Grosse fatigue

grosse-fatigueGrosse fatigue. 1 heure 27. France. Comédie. Réalisé par Michel Blanc avec Michel Blanc, Carole Bouquet, Philippe Noiret, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Charlotte Gainsbourg, Mathilda May, David Hallyday, Estelle Lefebure, Roman Polanski, Christian Clavier, Bernard Farcy…

Michel Blanc est un grand acteur de cinéma. Cependant, on l’accuse d’avoir abusé sexuellement de Josiane Balasko, Charlotte Gainsbourg et Mathilda May, de s’être comporté comme un goujat au Festival de Cannes et d’accepter des cachets médiocres, comme des animations dans des supermarchés, en cachette de son agent. Les témoignages sont flagrants, mais Blanc sait qu’il est innocent. Il se fait aider par Carole Bouquet afin de faire la lumière sur cette affaire, et il découvre qu’il a un sosie parfait, Patrick Olivier, qui, ayant souffert dans sa vie de ressembler à Michel Blanc, a décidé d’en profiter.

« – Et vous ? Vous êtes le sosie de Philippe Noiret ?
– Non, d’habitude je fais Catherine Deneuve mais là, je sors d’une mauvaise grippe… »

Grand classique de la comédie française dont j’avais souvent entendu parler, je n’avais jamais vu avant aujourd’hui « Grosse fatigue ». Pourtant, ça faisais un moment maintenant que son synopsis me faisait de l’œil et j’étais assez curieux de voir comment on allait exploiter le concept. Quand il est passé à la télévision, je n’ai cette fois-ci pas raté l’occasion de le découvrir.

A chaud, je suis un peu surpris par le résultat. Je n’ai pas détesté mais je n’ai pas été emballé autant que j’aurais aimé l’être par ce scénario écrit par Jacques Audiard, Josiane Balasko, Michel Blanc et Bertrand Blier. Ça part bien, il y a des répliques fort sympathique, on va plutôt loin dans le concept mais pourtant je n’accroche pas plus que ça.

Je me suis divertit dans l’ensemble mais il y a eu chez moi un petit décrochage que je regrette surtout dans son final. Je pense que c’est surtout parce que je n’ai pas adhéré plus que ça au trip car après, on ne peut vraiment pas reprocher au film d’avoir voulu aller à fond. J’aurais bien aimé aussi que l’aspect comique du film soit davantage appuyé. Là, par moment, c’est plus son côté dramatique qui est mis en avant et c’est regrettable car ça gâche un peu l’amusement que je peux avoir.

Derrière cette comédie, il y a en tout cas un parallèle sur la vie d’artiste, le monde du cinéma et du show-business ainsi que la notoriété subie que je trouve intéressant. Les traits sont grossiers, on est dans la caricature (même si ça sent le vécu) mais ça tient la route et c’est aussi pour cela que l’intrigue parvient à fonctionner malgré tout.

Michel Blanc (Lui-même / Patrick Olivier) semble en tout cas s’amuser. Habitué à l’époque au rôle de comique potache, il y a ici une certaine subtilité dans son jeu afin de faire vivre sa vie fictive et son alter ego qui fonctionne bien. Vers la fin, ça braille un peu trop mais le comédien s’en sort quand même plutôt bien. Il réussit à être sympathique à nos yeux tout en faisant de son sosie un être détestable afin que l’on puisse bien voir la nuance entre ses deux prestations.

A ses côtés, Carole Bouquet (Elle-même) est bonne aussi. J’ai vraiment du décrocher vers la fin car là encore, dans le final je trouve que la comédienne devient un tantinet agaçante mais son duo avec Michel Blanc reste efficace. Elle est dans la surenchère mais sais toujours rester dans le bon ton pour que cela ne soit pas trop grotesque.

Pour le reste de la distribution, on est plus dans l’anecdotique de luxe qu’autre chose. Pas réuni autour d’un plan ensemble à l’époque depuis 1979 (« Les Bronzés font du ski »), l’apparition du Splendid m’amuse. Les caméos de luxe me font bien sourire mais c’est surtout Philippe Noiret (Lui-même) qui sort du lot, c’est d’ailleurs la seule chose que j’ai vraiment apprécié dans le final et qui me fait regretter son apparition tardive.

Michel Blanc maitrise sinon en tout cas bien son sujet. Si l’on devine assez vite qu’il va y avoir une histoire de sosie (ce qui rend la révélation moins surprenante quand elle arrive et encore moins quand on lit le synopsis), en tant que metteur en scène, Michel Blanc réussit à nous entraîner avec lui. Plus brouillon dans sa fin, sans doute trop « sérieux » dans son humour, le réalisateur suit sa ligne de conduite de bout en bout.

Visuellement, le film passe bien même lorsque l’on voit Michel Blanc face à Patrick Olivier. Les effets spéciaux de Pitof sont convaincant en tout cas et je n’ai pas dû être le seul à être convaincu puisqu’en 1994, en plus du Prix du scénario, le film reçu le Prix de la technique lors du Festival de Cannes. Côté bande originale, la musique signée René-Marc Bini passe bien mais manque un peu de folie et de fraicheur.

Pour résumer, « Grosse fatigue » est une comédie intéressante même si elle penche un peu trop dans le drame à mon goût. Le concept tient la route et il est totalement assumé. Un peu trop d’ailleurs pour moi puisqu’il m’a perdu dans son final que j’ai trouvé un peu fade mais le projet reste cohérent. Sous ses airs de casting de luxe, le film repose évidemment entièrement sur la performance de Michel Blanc qui s’en sort bien mais qui aurait clairement du mettre plus de fraicheur dans son film. Un divertissement sympathique malgré tout.

3/5 (Bien)

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