Outsiders

OutsidersOutsiders (The Outsiders). 1 heure 31. États-Unis. Drame. Sortie en France le 7 septembre 1983. Réalisé par Francis Ford Coppola avec Matt Dillon, Patrick Swayze, C. Thomas Howell, Rob Lowe, Emilio Estevez, Ralph Macchio, Diane Lane, Tom Cruise, Glenn Withrow, Tom Waits, Leif Garrett, Darren Dalton…

En 1966, dans la petite ville de Tulsa en Oklahoma. Ponyboy, Sodapop et Darrel appartiennent à la bande des Greasers, des jeunes délinquants issus des quartiers défavorisés. Leurs rivaux sont les Socs, des fils de bourgeois. Suite à une bagarre violente, Ponyboy et Johnny tentent d’échapper à la police.

Enfin !!!… J’ai enfin réussi à voir « Outsiders », un film dont j’avais souvent entendu le plus grand bien, un film dont le casting me mettait l’eau à la bouche mais un film que je n’avais pourtant jamais eu l’occasion de découvrir avant que je puisse chopper l’une de ses diffusions à la télévision.

L’attente fut donc longue pour moi mais cela en valait la peine. J’ai trouvé ce film excellent. J’ai vraiment beaucoup aimé ce scénario qui nous plonge en plein combat entre deux bandes rivales dont le camp est défini par le milieu social d’où l’on vient. Ça prend son temps pour nous présenter les différents protagonistes ainsi que le cadre mais une fois pris dans ce récit, je n’ai pas décroché une seule seconde.

Francis Ford Coppola définit son film comme étant un « parrain pour les enfants ». Je le comprends parfaitement. On est plongé dans une violence assez dure où l’innocence de l’enfance en prend un coup. Ça fume, ça frappe, ça survit tant bien que mal et au milieu, j’ai adoré cette volonté de préserver une certaine naïveté chez ses adolescents qui jouent aux brutes mais qui se retrouvent vite dépasser par les événements.

Par moment, les dialogues sonnent peut-être un peu faux comme lors de la scène entre Johnny et Ponyboy qui regarde le soleil couchant mais dans l’ensemble, il y a une finesse et une très grande tendresse dans les échanges. Ses gamins nous tapent parfois sur le système mais on ne peut pas s’empêcher d’avoir de la sympathie pour eux. C’est juste une génération paumé, sans repères et dont le lien familial a pris un sérieux coup. On ne cautionne pas tous leurs actes, on les comprend seulement et ça les rend encore plus touchant.

Le casting est lui une pure merveille. Chaque acteur est parfait dans son rôle et voir toute ses stars en devenir évolué côte à côte, ça fait bien plaisir au cinéphile que je suis. C. Thomas Howell (Ponyboy Curtis) incarne par exemple très bien la fragilité de son personnage. Il veut exister dans un monde qui le dépasse, il veut faire de son mieux, trouver une échappatoire et en même temps, son rôle est un pilier central du groupe. L’acteur est vraiment impeccable je trouve et c’est grâce à son interprétation que je n’ai pas trop décroché quand je trouvais qu’il y avait quelques légèreté dans ses dialogues.

Ralph Macchio (Johnny Cade) est lui aussi impeccable. Au début, j’ai eu un peu de mal avec son personnage mais ensuite, j’ai trouvé qu’il évoluait plutôt bien au fur et à mesure que l’on nous racontait cette histoire. J’ai été assez touché par son sort surtout que de toute cette bande, on voit très vite que c’est le plus fragile de tous.

J’ai beaucoup aimé aussi Matt Dillon (Dallas Winston). Au début, j’ai eu un peu peur que son jeu se limite à faire la brute de service qui est sorti de prison mais petit à petit, il y a certaine subtilité qui se dégage de ce personnage qui le rend aussi attachant. Il a franchi certaines frontières depuis trop longtemps mais tâche quand même de faire pour le mieux. Dans le jeu de l’acteur, j’ai aimé le fait que l’on ressente une certaine sincérité dans cette amitié qui le lie avec ses jeunes.

Patrick Swayze (Darrell Curtis) ainsi que Rob Lowe (Sodapop Curtis) m’ont eux aussi bien plu. Je regrette qu’on ne les voit pas un peu plus surtout Patrick Swayze qui montre des choses très intéressante dans sa façon d’essayer de se comporter en adulte du mieux qu’il peut pour garder sa famille unit. Les liens que Rob Lowe tissent aussi entre ses deux frères sont très intéressant également.

Dans le reste de ce casting, j’ai également aimé Emilio Estevez (Keith Matthews) que j’ai trouvé très drôle et qui s’intègre lui aussi très bien à cette bande, à cette famille de substitution (ils se sont tous crée une famille pour compenser celle qu’ils avaient perdus ou qui ne fonctionnait plus). Diane Lane (Cherry Valance) est mignonne comme tout sinon tandis qu’il est amusant, même si on le voit peu au final, de retrouver dans un film de bande le encore tout jeune Tom Cruise (Steve Randle) qui déjà réussissait à apprivoiser l’écran.

Je ne suis pas un expert dans la filmographie de Francis Ford Coppola mais de tous ses films que j’ai pu voir, celui-ci est sans doute l’un de ceux qui m’ont le plus touché et qui me donnerait presque envie de me faire l’intégralité de sa carrière. Comme toujours, il prend son temps mais ici, ce rythme calme et posé sert grandement cette histoire.

On s’attache à nos héros, on a presque envie de les aider. Les décors sont vraiment très bons avec une photographie que je trouve aussi magnifique. Chaque cadre me parait bien millimétré et la réalisation est vraiment très belle. C’est efficace et visuellement, j’ai pris du plaisir à suivre cette aventure avec cette ambiance douce et brutale à la fois que l’on me présente.

Encore une fois, je n’ai pas tout vu de sa carrière donc ça explique peut-être cela, mais si l’on ne m’avait pas prévenu, je n’aurais sans doute jamais deviné qu’il s’agissait d’un film de Coppola tant il y a une poésie et un lyrisme dans cette violence morale et psychologique qu’il ne me semble pas avoir déjà vu chez ce cinéaste.

Quant à la bande originale composée par Carmine Coppola (le père de Francis Ford Coppola), je la trouve elle aussi magnifique. Dès les premières notes, j’ai été emballé par cette musique et le choix des différentes chansons. Il y a parfois un décalage entre la musique et l’action que l’on voit à l’écran mais cela contribue aussi au charme de ce long métrage. Cette musique m’a tellement plu que je pense d’ailleurs essayer de voir si je ne peux pas me la procurer pour me la réécouter indépendamment du film.

Pour résumer, « Outsiders » a dépassé toute mes attentes. Ce fut vraiment pour moi une excellente surprise. Si a quelques moments, j’ai trouvé que le film sonnait un peu faux (sans pour autant me faire décrocher), il n’empêche que ça reste un long métrage brillant. Un film sur la jeunesse que je trouve très intéressant à voir et dont j’apprécie la poésie ainsi que l’innocence qui se mélange à la brutalité de ses propos. Plus qu’une simple histoire de bandes rivales, un film sur l’enfance, la famille et l’amitié qui vaut vraiment le détour.

4.5/5 (Grand Film)

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