La piscine

la piscineLa piscine. 2 heures. France – Italie. Romance – Drame – Policier. Sortie en France le 31 janvier 1969. Réalisé par Jacques Deray avec Alain Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin, Paul Crauchet, Steve Eckhardt, Maddly Bamy, Suzie Jaspard, Thierry Chabert, Stéphanie Fugain…

Jean-Paul et Marianne forment un couple idéal et coulent des jours heureux dans leur villa de Saint-Tropez, jusqu’au jour où arrive Harry, au bras de sa fille l’incendiaire Pénélope. Ancien amant de Marianne, l’homme trouble cette vie tranquille. La tension monte.

Bien qu’il s’agisse d’un classique du cinéma et que j’en avais souvent entendu parler, je n’avais jamais vu avant aujourd’hui « La piscine ». J’en connaissais quelques plans mais ça s’arrêtait là et je ne savais même pas quel était le synopsis de cette histoire. Du coup, j’ai profité d’un récent passage à la télévision pour enfin pouvoir le découvrir.

Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, je suis assez surpris par ce scénario écrit par Jacques Deray, Jean-Emmanuel Conil et Jean-Claude Carrière. Bien que très vite, l’on s’attende à une romance, je n’avais pas vu venir le coup du drame policier. Ce n’est pas forcément amené avec beaucoup de délicatesse mais c’est suffisant pour faire partir le récit dans une autre direction en plein milieu du film, chose que j’ai apprécié puisque cela évite une certaine monotonie.

Dans la première partie, j’ai en tout cas bien aimé le jeu de sensualité qui se dégage de notre quatuor. On commence par tombé amoureux du couple Alain Delon – Romy Schneider qui sont juste magnifique à l’écran avant de voir un dangereux jeu de séduction lors de l’arrivée de Maurice Ronet et Jane Birkin.

Quand le drame policier arrive ensuite dans la seconde partie, j’ai trouvé ça intéressant de voir comment toute cette séduction que l’on avait su faire naître en nous va se transformer en une répulsion. Les voir tous se méfier du moindre regard, de la moindre parole apporte une atmosphère lourde et pesante qui est plutôt sympathique.

Dans son ensemble, j’ai donc bien suivi ce film et je suis resté en haleine du début jusqu’à la fin. Maintenant, il représente sans doute une autre époque qui m’est un peu trop inconnue car il y a malgré tout de nombreux passages que je n’ai pas trouvés crédible. Que ce soit dans les dialogues ou les différentes situations, parfois ça a sonné faux chez moi. J’ai trouvé qu’il y avait dès lors beaucoup de facilité jusqu’à son final qui m’a un peu frustré avec cette sensation de « Tout ça pour ça ».

C’est dommage car encore une fois, devant la caméra les différents acteurs font le bout à l’image d’Alain Delon (Jean-Paul) qui joue à fond la carte du séducteur imposant qui va se trouver perturbé lorsqu’un autre mâle dominant va rentrer dans la course. Charismatique, il a quand même une gueule de cinéma je trouve et correspond bien à son époque. Je n’apprécie pas forcément son personnage mais le comédien dégage quelque chose qui ne me laisse pas indifférent.

A ses côtés, Romy Schneider (Marianne) est somptueuse. Dès ses premiers plans, je suis tombé sous le charme de cette actrice qui donne de la fraîcheur à ce casting. J’ai beaucoup aimé ce côté désinvolte que possède son personnage et même si le film joue beaucoup avec son physique, la comédienne donne de la vie à son rôle de façon appréciable.

Moins charismatique mais tout aussi efficace, j’ai bien aimé aussi Maurice Ronet (Harry). Dans la peau du cliché du businessman à qui tout réussi et qui joue à fond la carte du tombeur de service, je dois avouer que cela m’a plus fait marrer que paru crédible (une autre époque encore sans doute…). Ceci dit, si j’ai eu peur au début, l’acteur a fini par me convaincre dans son interprétation au fur et à mesure.

Pour fermer ce quatuor, on retrouve Jane Birkin (Pénélope). Je n’ai jamais été un amateur de cette actrice mais je dois reconnaître que ce personnage de jeune fille lui va plutôt bien. C’est dommage d’ailleurs qu’on ne l’exploite pas un peu plus. A travers son jeu, on sent que ce rôle est assez complexe et ambiguë mais on ne l’utilise pas forcément. Il y avait pourtant matière à faire je trouve.

Le reste du casting est anecdotique. Chacun tient sa place mais il n’y a personne qui sort véritablement du lot. Je retiens surtout Paul Crauchet (L’Inspecteur de police Lévêque) qui dès ses premières scènes fait naitre une certaine tension dans l’enquête policière avant que l’on se rende compte qu’il servira juste de déclencheur pour insinuer le doute entre Jean-Paul et Marianne. Sur ce point, je reste un peu sur ma faim également. J’aurais bien aimé qu’on pousse l’enquête un peu plus loin, qu’on mette un peu plus de danger en tout cas…

Autre point qui m’a laissé un peu sceptique : la réalisation. Attention, je ne renie pas le travail de Jacques Deray. Cette mise en scène est typique de ce que je m’attends à retrouver dans un film français de cette époque. C’est bien filmé et il y a des plans qui sont assez mémorable autour de cette piscine à tel point que j’en connaissais d’ailleurs certains avant même de découvrir ce long métrage. Maintenant, ça reste quand même paradoxalement assez classique aussi.

C’est en grande partie la faute à un montage que je n’ai pas forcément apprécié. On ne se perd pas dans cette histoire mais je trouve que l’on enchaîne les scènes un peu brutalement. On passe parfois d’un plan A à un plan B sans trop de finesse, sans trop de transition, juste parce qu’il le faut. A plusieurs moments du coup, j’ai senti comme une cassure dans la dynamique du film.

C’est dommage car si j’ai rapidement été tenu en haleine, à côté de ça, j’ai aussi décroché à plusieurs reprises. On joue à fond la sensualité dans la première partie sans pour autant parvenir à nous faire sympathiser avec ce couple. Dans la seconde, on joue à fond le drame et pourtant, il y a un cruel manque de tension, on ne les sent jamais en danger.

Il y a vraiment un petit quelque chose dans cette réalisation que je ne saurais donc expliquer mais qui m’empêche de crier au chef d’œuvre. Maintenant, à côté de ça, il y a néanmoins de très bonnes idées. La photographie par exemple est somptueuse avec une exploitation de la lumière qui est chaleureuse comme il le faut. Si on ne ressent pas trop de tension, on étouffe quand même un peu avec ce soleil que l’on perçoit.

De même, c’est une très bonne idée de faire de cette piscine un personnage à part entière où beaucoup de choses vont se jouer. Parfois, on y vient juste faire trempette, parfois on renoue des liens, à d’autres moments on se dit des vérités, on y joue des moments de passions comme des moments de violence… Cette piscine va vraiment être un vecteur d’émotions toute aussi différentes les unes que les autres.

La recherche des différents cadres me plait beaucoup aussi. Se déroulant quasiment tout le temps dans cette villa, il y a une variété dans les prises de vues qui font que l’on ne sent pas pris au piège et encore moins dans du théâtre filmé. La bande originale composée par Michel Legrand est appréciable aussi. Elle apporte un peu plus de consistance au film.*

Pour résumer, je ne regrette pas d’avoir enfin pu voir « La piscine ». Le long métrage regorge de pas mal de choses que je trouve très intéressante au point que cela ne me surprend pas que ce film soit considéré comme un classique. Je suis très vite tombé amoureux du couple Delon – Schneider tandis que j’ai apprécié ce mélange entre sensualité et drame policier. Maintenant, je reste quand même un peu sur ma faim car il y a beaucoup de choses que je trouve quand même maladroite. J’ai beau remettre ce long métrage dans son époque, il me manque quand même un petit quelque chose pour que ce film m’emporte littéralement avec lui mais cela reste malgré tout un très bon moment de cinéma.

3.5/5 (Très bien)

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