Jason Bourne : L’héritage

Jason Bourne - L'héritageJason Bourne : L’héritage (The Bourne Legacy). 2 heures 16. États-Unis. Espionnage – Action. Sortie en France le 19 septembre 2012. Réalisé par Tony Gilroy avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Donna Murphy, Stacy Keach, Albert Finney, Joan Allen, David Strathairn, Scott Glenn, Michael Chernus, Zeljko Ivanek…

On croyait tout connaître de l’histoire de Jason Bourne et de son passé d’agent tueur malgré lui. Mais l’essentiel restait à découvrir. Le programme Treadstone dont Jason était le cobaye n’était que la partie émergée d’une conspiration plus ténébreuse, ourdie par d’autres branches du gouvernement et mettant en jeu d’autres agences de renseignement, d’autres programmes militaires, d’autres laboratoires secrets…
De Treadstone est né « Outcome », dont Aaron Cross est un des six agents. Sa finalité n’est plus de fabriquer des tueurs, mais des hommes capables d’assurer isolément des missions à haut risque. En dévoilant une partie de cette organisation, Jason laissait derrière lui un « héritage » explosif : compromis, les agents « Outcome » sont désormais promis à une liquidation brutale. Effacés à jamais pour que le « père » du programme, le Colonel Byer puisse poursuivre ses sinistres activités.
Une gigantesque chasse à l’homme commence, et Cross, devenue sa première cible, n’a d’autre recours que de retrouver et gagner la confiance de la biochimiste d’ »Outcome », Marta Shearing, elle-même menacée de mort…

Grand amateur de la première trilogie avec Matt Damon, ce quatrième opus de la franchise Jason Bourne version Jeremy Renner qui est un acteur que j’apprécie énormément fait que ce « Jason Bourne : L’héritage » faisait parti de mes plus grandes attentes de l’année. C’est donc en toute logique et pour éviter tout spoiler que je me suis dirigé vers mon cinéma le jour même de sa sortie en salles.

Et je ne le regrette pas car j’ai vraiment bien aimé. Pourtant, c’était pas gagné d’avance. En effet, le scénario écrit par Tony Gilroy et Dan Gilroy d’après l’œuvre de Robert Ludlum est certes très bon mais il bénéficie d’un début que j’ai trouvé extrêmement poussif. Changement de personnage oblige, il y à une sensation de présentation des personnages, de l’intrigue, du cadre etc etc que je peux pardonner pour un premier volet mais qui pour une quatrième aventure peut vite devenir ennuyeux.

C’est ainsi qu’au début, j’ai eu du mal à me passionner pour ce changement de cap de la franchise. C’est pas que c’était inintéressant, c’est juste que je trouvais ça un peu mal amené surtout que les premiers volets nous avaient démontrés qu’il était possible d’allier psychologie des personnages, intrigue et action de façon homogène sans temps morts. J’ai donc pris mon mal en patience pour voir les différentes pièces que l’ont repositionnées sur l’échiquier.

Une fois que la chose fut faite, le film à réellement su redémarrer et de bien belle manière je trouve. J’ai retrouvé cette alchimie intrigue – action qui fonctionne bien et je n’ai par la suite plus vu le temps passer allant même jusqu’à me faire oublier son début un peu calamiteux au montage parfois hasardeux.

Le scénario se complique toujours un peu la vie surtout qu’ici il s’avère vite simplifier pour aller du point A au point B mais cette histoire est efficace et m’en a donné pour mon argent. Je regrette qu’on effleure seulement certains personnages de la première trilogie car je pensais qu’on en serais plus sur Pam Landy, le Docteur Albert Hirsch ou encore Ezra Kramer par exemple dans ce volet mais le fait de les évoquer permet quand même de faire un bon lien entre les films.

Gardant un procédé qui avait fait ses preuves dans les opus précédents, ce quatrième film s’incruste bien en tout cas un tout petit peu avant la fin de « La vengeance dans la peau » ce qui fait que même si ce n’est pas forcément indispensable, je ne regrette pas d’avoir revu les trois premiers films avant de découvrir cette quatrième aventure.

On avait fait le tour je pense avec Jason Bourne (même si on continue de l’évoquer pour accentuer le lien) et c’est donc une riche idée de repartir avec un autre personnage comme Aaron Cross qui pourra ainsi nous en montrer encore plus je pense dans d’autres films en espérant que la lassitude ne vienne pas.

Bien qu’à contre emploi, j’avais bien aimé Matt Damon dans la peau de Jason Bourne. Je trouvais le comédien à l’aise et il avait su marquer de sa patte la franchise à tel point que la tâche de passer derrière lui pour Jeremy Renner est assez compliqué. Cela se ressens surtout au début d’ailleurs. Je sais pas si c’est parce que j’ai trouvé le début poussif mais l’acteur, bien que très bon, à eu un peu de mal à me faire oublier Matt Damon (le fait d’avoir revu la première trilogie n’a peut être pas aidé inconsciemment) mais une fois que le film s’emballe, le comédien s’en sort plutôt bien je trouve dans la peau d’Aaron Cross. Physiquement il apparait un peu moins « fragile » et montre un peu plus de charisme ce qui est une bonne chose surtout au niveau des scènes d’action où j’ai trouvé l’acteur particulièrement à l’aise. Plus habitué à le voir dans des films de « bande », j’ai apprécié ici le voir tenir le haut de l’affiche de façon très crédible et convaincante.

A ses côtés, on retrouve une bonne Rachel Weisz dans le rôle du Docteur Marta Shearing. Tout comme dans « La mémoire dans la peau », le scénario à l’intelligence de ne pas trop appuyé sur une romance qui aurait plombé le film même si j’avoue avoir quand même une petite préférence pour le couple Jason Bourne – Marie Kreutz plutôt que pour le duo Aaron Cross – Marta Shearing. Quoiqu’il en soit, l’actrice joue bien le jeu et m’a beaucoup plu.

Edward Norton dans la peau de Eric Byer s’en sors bien lui aussi. Toujours charismatique, le comédien marque bien sa présence à l’écran même si bizarrement je lui ai trouvé moins de force que les autres adversaires que l’on avait pu retrouver dans les opus précédent. Ça n’empêche pas l’acteur de faire ce qu’il a à faire et de donner du fil à retordre à notre héros. C’est peut être le fait qu’il soit un peu moins entouré dans sa cellule contrairement aux autres qui fait que j’ai eu cette sensation qu’en tant que méchant il était un peu esseulé mais grâce à son talent il réussit quand même à être convaincant.

Quant aux têtes que l’on connait déjà, elles apparaissent trop peu accentuant le virage fait par la franchise. J’ai quand même pris du plaisir à retrouver Joan Allen dans le rôle de Pam Landy que j’appréciais beaucoup dans les autres volets et dont le sort dans cet opus est intéressant (j’espère qu’on en saura plus par la suite). De même, j’ai aimé retrouver, même si ce n’est que pour quelques scènes, David Strathairn dans le rôle de Noah Vosen tandis que je regrette que le personnage du Docteur Albert Hirsch, bien interprété par Albert Finney, soit au final pas trop exploité. J’ai rien à redire en tout cas concernant le reste du casting que je trouve donc très bon dans son ensemble.

Bien qu’il ait signé le scénario des trois premiers volets (et de celui ci également) et donc qu’il semblait se trouver en territoire connu, la présence de Tony Gilroy derrière la caméra pour son troisième long métrage en tant que réalisateur n’était pas pour me rassurer. En effet, j’avais trouvé assez ennuyeux son « Michael Clayton » et bien que sympathique j’avais trouvé vite oubliable son « Duplicity ». Cependant, je dois admettre que le metteur en scène s’en ai bien sorti dans ce film fait en famille (Tony Gilroy à co-écrit le film avec son frère Dan Gilroy et le montage à été fait par le jumeau de ce dernier John Gilroy).

Je regrette quand même un peu le fait que la caméra à l’épaule et le style pseudo-documentaire ait un peu disparu car même si en général je ne suis pas fan de ce genre de mise en scène je trouve qu’il avait été sublimé par Doug Liman et Paul Greengrass. Là du coup, on perds un peu en intensité avec une mise en scène plus posé, plus stable, plus classique mais qui reste toutefois assez efficace et agréable à suivre avec tout de même pas mal d’énergie lors de certaines scènes d’action quand cela est nécessaire. On gagne davantage en lisibilité dans l’action également ce qui n’est pas inintéressant.

Concernant le montage encore une fois je l’ai trouvé un peu maladroit au début du film mais il devient par la suite plus intéressant, mieux ficelé et l’emboitement avec la fin du troisième volet de la saga s’opère plutôt bien je trouve. Ça reste très fluide avec des scènes lisibles et même si parfois ça m’est apparu un peu trop gros (comme la course poursuite en moto) alors que j’aimais la simplicité de la première trilogie qui allait droit au but, j’ai quand même vu un bon film très agréable sans jamais être trop perdu.

L’utilisation des différents décors est un peu moins forte qu’auparavant, l’excellente mise en scène de ses prédécesseurs ne faisant pas de cadeaux à un Tony Gilroy qui ne démérite pas mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce qui avait déjà été fait et à ce retour en arrière qui est quand même regrettable. Certains passages comme la course poursuite sur les toits m’ont par exemple fait penser à la course poursuite à moto à Tanger dans le troisième film que je trouvais plus réussis mais bon ça permet aussi de faire une certaine cohérence avec l’ensemble même si tout n’est pas parfait.

Les différentes scènes de combats sont sinon bien orchestrés et très plaisante à voir même si encore une fois, je pense qu’elles auraient gagnées en simplicité. Par moment j’ai senti un peu de surenchère ce qui ne m’as pas dérangés plus que ça surtout quand le film à véritablement commencé mais j’aimais bien la sobriété des premiers opus du coup ça m’a quand même un peu marqué. Maintenant, ça reste tout de même très correcte. Les effets spéciaux sont eux aussi assez réussis tout comme la photographie et le travail fait sur la lumière même si là encore, j’ai tout de même de la nostalgie pour les autres films.

Continuant de crée des liens avec ce qui a déjà été fait afin de s’assurer une certaine cohérence, j’ai beaucoup aimé sinon la bande originale composée par James Newton Howard qui colle bien au film et qui s’inscrit aussi dans la continuité, une continuité musicale plaisante qui va même ravir l’amateur que je suis de l’artiste lorsque retentira le mythique « Extreme ways » interprété par Moby.

Pour résumer, il à fallu du temps au film pour ce lancer mais une fois que ce fut le cas, je me suis beaucoup amusé face à ce « Jason Bourne : L’héritage ». Ça reste quand même à mes yeux l’épisode le plus faible de la saga avec un scénario qui retourne en arrière en nous représentant de nouveaux personnages, une intrigue, un cadre etc etc et une mise en scène plus posé mais le film se laisse tout de même bien regardé. Jeremy Renner réussi à prendre le relai dans cette franchise avec un peu de difficulté mais une fois propulsé, il reste un choix que je trouve plaisant. Le début du film aurait pu flinguer mon visionnage mais je suis ressorti au final de ma projection plutôt satisfait même si c’est l’épisode que j’aime le moins. Si suite il y à, j’espère en tout cas qu’elle sera plus dynamique et qu’elle rentrera enfin dans le vif du sujet mais je reverrais volontiers ce quatrième opus qui avait tout du casse gueule et qui à bien su retomber sur ses pieds.

4/5 (Excellent)

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