Pattaya

PattayaPattaya. 1 heure 37. France. Comédie. Sortie en France le 24 février 2016. Réalisé par Franck Gastambide avec Franck Gastambide, Malik Bentalha, Anouar Toubali, Ramzy Bedia, Gad Elmaleh, Sabrina Ouazani…

Franky et Krimo rêvent de quitter la grisaille de leur quartier pour partir en voyage dans la célèbre et sulfureuse station balnéaire thaïlandaise de Pattaya. Pour pouvoir s’y rendre à moindre coût, les deux amis ont la folle idée d’inscrire à son insu le nain de leur quartier au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains. Mais ce qui devait être pour eux des vacances de rêves va se transformer en l’aventure la plus dingue et périlleuse de leurs vies.

De temps en temps, un film bien débile dans le fond, ça peut faire du bien. C’est dans cet optique que je me suis dirigé dans ma salle de cinéma pour découvrir « Pattaya » dont la bande annonce déjantée m’avait amusé et me promettait quelque chose de bien gras qui ne fasse pas dans la finesse. De plus, le casting me plaisait bien donc tout était réuni pour que je passe un bon moment.

Dès le début, ça passe d’ailleurs plutôt bien. L’introduction pour nous présenter les différents personnages et nous les insérer à Pattaya est un peu lourde et poussive mais je suis assez vite rentré dans le trip je dois dire. Le problème, c’est que malgré mon envie d’être dans ce délire, le scénario écrit par Franck Gastambide et Stéphane Kazandjian s’essouffle très vite.

En fait, je pourrais faire à ce long métrage les mêmes reproches que je pouvais avoir sur « Les Kaira », précédent film du cinéaste. L’histoire réussie à me prendre avec elle dans son côté totalement décalé alors même que j’ai du mal avec cette image de banlieusard pour ensuite très vite redevenir assez plat et perdre en dynamisme.

Une fois à Pattaya, tout n’est pas mauvais. Il y a des gags que je trouve assez drôle, d’autres qui me font juste sourire légèrement mais le problème c’est qu’il y a un cruel problème dans le dosage et qu’entre deux moments réussis, je m’ennuie un peu parfois face à ce récit prévisible qui tourne vite en rond même dans son humour.

Après, on ne nous ment pas sur la marchandise. C’est gras, c’est bien lourd et c’est loin d’être fin. On sent qu’il y a de l’inspiration vers ce que le cinéma hollywoodien a pu nous proposer mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous car justement, le film ne va pas plus loin que son concept là où un « Babysitting » par exemple jouait à fond dans son délire et ne lâchait rien en terme de rythme.

La distribution fait le job sinon. On sent que c’est une bande de potes et qu’ils prennent du plaisir à se donner la réplique. Tout le monde s’amuse et tout le monde joue avec les clichés et les stéréotypes de son personnage sans jamais se prendre au sérieux. Chaque acteur est bien dans son humour respectif mais là encore, j’aurais aimé qu’on aille un peu plus loin histoire de voir une autre palette de leurs jeux dans l’humour.

Franck Gastambide (Franky)) semble être un frère jumeau de Mousten dans « Les Kaira ». Même gestuelle, même façon de parler, même regard… La seule différence vient dans l’idolâtrie que son personnage voue à Vin Diesel. C’est d’ailleurs une bonne idée car au-delà de trouver ça drôle, je trouve que le comédien s’en sort plutôt bien et parfois, la ressemblance avec son homologue hollywoodien peut faire sourire.

Anouar Toubali (Karim le Nain) est pour sa part le personnage qui m’a le plus fait marrer. Lui aussi à le droit à son lot de clichés mais je trouve que l’acteur en joue sur plusieurs niveaux. Ce n’est pas toujours très fin mais il nous montre plusieurs facettes de son personnage, du plus réservé au plus excentrique tout en rendant son rôle assez touchant au final.

Malik Bentalha (Krimo) fait du Malik Bentalha. Il le fait bien donc on aurait tort de se priver mais c’est typiquement le genre de personnage du film que j’ai en tête quand je dis que le casting ne va pas beaucoup plus loin que ce que l’on a l’habitude de voir. C’est pareil pour Gad Elmaleh (Le Marocain) ou encore Ramzy Bedia (Reaz). Pour ses derniers, j’ai juste l’impression de voir l’un de leurs personnages issu d’un de leurs sketchs à l’écran. Les traits sont exagérés, ça fonctionne mais il n’y a pas de grandes originalités à mes yeux.

Dans le reste du casting, même si on la voit peu, j’ai bien aimé Sabrina Ouazani (Lilia). Dans la peau de la banlieusarde, elle fait ce qu’on lui demande et c’est presque dommage qu’on ne la voit pas un peu plus car ce film de potes manque quand même d’un peu de féminité (même grossière) devant la caméra.

Côté mise en scène, ce n’est pas foncièrement mauvais mais c’est loin d’être exceptionnel pour autant. Lors de la promo du film, j’entendais souvent une comparaison avec « Very Bad Trip » mais là encore, je trouve que l’homologue américain à plus de subtilité dans sa mise en scène. Ici, c’est efficace mais à force de vouloir se comparer à ce genre de comédie et de limite copier (de façon assumée) des films comme « Kickboxer » par exemple, le long métrage ne va toujours pas très loin.

Dans le genre, il n’y a rien qui m’a vraiment fait dire « Tiens, pour le coup en France aussi on peut rivaliser ». On sait faire, on respecte l’hommage, on assume les références mais toujours ce blocage je trouve pour aller plus loin. Même si en termes de comédie c’est bien filmé, j’ai juste eu l’impression de voir « Les Kaira en vacances ».

Sur Allociné, j’ai lu l’anecdote suivante : « Si Franck Gastambide n’a pas voulu enchaîner directement avec une suite des Kaïra (qui avait été le film français le plus rentable en 2012), c’est parce qu’il voulait s’atteler à un projet complètement différent lui permettant de se faire davantage reconnaître en tant que metteur en scène et comédien et non simplement comme « le mec des Kaïra ». »… J’ai beaucoup d’affection pour Franck Gastambide (il est énorme dans « Toute première fois » et dégage un certain charisme) mais là, quand je vois « Pattaya », je vois « le mec des Kaira ». C’est regrettable car je pense qu’il a en plus le potentiel de nous livrer une comédie différente et efficace.

Passé ce constat, on voyage quand même avec eux. La Thaïlande c’est toujours sympathique à voir même si là aussi on a déjà vu ce genre de décors. J’avoue avoir bien aimé le repaire de Reaz en tout cas et niveau costume, ça colle bien avec les personnages. Côté graveleux, le film se lâche quand même un peu c’est bien aussi.

Maintenant, on alterne quand même de façon trop brutale avec du politiquement incorrect et du très sage. C’est peut-être pour ça aussi (à moins que ce ne soit une histoire de montage) que j’ai eu l’impression que le film manquait un peu de peps surtout dans sa moitié. Quant à la bande originale composée par Éric Neveux et Kore, elle colle au film mais personnellement, ce n’est pas trop ma came. Ce n’est en tout cas pas le genre de musique que je vais essayer de me réécouter indépendamment de ce long métrage.

Pour résumer, si globalement j’ai quand même passé un bon moment divertissant devant « Pattaya », je suis quand même sorti de ma projection un peu frustré. Je n’ai pas eu la folie que j’espérais malgré quelques bonnes idées, ça manque souvent de rythme et j’aurais vraiment aimé que Franck Gastambide aille plus loin plutôt que de nous livrer « Les Kaira en vacances ». Je pourrais le revoir sans en abuser, je ne regrette pas ma séance mais je garde quand même cette frustration en fond qui me gêne. Maintenant que je sais à quoi m’attendre, peut-être que mon prochain visionnage sera meilleur et que je l’apprécierais davantage…

3/5 (Bien)

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