Exam

ExamExam. 1 heure 37. Grande Bretagne. Thriller. Sortie en France le 3 octobre 2012. Réalisé par Stuart Hazeldine avec Adar Beck, Gemma Chan, Nathalie Cox, John Lloyd Fillingham, Luke Mably, Chukwudi Iwuji, Jimi Mistry, Pollyanna McIntosh, Colin Salmon, Chris Carey…

8 candidats ont atteint le dernier stade de sélection pour rejoindre une mystérieuse mais très puissante entreprise. Réunis dans une salle d’examen, ils ont 80 minutes pour répondre à une simple question. 3 règles sont à respecter pour ne pas être disqualifié : ne pas parler au surveillant, ne pas gaspiller leur feuille et ne pas sortir de la salle. Le problème : ils n’ont pas la question !

Je me souviens qu’à l’époque de sa sortie en France, « Exam » me tentait beaucoup. Le problème, c’est que bien que j’étais sur Paris à l’époque, même dans la capitale, le long métrage fut très mal distribué. Du coup, lorsque j’ai vu qu’il était disponible sur Netflix, je ne me suis pas trop fait prier pour le découvrir enfin surtout que j’en avais eu de très bons échos.

Au départ, j’ai eu un peu peur. Assez mou dans son introduction, j’ai eu peur de très vite m’ennuyer. Fort heureusement, passer l’ouverture, une fois que l’on nous pose le concept, le film démarre au finalement très rapidement et je me suis laissé prendre au jeu. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce scénario écrit par Stuart Hazeldine et Simon Garrity.

Bien que le récit se déroule tout le long dans la même pièce d’examen, je n’ai pas ressenti une réelle claustrophobie. En revanche, j’ai ressenti une bonne tension que j’ai trouvé appréciable. Je ne sais pas si cela fonctionnera encore lors d’un second visionnage mais en attendant, j’ai vraiment eu la sensation de participer à cet exam, à vouloir chercher la clé de ce mystère.

Maintenant, tout n’est pas parfait pour autant. On peut reprocher au film par exemple quelques facilités assez grossières. On avance ainsi facilement dans l’histoire mais parfois, ça sonne un peu facile aussi. De plus, on peut avoir une légère frustration de ne pas en savoir davantage sur le monde extérieur qui a l’air presque apocalyptique. Ceci dit, ça accentue un peu plus la tension générale.

Composé principalement d’inconnus à mes yeux, j’ai beaucoup aimé également le casting. Le fait de ne pas pouvoir les assimiler à d’autres longs métrages m’a permis de les trouver encore plus crédible dans leurs différents personnages. On n’échappe pas aux stéréotypes et à la caricature par moment mais ça n’en demeure pas moins assez efficace.

Luke Mably (White) est celui qui joue le plus à fond la carte du bad boy de service. Celui à qui on prend du plaisir à vouloir distribuer quelques claques. L’acteur joue à fond dans ce registre et réussi à trouver le parfait équilibre pour ne pas être trop risible. Il en va de même pour Jimi Mistry (Brown) même si ce dernier est un peu plus léger parfois, je pense notamment à ses passages où il devient un peu le grand bad boy du groupe quand White se retrouve temporairement hors-jeu.

Chukwudi Iwuji (Black) est assez sympathique sinon. Il fait tout pour l’être en même temps. Il est la « morale » de ce groupe que personne ne voudra réellement écouter bien entendu. La performance du comédien n’est pas exceptionnelle mais je la trouve quand même bonne. De même, j’ai bien aimé John Lloyd Fillingham (Le sourd) qu’on aurait pu exploiter un peu plus.

Même si on est loin de la catastrophe, je suis un peu déçu quand même par le casting féminin. Je vais faire abstraction de Gemma Chan (La chinoise) qui n’est quasiment là que de passage mais pour le reste, je trouve qu’on appuie trop sur la caricature au point que leurs personnages se voit soit inintéressant, soit discrédité dès qu’elles ouvrent la bouche.

Adar Beck (Dark) dans le rôle de la psychologue de service devient ainsi très vite énervante, trop conventionnelle dans son traitement. Pollyanna McIntosh (Brunette), elle montre bien quelque bonnes choses mais on ne l’exploite pas vraiment. Quant à Nathalie Cox (Blonde), à l’image de son tailleur elle semble un peu serré dans ce film et ne m’a jamais vraiment convaincu. Sans doute que les hommes prennent un peu trop le dessus dans ce scénario mais je regrette vraiment l’exploitation des femmes dans ce récit.

Pour le reste du casting, vu qu’on est dans un huis-clos, il n’y a pas grand-chose à dire. Chris Carey (Le garde) m’a bien plu dans son registre. Ce genre de personnage qui ne dit pas un mot et qui agit tel un robot me plait bien. Quant à Colin Salmon (Le surveillant), seul acteur que je connaissais de cette distribution, il fait le job lors des quelques scènes où il est présent.

Première réalisation de Stuart Hazeldine, je trouve que le metteur en scène n’a pas à rougir de sa performance. Si encore une fois, je regrette un peu que la claustrophobie du récit ne se fasse pas davantage ressentir, la réalisation n’en reste pas moins efficace avec des plans assez variés et des angles de vues bien pensés qui font qu’on ne ressent aucune monotonie.

Très agréable à suivre, c’est aussi très facile. On avance assez vite dans le récit, peut-être même un peu trop (la pression du chronomètre ne se fait pas beaucoup ressentir également je trouve) mais on ne s’ennuie pas et c’est déjà ça. Le montage est réussi et même si par moment, on abuse un peu des flashbacks qui vont vite nous faire deviner le twist final, j’ai trouvé que c’était bien foutu.

A travers une belle photographie et une bonne exploitation de la lumière, ce long métrage réussi à crée une ambiance agréable pour ce thriller sympathique. J’aurais vraiment aimé être un peu plus oppressé, sentir un peu plus le danger mais j’ai quand même pris du plaisir durant ma projection. Très classique, la bande originale de Stephen Barton fait le boulot aussi pour contribuer à cette atmosphère légère mais pas détestable.

Pour résumer, je ne regrette pas d’avoir enfin pu découvrir cet « Exam » qui m’a bien plu. Si le film n’est pas parfait, c’est quand même un thriller efficace qui a su me prendre avec lui de bout en bout. Très mal distribué en France, le résultat est pourtant loin d’être honteux et je n’ai pas vu le temps passé malgré de grandes facilités scénaristiques qui nous laisse un peu deviner le twist final. Je ne sais pas si un second visionnage lui fera du bien mais je pense quand même que c’est un long métrage que je pourrais revoir avec plaisir.

4/5 (Excellent)

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