Une nuit en enfer

Une nuit en enferUne nuit en enfer (From Dusk till Dawn). 1 heure 47. États-Unis. Thriller – Comédie – Fantastique – Épouvante. Sortie en France le 26 juin 1996. Réalisé par Robert Rodriguez avec George Clooney, Quentin Tarantino, Harvey Keitel, Juliette Lewis, Salma Hayek, Ernest Liu, Tom Savini, Fred Williamson, Cheech Marin, Michael Parks…

Deux criminels prennent une famille en otage près de la frontière mexicaine, après une cavale particulièrement sanglante durant laquelle ils ont tués un policier et kidnappé l’employée d’un magasin. Ils se rendent tous ensemble dans un bar pour routier au-delà de la frontière mexicaine, appelé le « Titty Twister », établissement qui leur réserve pas mal de surprises une fois la nuit tombée…

Cet avis a été écrit il y a plusieurs mois. Je le reposte aujourd’hui car j’ai revu le film récemment 😉 .

Dernier film proposé lors de la nuit au Champo consacré à Quentin Tarantino, « Une nuit en enfer » était sans doute celui qui me tardé le plus de découvrir sur grand écran. Déjà parce que je ne l’avais jamais vu auparavant et que découvrir un film en salles c’est toujours le pied mais en plus de tout ce que j’ai pu entendre parler au sujet de ce long métrage, c’est sans doute celui qui me paraissait le plus jouissif avec un mélange comédie et horreur qui en général, si c’est bien amené me plait bien.

Je dois dire que je n’ai pas du tout été déçu. Dès les premières secondes, on se retrouve emporté dans ce road movie saisissant où humour et action s’alterne non-stop sans jamais provoquer une once d’ennui. Ne se préoccupant jamais de savoir si le scénario est cohérent ou non, le film nous montre lors d’une grande première partie, une cavale hilarante et saignante qui nous en met plein la vue.

Vient ensuite une deuxième partie, qui prend un virage différent mais qui reste tout aussi jouissif. Comme on me l’as conseillé, je vais évitez de trop spolier pour ne pas gâcher la surprise auprès de ceux qui ne l’ont pas encore découvert (et dans ce cas je vous déconseille aussi de voir la bande annonce qui en montre beaucoup… Pour ma part, j’étais au courant de cette deuxième partie sans même voir de bandes annonces mais si vous avez été épargné profitez en 😉 ). Cependant, même si le virage permet au film de partir dans une autre direction, l’humour, l’action et le plaisir ressenti durant le visionnage continue en s’accentuant.

Avec des répliques excellentes et malgré de nombreuses facilités dont au final on ne se préoccupe guère, j’ai vraiment passé un très bon moment et le film s’est déroulé sous mes yeux de façon très rapide. Le scénario ravira en tout cas tous les fans du genre qui y trouveront leur compte et en tant que spectateur, j’ai trouvé que c’était assez sympathique de raconter cette histoire de gangsters sans pitié en cavale mais de les rendre attachant à cause de leurs péripéties.

Ils ont beau être cruel, on a quand même envie qu’ils s’en sortent sans que cela ne provoque chez nous un seul regret. On en vient même à les encourager de continuer leurs méfaits tant ça procure un effet plaisant et qu’on les envie presque de cette liberté et cette aisance qu’ils ont à faire le mal. Ce scénario libère un peu le côté malsain qu’il peut y avoir en nous de se comporter comme des hors-la-loi sans scrupules.

Si le scénario s’avère rapidement maitrisé et efficace, il en va de même du choix des comédiens pour cette distribution que je trouve excellente à commencer par le mythique tandem formé par George Clooney (Seth Gecko) et Quentin Tarantino (Richard Gecko). George Clooney d’abord est comme toujours très charismatique du coup, sans même dire un mot, juste le fait de le voir évoluer à l’écran, on se rend tout de suite compte que c’est lui le leader. Il porte très bien cette tâche sur ses épaules en donnant à son personnage la folie mais aussi la lucidité nécessaire pour rendre son rôle crédible. Toujours classe, ça m’as fait plaisir de le voir dans un rôle de cet acabit.

A ses côtés, Quentin Tarantino a aussi un rôle taillé à sa mesure. On sent que le fan de cinéma qu’il est à pris beaucoup de plaisir à interpréter son personnage ainsi que son évolution dans la seconde partie d’ailleurs. Scénariste du film (avec Robert Kutzman également), il ne s’est pas écrit le rôle le plus mis en avant mais ce n’est pas pour autant que c’est aussi le plus facile. Du duo, c’est sans doute lui le plus psychologiquement atteint et la tête de Quentin Tarantino associé à son débit de parole très rapide et son regard déjanté font qu’il est parfait. Si parfait, que même si il est sans doute le personnage aux actes les plus condamnable, on voudrait presque qu’il s’en sorte aussi.

Pour compléter ce duo, Harvey Keitel (Jacob Fuller) impose lui aussi sa classe. Charismatique, il arrive à s’imposer à l’écran sans jamais cependant étouffer le duo vedette, restant bien à sa place et se concentrant sur son personnage. Dans ce rôle d’ancien prêtre de famille, il m’a vraiment fait rire surtout dans la seconde partie (oui encore elle mais non je ne spolierai pas je tiendrai bon) où tous les personnages vont devoir s’unir et se mettre sur le même piédestal.

Juliette Lewis (Kate Fuller) est très charmante et joue très bien aussi au point que je trouve qu’elle ne fait pas son âge dans le film (en 1996, l’actrice avait 23 ans alors que dans le film, elle fait un peu plus jeune je trouve). Prenant plus de consistance au fur et à mesure que le film avance, avec elle aussi on va avoir le droit à des scènes assez cocasses sans que jamais elle ne fasse une fausse note bien au contraire.

Dans les rôles secondaires, si Ernest Liu (Scott Fuller) fait rire, il apparait néanmoins comme le plus transparent de tous (en même temps devant toutes ses « gueules » de cinéma, on aurait du mal à l’en blâmer) ce qui n’est en revanche pas le cas d’acteurs plus expérimenté comme Danny Trejo (Razor Charlie), toujours excellent dans un registre qu’il connait bien et qui lui va comme un gant, Fred Williamson (Frost), qui joue le stéréotype de l’américain avec excellence ou encore le très très bon Tom Savini (Sex Machine) à mourir de rire.

Le reste de la distribution fait un sans-faute en tout cas et on peut aussi parler de la ravissante Salma Hayek (Santanico Pandemonium) qui dans ce film à fait frémir plus d’un homme. Davantage exploité pour son physique de rêve que pour ses talents d’actrice, ça reste quand même un second rôle jouissif mais qui aurait pu être davantage développé je pense tant son personnage avait de quoi pouvoir apporter plus à l’intrigue selon moi. Les multi-rôles de Cheech Marin (Le garde-frontière – Chet Pussy – Carlos) m’amuse bien aussi.

La réalisation de Robert Rodriguez est à tomber par terre en tout cas. Bien qu’avec le recul, je trouve que ça ait pris un petit coup de vieux, ça va cependant très très bien avec l’ambiance du film et les années contribue à donner à cette mise en scène tout son charme. On a souvent l’impression d’avoir à faire à une grosse série B de luxe mais le traitement fait à ce long métrage est tel que le classer dans cette catégorie serait vraiment regrettable.

Le film enchaine les plans exceptionnels, la caméra étant toujours magnifiquement bien placé à chaque fois. On se sent vraiment en route avec les personnages et la façon de filmer est si bonne que cela accentue parfois le côté comique ou horrifique de certaines scènes. L’utilisation de la lumière a aussi une grande importance, avec ses couleurs chaudes, limites étouffantes qui nous permet de nous sentir encore plus oppressé en cavale, tandis que dans la seconde partie elle aura également une importance capitale sans parler des lumières du « Titty Twister » qui fait grossir les traits de ce lieu de débauches.

Les décors sont très bons et s’intègrent parfaitement au film. Ils jouent avec les clichés tout en ayant comme but de donner une atmosphère idéale à cette œuvre et cela fonctionne au même titre que la bande originale signée Graeme Revell que j’ai trouvé très bonne. D’ailleurs, on sent que les nombreux morceaux de musiques ont été choisis avec soin afin de coller au plus près de la scène dans laquelle on va pouvoir l’entendre.

Pour résumer, « Une nuit en enfer » est un excellent film à voir et revoir sans modération. De l’action, de l’humour, de l’horreur, des jolies filles, des répliques excellentes, une mise en scène terrible, des décors parfaits, une musique efficace… bref, on en a pour notre argent et on ne s’ennuie pas une seule seconde devant ce pur divertissement qui prend encore plus de saveur lorsqu’il est vu entre potes. De plus, même si la version originale est excellente, la version française peut être conseillée pour donner encore plus de fun à l’ensemble mais bon là c’est une autre question en fonction des goûts de chacun. Quoiqu’il en soit, je ne regrette pas de l’avoir découvert en salles et j’invite tous ceux qui ne l’ont pas encore fait à découvrir cet excellent film qui m’a fait passer un excellent moment 🙂 .

5/5 (Approved by Vladdy)

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2 réflexions sur “Une nuit en enfer

    1. Je suis d’accord, ce film est génial et encore plus la première fois lorsqu’on a la chance (comme ce fut le cas pour moi) de ne pas savoir ce que la deuxième partie réserve à l’avance.J’ai d’autant pris du plaisir qu’en plus, la première fois que j’ai vu cette œuvre, c’était sur grand écran 🙂 .

      Pour les suites, je craignais le pire (tu as peut-être lu mes avis à leurs sujets). Le 2 s’avère être agréable malgré tout ses défauts, un nanar gentillet qui m’a divertit en revanche, j’ai eu nettement plus de mal avec le 3. Pas vu la série télévisée qu’il y a eu ensuite mais j’avoue que je serais curieux de la voir un de ses quatre 😉 .

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