La charge héroïque

La charge heroiqueLa charge héroïque (She Wore a Yellow Ribbon). 1 heure 43. États-Unis. Western. Sortie en France le 29 septembre 1950. Réalisé par John Ford avec John Wayne, Joanne Dru, Victor McLaglen, Ben Johnson, Harry Carey Jr., John Agar, Mildred Natwick, George O’Brien, Arthur Shields, Michael Dugan, Noble Johnson, Tom Tyler, Fred Graham…

1876. Après la défaite de Custer à Little Big Horn, la tension s’intensifie sur les frontières de l’Ouest où les tribus indiennes commencent à se regrouper pour partir en guerre contre les « visages pâles » qu’ils veulent chasser de leurs terres. Dans un poste isolé, le capitaine Nathan Brittles, à la veille de prendre sa retraite, doit faire face à ce soulèvement. Entre-temps, nous assistons au déroulement de la vie quotidienne au Fort où notamment deux jeunes lieutenants se disputent les faveurs de la nièce du commandant. Celle-ci arbore un ruban jaune signifiant, dans la tradition de la cavalerie américaine, que son cœur est pris.

« Ne t’excuses pas. C’est un signe de faiblesse. »

Je continue mon petit bonhomme de chemin dans mon cycle consacré au western en rentrant dans les années 50 avec « La charge héroïque », second volet de la trilogie crée par John Ford sur la cavalerie (j’ai su cela après mon visionnage, je découvrirais donc le premier volet après mais juste avant de découvrir le troisième opus 😉 ). Faisant suite à la défaite de Custer à Little Big Horn (dont j’ai découvert l’histoire dans « La charge fantastique »), j’étais très curieux de voir cette aventure.

Dans son ensemble, j’ai plutôt bien aimé ce scénario écrit par James Warner Bellah, Frank S. Nugent et Laurence Stallings. J’ai beaucoup aimé me plonger au cœur de ce fort et découvrir la vie de groupe de ses soldats en dehors des combats. Gloire à la cavalerie, il y a en tout cas une morale et une sorte d’éthique qui est mis en avant qui m’a plu. J’y aie retrouvé ce petit côté héroïque qui me plait tant dans les westerns même si l’image donné de la cavalerie est sans doute trop belle face aux indiens que l’on nous dépeints comme de simples sauvages.

Avec un humour léger qui est plaisant ainsi qu’une action présente sans trop tomber dans la surenchère, ce divertissement assez classique dans son genre se laisse suivre de façon très agréable. S’il ne deviendra pas le film mémorable à mes yeux, je retiendrais néanmoins la scène de départ à la retraite avec la montre que j’ai trouvé assez émouvante.

Côté distribution, le casting fait le boulot à commencer par John Wayne (Le Capitaine Nathan Cutting Brittles) pour qui l’on a tout de suite beaucoup de tendresse. Dans la peau de ce héros charismatique et juste, l’acteur joue bien le militaire vieillissant pour qui la retraite arrive. Il s’impose facilement dans cette troupe et même si lui aussi aurait mérité une image un peu plus écorné, j’ai aimé suivre ce héros américain et son statut que l’on assume de bout en bout.

Pour le reste des acteurs, je n’ai rien de particulier à dire. J’ai beaucoup aimé Victor McLaglen (Le Sergent Quincannon) qui m’a bien fait sourire et j’ai trouvé intéressant, même si on ne les exploite pas assez, les rôles de John Agar (Le Lieutenant Flint Cohill) et Harry Carey Jr. (Le Lieutenant Ross Pennell) dont on s’attarde un peu trop sur leur rivalité plutôt que sur leurs importances dans cette troupe de la cavalerie.

Au cœur de cette rivalité, on n’échappe pas à l’habituelle romance. Parfois ça fonctionne et parfois c’est trop lourd. Si au début, cela apparait avec une certaine tendresse, cette romance avec ce triangle amoureux m’a très vite saoulé. Une nouvelle fois, le personnage féminin dans ce type de production m’a vite ennuyé et irrité dans son traitement. C’est dommage car Joanne Dru (Olivia Dandridge) reste agréable à voir. Plus anecdotique, même si elle n’est pas mauvaise, je me suis parfois demandé quelle utilité pouvait avoir le personnage de Mildred Natwick (Abby Allshard).

Souvent vanté dans les quelques avis que j’ai pu lire, la réalisation de John Ford est en effet très belle. Je m’attendais quand même à quelque chose de beaucoup plus fort avec des plans qui me marqueraient davantage mais en l’état, on n’en a quand même pour notre argent. La photographie est très belle avec une bonne exploitation de la lumière et un choix intéressant dans les couleurs.

Le film ne souffre ainsi pas trop des ravages du temps même si il fait bien son époque. Les différents costumes m’ont eux aussi beaucoup plu tandis que j’ai trouvé que les cadres étaient bien pensés. Le montage fait que l’on ne s’ennuie pas au passage même si il me manque quand même une grande scène mémorable (la scène finale avec les chevaux est un peu légère par rapport au danger que l’on nous a vendu avant cela). La bande originale composée par Richard Hageman est aussi bien plaisante.

Pour résumer, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus fort avec « La charge héroïque » je dois bien l’admettre. Néanmoins, je n’ai jamais eu la sensation de m’être ennuyé et j’ai plutôt passé un très bon moment. Ultra patriotique avec une image trop lisse de la cavalerie ainsi qu’un affrontement avec les indiens un peu trop manichéens, le long métrage se laisse quand même bien suivre tout en savourant John Wayne, à l’aise comme un poisson dans l’eau dans ce registre, ainsi que la réalisation impeccable de John Ford.

3.5/5 (Très bien)

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