Ninja Turtles

Ninja turtlesNinja Turtles (Teenage Mutant Ninja Turtles). 1 heure 42. États-Unis. Action – Fantastique – Comédie. Sortie en France le 15 octobre 2014. Réalisé par Jonathan Liebesman avec Noel Fisher, Alan Ritchson, Pete Ploszek, Jeremy Howard, Megan Fox, Will Arnett, Danny Woodburn, William Fichtner, Whoopi Goldberg, Minae Noji, Tony Shalhoub, Johnny Knoxville, Tohoru Masamune, Abby Elliott…

Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York…
Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.

« Vous êtes des frères. Vivez, combattez, mourrez comme des frères ! »

Il y a des films qui ne sont même pas encore sorti que l’on s’acharne déjà dessus. Parfois jugé sur une simple bande annonce, une affiche, un papier qu’on a lu à son sujet quelque part… Il y a des œuvres qui semble destinée à être détester par avance, par effet de mode… Ce fut un peu le cas avec ce « Ninja Turtles » qui bien avant sa sortie à bénéficier d’un lynchage médiatique, que ce soit du côté de la presse ou des spectateurs ne l’ayant pas encore vu, assez conséquent (la présence de Michael Bay en tant que producteur associé à un design des tortues tranchant nettement avec les costumes des films des années 90 doit y être aussi pour beaucoup). Ayant pour habitude l’envie de me faire ma propre opinion, j’ai malgré tout décidé de découvrir ce long métrage que je n’avais pas envie d’enterré avant de l’avoir vu.

Et j’ai bien fait car à l’issue de ma projection, je trouve ce lynchage totalement disproportionné. Je veux bien croire que les Tortues ninja ont leurs fans de la première heure, j’ai moi-même grandi avec la série animée que j’adorais et je collectionnais les figurines de mes héros mais de là à crier au désastre pour cette nouvelle adaptation, je trouve que c’est un peu dur. Certes, le scénario est assez gros mais dans le genre on a quand même vu nettement pire je trouve sans qu’il n’y ait eu une telle mise à mort sur la place publique.

Écrit par Josh Appelbaum, Andrew Nemec et Evan Daugherty d’après l’œuvre de Peter Laid et Kevin Eastman, je trouve même que ce film nous offre ce qu’on attends de lui à savoir un bon gros n’importe quoi bien jouissif qui n’a pas d’autres prétentions que celui de nous divertir. Dépoussiérant pas mal la trilogie des années 90 qui a pris un sacré coup de vieux malgré tout (les dialogues parfois ciselés du premier volet ne le sauvant pas d’un vieillissement assez fort en terme de costumes et de mise en scène), j’ai trouvé que cette nouvelle version était plutôt sympathique.

Ça ne vole pas forcément très haut mais le scénario a su rester cohérent avec la mythologie d’origine tout en se la réappropriant afin de nous livrer une nouvelle histoire plus contemporaine pour un nouveau jeune public. De mon côté, le résultat est au rendez-vous, je me suis diverti (et je n’étais pas le seul adulte dans ma salle à retrouver mon âme de gamin) et le jeune public présent semblait aussi passer un bon moment. Pour un tel projet c’est le principal et rien que pour ça, je trouve le lynchage injustifié même si ça n’engage bien sûr que moi.

Défilant assez vite, cette aventure m’a vite replongé dans cet univers sans jamais trop me perdre. Le mélange action et humour est plutôt homogène et c’est ainsi que je n’ai pas vu le temps passé. Si je reconnais qu’il y a de très grosses facilités et que ça reste prévisible (tout comme les anciennes versions… Et oh, c’est des tortues mutantes. On va pas chercher non plus une once de philosophie dans ce film…), l’ensemble m’a paru en tout cas assez cohérent et à la hauteur des espérances que j’avais pu miser à son sujet.

Côté casting, il est un peu dur de juger les performances de Alan Ritchson, Noel Fisher, Pete Ploszek, Jeremy Howard et Danny Woodburn – respectivement Raphael, Michaelangelo, Leonardo, Donatello et Splinter – car la motion capture corrige quand même pas mal de choses en rajoutant des détails et en enlevant d’autres. Quoiqu’il en soit, j’ai trouvé le procédé plutôt bon. Le rendu visuel n’est pas exceptionnel même si on a tenté de les humaniser du mieux possible, mais ce n’est pas non plus la catastrophe annoncée et je me suis vite habitué.

Cela dépoussière encore un peu plus les costumes des années 90 qui sont maintenant quand même vachement kitsch (ne vous méprenez pas je me suis amusé devant cette trilogie) et je trouve qu’on aurait pu avoir un rendu bien pire. La casse est limité et fort heureusement qu’il y à la présence d’images de synthèse pour faire vivre ses mutants plutôt que des costumes qui ont fait leurs temps. Vocalement, le choix de Johnny Knoxville pour Leonardo et Tony Shalhoub pour Splinter me parait judicieux. A noter que Schredder incarné par Tohoru Masamune a lui aussi le droit à son relookage en synthèse pas foncièrement détestable même si on aurait pu faire mieux.

D’ailleurs, puisque j’évoque le rendu visuel de nos héros, on a beaucoup critiqué les tortues et Schredder mais je trouve que ça passe quand même plutôt bien. J’ai eu plus de mal avec l’apparence de Splinter qui collait moins avec cette « réalité » (désolé pour les guillemets mais je ne vois pas comment l’exprimer autrement). Il y a une implication en tout cas de tous ses comédiens et j’ai en tout cas trouvé que cette bande de frères tortues fonctionnait plutôt bien.

Côté interprétation live, j’ai bien aimé aussi Megan Fox (décriée elle aussi avant la sortie même du film) en April O’Neal. La comédienne fait vraiment tout pour bien s’accaparer son personnage et même si elle reste la jolie demoiselle en détresse, j’ai apprécié le fait qu’on lui fasse prendre part à l’action avec cette volonté de faire en sorte que son personnage veut être une journaliste reconnue et pas juste une belle plante. Le parallèle avec la carrière de Megan Fox m’a d’ailleurs amusé, l’actrice tentant de montrer ici tout comme son personnage qu’elle possède une certaine légitimité.

Will Arnett dans la peau de Vernon Fenwick est assez sympathique également. Très léger, j’ai aimé l’aspect décontracté de son personnage un peu gaffeur mais quand même toujours là pour seconder April. J’ai beaucoup aimé aussi les quelques apparitions de Whoopi Goldberg en Bernadette Thompson, toujours aussi excellente dans le registre de la grande gueule comique et sympathique pour le spectateur malgré tout et j’ai aimé aussi les quelques passages avec Abby Elliott dans le rôle de la colocataire.

Si le scénario possède ses maladresses qui ne m’ont pas dérangé outre mesure, celui qui en paie le plus les frais reste William Fichtner en Eric Sacks. Son personnage est très caricatural (plus que les autres) et extrêmement prévisible à tel point que dès sa première apparition, on sait déjà le sort et l’évolution qui l’attend. Un éventuel deuxième volet le fera peut-être mais j’aurais bien aimé sinon voir un peu plus en avant Minae Noji en Karai que j’ai bien aimé. Dommage qu’on ne l’ait pas recentré un peu plus dans l’action. Le reste de la distribution fait sinon exactement ce qu’on attends de lui.

Autre point que j’ai bien aimé, la mise en scène de Jonathan Liebesman. C’est assez propre et chaque plan m’a paru calibré pour coller avec le spectacle que l’on voulait nous proposer. On ressent très fortement derrière lui le Michael Bay producteur mais ça ne m’as pas gêné plus que ça puisque Jonathan Liebesman n’a jamais caché son inspiration pour le cinéaste et que de mon côté, je ne fais pas parti des détracteurs de Michael Bay. Bien au contraire, pour un film sans prise de tête et divertissant, il est même pour moi quasiment une valeure sûre.

Avec un montage électrique, on n’a pas le temps de s’ennuyer même lors de l’ouverture du film qui prend bien son temps pour nous réinstaller nos héros, nous les représenter et nous mettre dans leur intrigue actuelle. Si visuellement comme je le disais, j’ai pas trouvé ça si mauvais qu’on a voulu me le faire croire (c’est pas parfait mais c’est quand même regardable il ne faut pas abuser), j’admets aussi qu’il y a quand même parfois un aspect brouillon lors de certaines scènes de combats qui peut être préjudiciable.

Les décors sont eux aussi bien exploité même si la japonisation de cet univers s’efface dans cette nouvelle vision et qu’il y a quelques raccourcis qui peuvent paraitre amusant. J’en veux pour exemple la scène de la descente sur la neige (visible dans la bande annonce) un poil trop long pour être crédible et qui nous permet de relier New-York de façon surprenante. J’ai bien aimé sinon la photographie général avec une imagerie qui m’a parlé comme lors de la scène où nos quatre tortues plongent dans un égout avec la pleine lune derrière eux, image assez utilisé dans cette franchise.

Les différents costumes m’ont eux aussi plu. Comme je le disais, le look de Schredder ne m’a pas dérangé puisque je l’ai pris comme une nouvelle lecture et qu’il me fallait donc quelque chose de différent et j’ai aimé les accoutrements de nos ninjas qui collent bien avec leurs caractères bien trempés respectifs. A travers leurs costumes, on sent bien je trouve le côté intellectuel de Donatello, la folie de Michaelangelo, l’impatience de Raphael où le côté plus posé de Leonardo. Même avec le recul, je trouve vraiment que les avis que j’ai pu lire sont vraiment durs et pas forcément justifié même si une nouvelle fois, je reconnais les imperfections.

La bande originale composée par Brian Tyler m’a plu également. Assez fidèle à son travail et collant bien avec cette nouvelle lecture, j’ai bien aimé le côté électrique de la musique de ce compositeur. Il n’y a pas de temps mort non plus, pas de grands blancs gênant et la musique contribue aussi à la réussite de ce divertissement sans prise de tête et à son côté rythmé. Avec des chansons plus actuelles, je trouve que l’on rentre vite dans ce film et dans l’ambiance que l’on veut lui donner.

Pour résumer, quitte à me faire taper dessus moi aussi, j’assume totalement faire partie de ceux qui ont apprécié ce « Ninja Turtles ». Si le film est imparfait, il ne demeure pas moins qu’un tel lynchage me parait bien souvent gratuit et totalement injustifié. En termes de divertissement, on en a pour notre argent et le film nous apporte ce que l’on attend de lui. On aurait bien sûr pu avoir quelques choses de plus aboutis encore, le film aurait même pu surfer sur la vague des films de héros obscurs que l’on aime blesser mais en l’état, je l’ai trouvé plaisant avec son identité propre. Il a su me redonner mon âme de gamin, je n’avais pas spécialement envie de me prendre la tête et je dois avouer que je l’ai même encore plus apprécié que ce à quoi je m’attendais. Parfois au cinéma, il faut savoir se décontracté, ne plus penser à rien, juste à s’amuser et ce long métrage a fait son boulot à mes yeux. Si suite il y a, j’irai d’ailleurs très certainement la voir tout comme je reverrais ce film. En attendant, peace and love, ce n’est que du cinéma et si ce genre de divertissement vous procure une crise d’anévrisme, personne ne vous force à le visionner mais ça reste quand même fidèle à ce que la bande annonce nous montre et ce à quoi j’espérais. Un bon petit moment en bref de mon côté.

3.5/5 (Très bien)

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