien content que David Fincher et Brad Pitt ait réussi à convaincre les studios de garder cette fin avec le personnage de Kevin Spacey car maintenant, toute autre fin me semble inconcevable.

Dans le reste de la distribution, Gwyneth Paltrow (Tracy Mills) s’en sort bien. On nous montre des choses intéressantes avec elle, c’est juste dommage qu’on ne puisse pas l’exploiter un peu plus même si je le comprends. On a de la sympathie pour elle mais le personnage est peut-être un tantinet trop en retrait (même si là encore, je peux quand même le comprendre au regard du scénario). On le voit peu aussi mais j’ai bien aimé également les quelques scènes de R. Lee Ermey (Le Capitaine de police) et je trouve amusant la présence de Alfonso Freeman, le fils de Morgan Freeman, dans le rôle de l’expert en empreintes digitales.

Sinon, c’est bien simple, David Fincher signe avec ce long métrage l’apothéose de sa carrière à ce jour selon moi. J’adore ce réalisateur, je trouve son travail exceptionnel et ses films sont souvent un régal pour mes yeux mais avec ce long métrage, je trouve qu’il joue avec la perfection. Le cinéaste a su donner une ambiance lourde à son film et un visuel parfait, très stylisé, sans que cela prenne le dessus sur l’histoire.

J’ai beau réfléchir, il n’y a pas une scène que je trouve désagréable. Chaque plan est d’une très grande beauté pour moi. Le travail sur la photographie et l’exploitation de la lumière y ait pour beaucoup aussi mais le réalisateur met vraiment bien en avant son histoire et des années plus tard, je trouve que ce long métrage n’a pas pris une ride.

Je prends toujours mon pied à suivre cette enquête, on joue bien avec nous sur ce que l’on ne voit pas, les cadres sont parfaitement bien pensés et les décors jouent un rôle important dans ce sentiment de claustrophobie que l’on peut éprouver parfois devant de tels atrocités. Même les différents meurtres sont bien montrés je trouve avec ce qu’il faut de noirceur pour ne pas tomber dans le gratuit mais suffisamment glauque pour marquer les esprits (la paresse et la gourmandise font bien leur petit effet par exemple).

Le montage est lui aussi bien réussi. On ne voit pas le temps passé, c’est très dynamique sans pour autant avoir besoin de nous montrer un max d’action et une nouvelle fois, je suis assez friand de ce genre d’ambiance que l’on a su crée ici. La bande originale composée par Howard Shore est elle aussi très bonne. Elle joue sur l’ambiance sans jamais se faire trop ressentir, elle habille le film, sans jamais l’étouffer.

Pour résumer, je suis toujours aussi fan de « Seven » qui mérite amplement son statut de classique du cinéma. Très friand des films avec des serials killers, le long métrage de David Fincher réunit tous les ingrédients que j’espère trouver à chaque fois dans ce genre de production. Le scénario est parfait avec un couple de flics efficace et un psychopathe mémorable, les acteurs sont excellents et la mise en scène grandiose me garantit un spectacle dont je ne me lasse pas. Des films de cet acabit, j’en verrais d’autres avec beaucoup de plaisir.

5/5 (Approved by Vladdy)

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4 réflexions sur “Seven

  1. Je pense qu’il s’agit de mon Fincher préféré. A priori juste un thriller mais au-delà de son incroyable efficacité, je trouve qu’il est remarquablement bien écrit et plus profond qu’il en a l’air. On ne s’en lasse pas, on lui découvre à chaque nouvelle vision de nouvelles qualités, ça vieillit bien !

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  2. Bonjour Mr Vladdy, pas revu ce film depuis longtemps mais il m’a marquée. On ne l’oublie pas. J’ai encore beaucoup d’images dans la tête. Cela reste mon Fincher préféré avec Alien 3. Bonne après-midi.

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