Le Samouraï

le-samouraiLe Samouraï. 1 heure 45. France – Italie. Policier – Thriller – Drame. Sortie en France le 25 octobre 1967. Réalisé par Jean-Pierre Melville avec Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon, Cathy Rosier, Jacques Leroy, Michel Boisrond, Robert Favard, Jean-Pierre Posier, Catherine Jourdan, André Salgues…

Jeff Costello, dit le Samouraï est un tueur à gages. Alors qu’il sort du bureau où git le cadavre de Martey, sa dernière cible, il croise la pianiste du club, Valérie. En dépit d’un bon alibi, il est suspecté du meurtre par le commissaire chargé de l’enquête. Lorsqu’elle est interrogée par celui-ci, la pianiste feint ne pas le reconnaître. Relâché, Jeff cherche à comprendre la raison pour laquelle la jeune femme a agi de la sorte.

« Je ne perds jamais. Jamais vraiment. »

Si je savais qu’il était une référence pour pas mal de personnes, je n’avais jamais eu l’occasion de découvrir « Le Samouraï » avant aujourd’hui alors même que je suis assez friand des polars français et que je n’ai rien contre Alain Delon. Du coup, c’est avec beaucoup d’espoir que je me suis plongé dans cette histoire lorsque j’ai vu qu’il était disponible dans mon service de Vidéo à la demande.

J’ai bien aimé. Ce n’est pas la claque puissante que j’espérais mais j’ai quand même trouvé ce film intéressant. Prenant bien tout son temps pour nous installer son intrigue, ses personnages et son ambiance, le scénario écrit par Jean-Pierre Melville et Georges Pellegrin réussi à nous prendre avec lui. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Assez lent dans son rythme, minimaliste dans ses dialogues et très appuyés dans ses clichés, il y a tout pour que l’on ait un résultat risible.

Cependant, ça fonctionne bien malgré tout. Ce scénario possède une âme qui fait qu’il sort du lot. Il y a quelques facilités que j’ai trouvé grossière, j’ai eu du mal à trouver cette enquête crédible dans son traitement et son final est assez attendu mais j’ai été pris et c’est bien tout ce qui compte. On a envie d’aimer ce tueur solitaire qui ne laisse paraître que peu d’émotions.

Pour l’incarner, Alain Delon (Jef Costello) est parfait. Comme d’habitude, il joue avec justesse sur son charisme et possède un regard pénétrant qui nous aide à être pris par son personnage même lorsque le traitement est grossier. J’aurais bien aimé en savoir davantage sur son personnage, que l’on exploite un peu plus son côté solitaire et froid (je le trouve souvent trop exposé) mais en l’état, ça me plait bien.

Face à lui, François Périer (Le Commissaire) est également très bon. Là encore, on est souvent dans la surenchère dans le cliché (ça sonnait peut-être plus naturel à l’époque…) mais il fait un adversaire convaincant face à notre samouraï des temps modernes. Comme pour les autres acteurs, il doit beaucoup à ses dialogues mais le comédien s’en sort vraiment bien je trouve et aurait même mérité d’être davantage exploité pour mettre le tueur en danger.

Le reste du casting n’est pas mauvais non plus. Nathalie Delon (Jane Lagrange) n’apporte pas spécialement grand-chose, c’est dommage qu’on la réduise à la simple femme alibi mais elle reste dans la lignée du film. Robert Favart (Le barman) m’a fait sourire aussi dans son interprétation sans que cela me choque pour autant. En revanche, j’ai eu un peu plus de mal avec Cathy Rosier (Valérie, la pianiste) qui ne m’ait apparu convaincante dans aucunes scènes.

Si le film accumule les clichés, on arrive à y faire vite abstraction grâce à la mise en scène de Jean-Pierre Melville. Simple, minimaliste, le réalisateur nous livre quelque chose de très épuré qui convient parfaitement à son sujet. C’est grâce à son travail que l’on va avoir le droit à cette ambiance si particulière qui va faire en sorte que le film fonctionne.

Le montage est lui aussi réussit. Il y a de la lenteur mais ce n’est jamais ennuyeux. Bien au contraire, je suis même surpris de voir combien le film peut fasciner et captiver avec si peu de dialogues tout en paraissant si court. Un très bon travail a été fait aussi sur les décors, notamment la chambre de Jef Costello que j’aime bien et la poursuite dans le métro que je trouve bien ficelé. La bande originale composée par François de Roubaix enrobe bien l’ensemble également.

Pour résumer, à cause d’une succession de clichés qui fonctionnaient peut-être mieux à l’époque, je n’ai pas réussi à trouver la puissance que j’espérais dans « Le Samouraï ». Bien que captivant et avec un univers propre à lui, le film n’est pas parvenu à me mettre la claque que l’on m’avait vendu. Cependant, ce côté fascinant fait que je me suis laissé prendre malgré tout. Alain Delon est parfait dans ce rôle, la mise en scène de Jean-Pierre Melville est magnifique dans sa simplicité et cela suffit à me convaincre. Un excellent polar qui manque peut-être juste d’un peu de surprises dans son histoire mais un classique qui vaut le détour.

4/5 (Excellent)

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