La flèche brisée

La flèche briséeLa flèche brisée (Broken arrow). 1 heure 33. États-Unis. Western. Sortie en France le 2 juin 1950. Réalisé par Delmer Daves avec James Stewart, Jeff Chandler, Will Geer, Debra Paget, Basil Ruysdael, Joyce Mackenzie, Arthur Hunnicutt, Raymond Bramley, Robert Adler…

En Arizona, en 1870, Tom Jeffords veut mettre fin aux hostilités entre Blancs et Indiens en signant un traité de paix avec les Apaches. Il s’aventure sur le territoire du chef Cochise et découvre peu à peu son peuple.

« – La première pierre. Chaque jour de paix en amènera une. Dans trois mois, la pile sera haute. Nous y hisserons le drapeau de la Paix.
– Je suis heureux.
– Je ne le suis pas encore. Parler de paix est facile. Vivre en paix est plus difficile. »

Bien que je n’aie jamais trop pris le temps de me renseigner sur « La flèche brisée », j’en avais souvent entendu de très bons échos surtout de la part d’amateurs de westerns. Du coup, j’étais assez curieux de le découvrir et j’ai même été ravi de voir qu’il y avait une édition Blu-ray de ce long métrage qui allait me permettre de le découvrir dans de bonnes conditions.

C’est peut-être parce que je n’avais que de la curiosité et pas de grandes attentes mais j’ai été agréablement surpris par ce scénario écrit par Albert Maltz (ce dernier étant blacklisté à l’époque, c’est Michael Blankfort qui est crédité au générique) d’après l’œuvre d’Elliott Arnold. En effet, cela m’a fait plaisir de voir cet affrontement entre Blancs et Indiens auxquels je n’étais pas habitué.

Précurseur dans son genre (même si ce n’est pas le premier à se lancer dans cette direction), j’ai vraiment trouvé que c’était une excellente idée que de nous présenter ses Apaches comme autre chose que de simples sauvages. Ce code d’honneur, ses coutumes, ses motivations… L’ensemble est traité avec une belle justesse et une belle écriture qui rend ce récit très plaisant.

Pour une fois, l’équilibre est respecté. Il y a du bon et du moins bon dans les deux camps. Comme le personnage de Tom, j’ai aimé me plonger dans une culture que je ne connais pas tout en étant parfois abasourdi par la bêtise de mes contemporains. Rythmé, l’histoire est efficace et captivante de bout en bout, bien plus que je ne l’espérais. Pleine de tolérance et d’espérance, j’ai bien aimé les messages qu’elle véhicule.

James Stewart (Tom Jeffords) est excellent dans la peau de cet homme qui va se battre pour la paix. On n’échappe pas à quelques discours prévisible mais l’acteur n’est jamais risible. Charismatique, je me suis très vite attaché à lui et j’ai tout de suite eu de la sympathie à son égard. Je n’ai pas toujours trouvé sa relation avec Debra Paget (Sonseeahray) très crédible mais elle reste quand même fraîche et agréable.

Face à notre pionnier, Jeff Chandler (Cochise) est lui aussi parfait. J’avais peur au début qu’il tombe dans la caricature mais son rôle fonctionne bien et l’acteur l’incarne très bien. J’ai beaucoup aimé son évolution. Le voir d’abord comme un sauvage avant de trouver très rapidement chez lui une certaine humanité et un certain code d’honneur m’a bien plu. On peut ne pas cautionner leurs idées d’époque mais l’alchimie entre James Stewart et Jeff Chandler est parfaite. Elle contribue grandement à la réussite de ce long métrage.

Derrière, le reste de la distribution fait également le boulot. Il n’y a personne qui ne sort véritablement du lot mais chacun sait rester à sa place. Le temps d’une apparition, j’ai bien aimé aussi faire connaissance avec le mythique personnage de Geronimo bien joué par Jay Silverheels. J’ai hâte de continuer mon cycle pour en voir plus sur ce personnage.

Premier film que je découvre de Delmer Daves, son travail m’a énormément plu. Je sais que la restauration Blu-ray du film doit bien aider mais je trouve que la mise en scène est toujours très efficace. Les plans sont variés, on navigue bien à travers ses grandes étendues de l’Arizona et le montage bien ficelé fait que je n’ai pas vu le temps passé.

J’ai adoré cette photographie, ses couleurs et cette exploitation des différents décors qui me donne envie de plonger dans l’aventure comme un gamin. Bien entendu, quelques costumes et maquillages me font un peu sourire maintenant mais pour un film de 1950, je trouve que ce long métrage vieillit plutôt bien. Sa forme est efficace et permet à son fond de rester d’actualité et de toujours nous agripper.

J’ai un peu de mal parfois dans les westerns avec les romances un peu lourdes. Ici, on nous la montre sans trop en faire. Juste ce qu’il faut pour qu’on ait notre quota d’émotions. Il en va de même pour l’action qui est bien dosé avec ce qu’il faut de chevauchées et de fusillades laissant ainsi la réalisation se concentré sur les rapports humains. La musique signée Hugo Friedhofer est agréable et emballe bien l’ensemble sans jamais être trop pesante.

Pour résumer, je ne m’attendais vraiment pas à adorer autant « La flèche brisée ». Belle hymne à la tolérance et à l’ouverture d’esprit, j’ai aimé la façon dont ce scénario tente de nous apporter une lueur d’espoir dans sa paix qui est loin d’être gagnée et/ou acquise. Riche idée aussi de mettre les Indiens sur le même bien d’égalité que les Blancs humainement parlant faisant de film une belle œuvre anti racisme. Avec un scénario maitrisé, une distribution impeccable et une réalisation soignée, on est en présence d’un excellent western que je reverrais avec beaucoup de plaisir.

5/5 (Approved by Vladdy)

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2 réflexions sur “La flèche brisée

    1. Oui nouveau format 🙂 J’aimais bien l’ancien mais il semblerait qu’il n’était pas pratique pour laisser des commentaires. Je fais ce blog principalement pour moi même mais l’idée de partage doit rester là donc si il n’y a pas d’interactivité, c’est pas drôle ^^

      Merci pour la bannière. Elle me permet de mettre en avant mon cycle du moment et si en plus, je peux te mettre de bonnes musiques en tête, c’est tout benef’ 😛

      J'aime

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