Cléopâtre

CléopâtreCléopâtre (Cleopatra). 4 heures 11. États-Unis. Drame. Sortie en France le 25 septembre 1963. Réalisé par Joseph L. Mankiewicz, Rouben Mamoulian et Darryl F. Zanuck avec Elizabeth Taylor, Rex Harrison, Richard Burton, Martin Landau, George Cole, Kenneth Haigh, Andrew Keir, Hume Cronyn, Roddy McDowall, Richard O’Sullivan, Gregoire Aslan…

Cléopâtre. Un nom mythique pour une souveraine légendaire. Voici le fabuleux portrait de la Reine du Nil, dont la beauté dévastatrice a fait trembler deux des plus grands seigneurs de l’Empire romain, Jules César et Marc-Antoine. Une relation sulfureuse, faite de pouvoir et de trahison, qui changea le cours de l’histoire à jamais.

« – Si vous voulez bien m’excusez.
– Il n’est pas nécessaire que tu partes.
– Dès que devant moi des hommes se mettent à parler politique ou à en faire des tas, invariablement, je trouve que le vin à mauvais goût. »

Bien qu’étant un classique du cinéma, je n’avais jamais eu l’occasion avant ce jour de découvrir « Cléopâtre ». Il faut dire aussi que malgré un sujet qui m’intéressait, sa durée de plus de quatre heures avait de quoi refroidir mes ardeurs. C’est donc en prenant mon courage à deux mains que je me suis enfin mis à le visionner.

On est ici en présence d’un vrai grand film de cinéma. Le scénario écrit par Sidney Buchman, Ben Hecht, Ranald MacDougall et Joseph L. Mankiewicz possède tous ce qui peut nous faire rêver sur grand écran. Un récit épique, une grande aventure avec des paysages et des couleurs grandiose le tout parsemés d’émotions et de tensions. De ce fait, que ce long métrage soit considérés comme un classique ne me surprends pas plus outre mesure.

Maintenant, il faut bien l’avouer, j’ai quand même trouvé ça terriblement long. J’aime cette histoire, elle creuse à fond son sujet, elle prend son temps mais j’ai du mal à rester accrocher jusqu’à la fin à cause de cette durée excessive. A l’origine, le projet devait contenir deux films de trois heures, la première partie consacré à Cléopâtre et César, la deuxième à Cléopâtre et Antoine. Avec le recul, cela aurait fait six heures de films mais le fait de les couper aurait sans doute été plus appréciable pour moi.

Du coup, bien que je suis resté pris dedans et que le rythme reste quand même soutenu, la deuxième partie qui ne forme qu’un ici avec la première m’a un peu plus ennuyé. Je ne suis pas fan de la relation entre Cléopâtre et Antoine. Il n’y a que les interventions d’Octave, bien que très théâtrale, que j’ai pleinement apprécié. Néanmoins, je préfère le redire, tout n’est pas mauvais dans cette seconde partie.

J’ai davantage pris du plaisir avec la première partie. Il faut dire que je suis très vite rentré dans ce film et que j’ai été conquis également par le charme de cette Cléopâtre. Sa relation avec César m’a bien plu et j’ai beaucoup aimé la façon dont on traite ce dernier. Plus charismatique, plus imposant à l’écran, c’est peut-être même à cause de cela qu’ensuite le personnage d’Antoine me passionne moins.

Côté distribution, Elizabeth Taylor (Cléopâtre) est magnifique. Le tournage n’a pas été simple en grande partie à cause d’elle mais l’actrice se rattrape en nous livrant une interprétation brillante. Elle incarne cette reine avec beaucoup de maitrise, elle sait utiliser son charme pour nous conquérir tout en étant imposante lorsque la situation de reine de son personnage l’exige. C’est le rôle-titre de cette œuvre et elle porte aisément la puissance de cette saga sur ses épaules.

J’ai beaucoup aimé aussi Rex Harrison (Jules César). Comme je le dis plus haut, le comédien s’impose très facilement. J’ai adoré sa façon de jouer César. Du coup, lorsque son rôle s’éclipse au profit de Richard Burton (Marc Antoine), j’ai trouvé que la transition était un peu brutale. Je ne vais pas revenir sur sa liaison pendant le tournage avec Elizabeth Taylor je m’en moque un peu mais bien qu’il soit très bon, si il a conquis l’actrice, il m’a moins convaincu pour ma part. C’est pas choquant, ça ne gêne pas mon visionnage mais j’aurais aimé plus d’ampleur à l’écran.

Derrière ce trio, le reste du casting fait également du bon boulot. Les rôles secondaires restent bien à leurs places tout en étant crédible. S’il est dans la surenchère, j’ai bien aimé Roddy McDowall (Octave). Le comédien vit à fond son rôle et j’aime ça. Martin Landau (Rufio) est lui aussi pas mal. Il n’y a que Kenneth Haigh (Brutus) et Richard O’Sullivan (Le Pharaon Ptolemy XIII) avec qui j’ai eu plus de mal mais fort heureusement, on les voit assez peu.

Tournage compliqué jusqu’au bout, si à la réalisation on cite souvent le nom de Joseph L. Mankiewicz, il ne faut pas non plus oublier le travail de Rouben Mamoulian et Darryl F. Zanuck. Si l’œuvre est aussi épique, c’est aussi en grande partie grâce à cette mise en scène qui nous en met plein la vue et nous propose un spectacle à la hauteur de nos espérances.

Les décors sont somptueux, les différents costumes magnifiques, la photographie est très belle et niveau lumière, on est très bien ébloui. Sur ses neuf nominations, les quatre Oscars obtenus (photographie, effets visuels, costumes et direction artistique) ne sont vraiment pas volés. Restauré, le film n’en demeure pas moins très beau à voir et vieillit très bien je trouve même si il fait bien son époque.

Pour un film de cette durée, je suis vraiment surpris de ne pas avoir piqué du nez. L’histoire à su me fasciner et le film me tenir en haleine. C’est juste regrettable que la deuxième partie s’essouffle un peu niveau rythme et me passionne moins. Je pense sincèrement que deux films plutôt qu’un aurait été plus judicieux pour continuer de capter mon attention. Quant à la bande originale signée par Alex North, elle est aussi à la hauteur du projet en accompagnant bien le récit sans jamais être trop lourd.

Pour résumer, je suis vraiment satisfait d’avoir enfin pu voir ce « Cléopâtre » qui mérite les louanges que j’ai pu en lire. Tout n’est pas parfait, sa durée excessive et sa seconde partie un peu plus molle font que ce n’est pas un film que je me materai en boucle mais j’ai pris un réel plaisir durant mon visionnage et je pourrais recommencer cette expérience la prochaine fois que j’aurais quatre heures à tuer. Du très grand cinéma qui nous envoie dans une autre époque, qui nous fait rêver et qui remplit parfaitement son cahier des charges. Un classique qui vaut le coup d’œil.

4/5 (Excellent)

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