Les sept mercenaires (1960)

Les sept mercenairesLes sept mercenaires (The Magnificent Seven). 2 heures 08. États-Unis. Western. Sortie en France le 1er février 1961. Réalisé par John Sturges avec Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn, James Coburn, Horst Buchholz, Eli Wallach, Brad Dexter, Jorge Martínez Hoyos, Vladimir Sokoloff, Rosenda Monteros, Rico Alaniz, Natividad Vacío…

Un petit village de paysans du nord du Mexique subit les raids incessants de bandits menés par le pilleur Calvera. Accablés par cette situation, les paysans décident d’aller chercher du soutien de l’autre côté de la frontière américaine. Ils le trouvent en la personne de Chris, baroudeur taciturne et excellent tireur. Ensemble, ils recrutent six autres hommes, tous mercenaires, chacun motivé par des raisons personnelles et un sens de l’honneur propre…

« C’est comme ce gars que j’ai connu à El Paso. Un jour, il s’est jeté dans les cactus après s’être mis tout nu. Je lui est demandé moi aussi pourquoi.
– Alors ?
– Il m’a dit qu’à ce moment-là, l’idée l’avait tenté. »

Aussi surprenant que cela puisse paraître, avant aujourd’hui je n’avais jamais vu « Les sept mercenaires ». Le film faisait donc parti de mes attentes lorsque j’ai commencé mon cycle consacré au western et c’est à l’approche d’un prochain remake en salles que j’ai décidé d’avancer un peu mon visionnage.

Et mes premières impressions c’est que je me suis pris une sacré claque en pleine figure. C’est bien simple, j’ai adoré cette histoire et ce scénario écrit par William Roberts, Walter Newman, Walter Bernstein d’après l’œuvre culte d’Akira Kurosawa. On dit que « Les sept samouraïs » a souvent été imité mais jamais égalé. De mon côté, ce film est l’exception qui confirme la règle, je trouve même qu’il surpasse son aîné.

Peut-être que c’est parce que la culture américaine du cow-boy me parle davantage que la culture japonaise du samouraï mais j’ai trouvé que ce scénario nous proposait une relecture assez brillante. Bien entendu, l’aura du film de Kurosawa est toujours là. Le film reprend de nombreux passages voir même de nombreuses répliques. Cependant, le film de Sturges réussit à s’approprier cette histoire et lui donner sa propre identité.

Mieux encore, je trouve que son homologue américain a réussi à se débarrasser de toutes les petites « lourdeurs » qui m’embêtaient dans le film japonais. La bataille finale me captive beaucoup plus, le rythme est mieux dosé, la romance est moins étouffante et surtout, je trouve l’image des paysans mexicains beaucoup plus sympathique que celle des paysans japonais.

Tous les petits éléments qui m’empêchait de donner ma note maximale dans mon ressenti chez Kurosawa sont ici corriger à mes yeux chez Sturges. L’humour léger est présent juste comme il le faut avec des dialogues et des répliques excellentes tandis que l’action est présente comme il le faut pour que l’on se retrouve face à un western dans toute la splendeur du genre.

Assumant totalement son statut de remake, j’ai trouvé ça très intéressant de voir cette nouvelle vision qui n’en demeure pas moins très respectueuse. C’est assez drôle d’ailleurs cette sensation de copier-coller qui bizarrement semble se marier avec une originalité certaine. Il y a très peu d’années d’écart entre les deux œuvres, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec le film de Kurosawa mais je trouve ici, l’équilibre plus juste dans le scénario.

Pour porter cette histoire, on a le droit à une distribution de grande classe dont chaque acteur est bourré de charisme et de classe. Yul Brynner (Chris Adams) s’impose assez aisément dans la peau du leader. On retrouve ici une autre forme de sagesse mais ça fonctionne à merveille. Son personnage est magnifiquement associé à un Steve McQueen (Vin Tanner) en très grande forme.

Derrière ce duo, j’ai énormément apprécié aussi Charles Bronson (Bernardo O’Reilly). Le comédien est efficace et j’aime beaucoup le petit côté protecteur qu’il a vis à vis des enfants du village qui apporte pas mal de fraicheur. James Coburn (Britt) est lui aussi parfait. J’ai apprécié le calme dans sa prestation et son regard énigmatique.

Horst Buchholz (Chico) est pas mal aussi. A travers son jeu, il dégage une certaine insouciance qui me plait bien. On atteint pas le niveau de folie de son homologue japonais mais le résultat n’en reste pas moins très correct. Le traitement de son personnage aurait pu être exploité avec un peu plus de finesse mais en l’état ça fonctionne malgré tout.

Un peu plus en retrait et du coup, un peu moins bien exploité, Robert Vaughn (Lee) et Brad Dexter (Harry Luck) finissent de bien compléter cette troupe de mercenaires. Ils n’en font pas trop mais s’impose juste comme il le faut pour exister et justifier leurs présence. Si le second est quand même utilisé, c’est surtout pour le premier que j’aurais aimé un traitement un tantinet plus approfondi.

D’une manière générale, même s’il y a des différences que ce soit dans les qualités comme dans les défauts, j’ai trouvé que c’était assez sympa de retrouver globalement les mêmes traits de caractère des samouraïs de Kurosawa dans les mercenaires de Sturges. On voit bien du coup comment chacun s’accapare son rôle en lui donnant sa propre touche personnelle.

Dans le rôle du grand méchant, on a le droit à l’immense Eli Wallach (Calvera). On ne le voit pas tant que ça mais à chacune de ses apparitions, il fait mouche. Il est sans doute un peu trop exposé dans sa troupe, le reste de sa bande étant quasiment inexistante mais il représente bien cette image du danger que les paysans cours là où chez Kurosawa, c’était surtout symbolisé par des ronds que l’on barrait au fur et à mesure.

Le reste du casting fait du bon boulot sinon. Chacun est à sa place. Les paysans mexicains sont bien interprétés. On est parfois dans la caricature mais cela reste gentillet sans être trop risible. J’ai même eu une certaine affection pour Natividad Vacío (Miguel) là où en revanche Vladimir Sokoloff (Le vieil homme) ne réussit pas à nous faire oublier son homologue japonais. Rosenda Monteros (Petra) est pour sa part presque transparente mais encore une fois, ça ne me gêne pas car du coup, on fait abstraction d’une romance trop lourde.

Côté mise en scène, Akira Kurosawa avait fait un boulot énorme je ne le nie pas mais si la partie recrutement était sympathique, la partie combat m’avait un peu laissé sur ma faim. Ici, John Sturges soigne son sujet du début jusqu’à la fin. C’est efficace de bout en bout avec des plans que j’ai adoré et qui me font aimer encore davantage ce genre cinématographique qu’est le western que je découvre tardivement.

Mon avis est un peu tronqué car je découvre ce film en Blu-ray avec une restauration de l’image et du son qui va avec mais je trouve que ce long métrage vieillit à merveille. Il possède bien tous les clichés que l’on s’attend à trouver dans ce genre de production et pourtant, j’y fais assez facilement abstraction tant j’ai été emporté dans l’aventure.

La photographie est super belle tout comme la lumière. L’ensemble met très bien en valeur les différents décors que je trouve tout aussi somptueux. Le village prend vraiment bien vis à mes yeux. J’ai beaucoup aimé aussi les différents costumes des personnages. Tout me parait très bien soigné, très frais, très coloré et très plaisant à suivre.

Le montage est lui aussi diablement bien ficelé. Le film dure moins d’une heure vingt que son ainé et cela se ressent. On va à l’essentiel mais c’est du coup plus rythmé et je n’ai pas ressenti ce léger ennui que je pouvais avoir lors du combat final chez Kurosawa. Je n’ai pas vu le temps passé et j’ai passé un excellent moment. La bande originale composée par Elmer Bernstein (seule nomination à l’Oscar à l’époque pour ce film, ce que je ne comprends pas…) est aussi extrêmement jouissive avec son thème phare qui fait toujours son petit effet.

Pour résumer, si je n’ai qu’un seul regret avec « Les sept mercenaires », c’est d’avoir découvert ce film bien trop tard. Mon cycle consacré aux westerns est loin d’être terminé (à l’heure actuelle, j’ai encore une soixantaine de films à voir) mais je me reverrais bien cette œuvre en cours de route tant j’ai pris du plaisir devant et trouvé le résultat excellent. Je sais que pour les puristes, le must restera « Les sept samouraïs » d’Akira Kurosawa (qui est excellent en effet) mais de mon côté, je trouve ce remake bien plus efficace et bien plus plaisant. Je pourrais d’ailleurs le revoir beaucoup plus facilement je pense. Quand on est gamin, on a souvent envie de jouer aux cow-boys. Avec ce film, je suis redevenu ce gamin qui a envie d’envoyer balader le vilain méchant et ça, et bien ça fait un bien fou. Un grand classique à voir.

5/5 (Approved by Vladdy)

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2 réflexions sur “Les sept mercenaires (1960)

    1. Pour ma part c’est l’inverse. J’adore les deux films mais je préfère quand même largement le remake. Le fait d’apprécier davantage la culture américaine avec ses westerns plutôt que la culture japonaise avec ses samouraïs joue pour beaucoup aussi. Simple préférence personnelle 😉

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