Ben-Hur (1959)

Ben-HurBen-Hur. 3 heures 32. États-Unis. Péplum. Sortie en France le 6 octobre 1960. Réalisé par William Wyler avec Charlton Heston, Stephen Boyd, Jack Hawkins, Haya Harareet, Hugh Griffith, Martha Scott, Cathy O’Donnell, Sam Jaffe, André Morell, Finlay Currie, Frank Thring, Terence Longdon, Mino Doro, George Relph…

Judah Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d’enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison de Jérusalem. Mais leur amitié ne peut résister à leurs caractères différents.
Alors qu’une pierre tombe du balcon de la maison familiale de Ben-Hur, manquant de tuer le gouverneur qui paradait plus bas, Messala trahit son ami qu’il sait innocent en l’envoyant aux galères et en jetant en prison sa mère et sa sœur. Ben-Hur jure alors de reconquérir sa liberté et prépare sa vengeance.

« Il n’y a pas de liberté totale en ce monde. L’homme apprend à connaître le monde où il vit et à l’heure présente, le monde, c’est Rome ! »

Grand classique du cinéma américain, ça faisait un petit moment maintenant que je voulais revoir « Ben-Hur » dont je gardais en souvenir que quelques passages que j’avais pu voir dans mon enfance. Profitant qu’une nouvelle version allait voir le jour, je me suis dit que ça serait l’occasion de me replonger dedans et c’est ainsi que je me suis retrouvé devant mon Blu-ray.

Cette piqûre de rappel fut nécessaire. Avec une durée de presque quatre heures, je me suis très vite rendu compte que je ne me souvenais au final de plus grand chose de ce film. Et c’est regrettable car le scénario écrit par Karl Tunberg d’après le roman « Ben-Hur: A Tale of the Christ » de Lewis Wallace est vraiment passionnant.

Dans le fond, on devine assez vite ce qu’il va se passer. On est en présence d’une histoire assez classique et pourtant, sa durée excessive n’en demeure pas moins justifiée. Hormis peut-être une ou deux scènes qui ralentissent un peu le rythme, ce scénario s’avère être passionnant de bout en bout à tel point que je n’ai pas trop vu le temps passé.

On a tous les ingrédients pour en faire un grand péplum. De l’action, de la romance, de l’héroïsme, une dimension épique… On est en présence d’un grand cinéma, un cinéma qui exploite sa fonction de divertissement pour nous plonger en plein cœur de son récit. Avec le temps, je comprends en tout cas aisément son statut de grand classique du cinéma ainsi que ses 11 Oscars car remis dans son époque, le film devient encore plus impressionnant.

Pour ma part, la seule chose qui m’ait un peu embêté, c’est la dimension religieuse de l’œuvre. Je ne suis jamais fan de cet aspect-là au cinéma (c’est purement personnel). Parfois ça fonctionne, car il y a quand même des exceptions, et parfois ça me gave. Malheureusement ici, ça a eu une légère tendance à me gaver.

Je sais que ça fait partie de l’histoire originale, sa présence est même indiqué dans le titre du livre de Lewis Wallace (que je n’ai pas lu) mais tous les passages avec le Christ, aussi bien réalisé soit-elle, m’ont juste ennuyé trouvant son apogée dans le final qui alourdit du coup considérablement le récit à mes yeux.

A cause de ça, on se retrouve à avoir quelques répliques qui sonnent un peu faux à mes oreilles. Du moins de mon côté je n’y ait pas cru, j’ai trouvé que l’on avait été trop loin dans la surenchère et dans la représentation christique qu’il ne faut surtout pas abîmer. Encore une fois, je le comprends, c’est juste que cela ne fonctionne pas sur moi et gâche un peu le côté épique du film à mes yeux.

Devant la caméra, Charlton Heston (Judah Ben-Hur) fait un boulot remarquable. On le sent vraiment investi dans son personnage. Très charismatique, il porte ce film sur ses épaules. Il y a bien quelques passages où il en fait trop mais cela ne me choque pas car je trouve que c’est assez habituel d’une manière générale dans ce genre de production qui possède toujours une petite aura très théâtral.

Face à lui, j’ai bien aimé également Stephen Boyd (Messala). Très vite, on voit sur le visage de l’acteur quel vont être ses intentions. Son personnage est très intéressant je trouve et la façon dont il est abordé me plait bien. Pendant un moment, on ne le voit plus trop à l’écran et c’est bien dommage car le comédien montre vraiment des choses intéressantes comme lors de sa dernière scène où je le trouve très efficace.

Son absence en milieu de récit profite à Jack Hawkins (Quintus Arrius) avec qui on va faire connaissance. Assez ambigu au début, j’ai bien aimé en tout cas son personnage et la façon avec laquelle il va au final se prendre d’affection pour Ben-Hur. Grâce à sa carrure, l’acteur fait en tout cas un très bon mentor à tel point que malgré sa position sociale dans le récit, on n’est pas étonné qu’au final Ben-Hur sympathise avec lui.

Si Frank Thring (Ponce Pilate) possède une interprétation intéressante également malgré son peu de présence à l’écran, je me suis en tout cas bien amusé avec Hugh Griffith (Cheik Ilderim) qui apporte une certaine légèreté à ce film. Assez drôle, j’ai conscience qu’il frôle parfois la caricature mais sa présence m’a plu avec un humour que je n’ai pas trouvé détestable.

Très masculin et bourré de testostérone, le long métrage n’en oublie pas moins de mettre une petite touche féminine. Haya Harareet (Esther) joue bien. C’est dommage que sa romance soit parfois trop appuyée car l’actrice reste efficace. J’ai bien aimé aussi Martha Scott (Miriam) et Cathy O’Donnell (Tirzah) dont le jeu a réussi à me toucher.

Si le long métrage est passionnant, c’est aussi en partie grâce à l’excellent travail de mise en scène de William Wyler. Alors oui, je trouve qu’il en fait des tonnes parfois surtout lors des représentations du Christ qu’il nous montre comme de grands tableaux. Cependant, ses différents cadres n’en demeure pas moins parfaits.

Sa réalisation est grandiose avec une excellente exploitation de ses décors gigantesques. C’est typiquement grâce à ce genre de superproductions et à cette maitrise de cet aspect que le cinéma parvient à nous faire rêver. Le réalisateur nous emporte avec lui dans son récit et même si parfois, tout n’est pas exceptionnel, dans son ensemble, cela reste quand même du travail remarquable.

J’ai beaucoup aimé aussi les différents costumes ainsi que le jeu fait sur la lumière. Chaque plans peut vite devenir une leçon de cinéma et avec ce montage qui est très bon, je ne suis vraiment pas surpris de ne pas avoir vu le temps passé. Quant à la bande originale composée par Miklós Rózsa, elle fait preuve par moment d’un certain classicisme mais reste excellente. Elle nous emporte dans cette aventure. Avec la peinture générale dans chaque scène, la musique s’avère être un autre art exploité dans ce film qui justifie à merveille la position de septième art du cinéma.

Pour résumer, « Ben-Hur » est un très grand film que chaque cinéphile devrait voir au moins une fois dans sa vie. Je peux comprendre qu’on y adhère pas, que ça durée excessive en embête certains mais cela reste néanmoins du très grand cinéma. Le film n’a pas du tout volé son statut de classique et demeure prenant de bout en bout. On retrouve tout le côté épique que l’on vient rechercher dans ce genre de production. Si de mon côté, je ne suis pas fan des passages christique, c’est en tout cas un film que je trouve remarquable, qui m’en met plein la vue et que je recommande chaudement.

4.5/5 (Grand Film)

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2 réflexions sur “Ben-Hur (1959)

    1. Il y a plein de scènes dans ce film qui en vaut la peine. L’attaque des navires romains est un bon exemple aussi. Plusieurs scènes sont de vrai tableaux.

      Sinon, pour en revenir au remake, j’ai vu la bande annonce (ce qui m’a motivé pour revoir l’original afin de l’avoir en tête) et j’ai pas mal de craintes aussi. De ce que j’ai vu, je suis loin d’être emballé et je ne suis pas sûr que le film réussisse à sauver les meubles (il possède déjà des critiques bien assassines outre Atlantique…). On verra bien, je vais sans doute lui laisser sa chance mais j’irais sans en attendre un chef d’œuvre de réussite (je serais peut être surpris).

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