L’Exorciste : Au commencement

lexorciste-au-commencementL’Exorciste : Au commencement (Exorcist : The Beginning). 1 heure 52. États-Unis. Épouvante. Sortie en France le 17 novembre 2004. Réalisé par Renny Harlin avec Stellan Skarsgård, Izabella Scorupco, James D’Arcy, Remy Sweeney, Ben Cross, Julian Wadham, David Bradley, Andrew French, Ralph Brown, Alan Ford, Antonie Kamerling, Eddie Osei…

Le père Lankester Merrin est hanté par le souvenir des atrocités commises durant la Seconde Guerre mondiale. Sentant sa foi l’abandonner, il quitte sa terre natale des Pays-Bas et effectue en Afrique un voyage de la dernière chance – un pèlerinage qu’il espère salvateur.
Au Caire, Merrin est abordé par un amateur d’antiquités rares qui lui propose de rejoindre un chantier archéologique au Kenya. Dans la lointaine province de Turkana, les Anglais viennent de faire une découverte des plus troublante : une église byzantine parfaitement conservée. Misant sur les compétences archéologiques acquises par Merrin à Oxford, le collectionneur espère dénicher le premier une ancienne relique dissimulée dans l’église.
Mais, sous l’église, sommeille une entité diabolique qui n’attend qu’un signe pour s’éveiller et répandre à nouveau sur Terre le sang, la mort et les plus abominables violences…

Quand je me suis décidé à me faire l’intégralité de la franchise cinématographique consacré à « L’Exorciste », j’étais moyennement emballé à l’idée de revoir « L’Exorciste : Au commencement ». C’était la seule « suite » du film culte que j’avais vu à l’époque lors de sa sortie en salles et je n’en gardais pas spécialement un très bon souvenir. Du coup, j’appréhendais un peu ce second visionnage.

Et au final, ce film possède un point commun avec celui de William Friedkin. Je me suis ennuyé à ma première projection et c’est véritablement à partir du second visionnage que j’ai réussi à apprécier le film. La comparaison s’arrêtera là bien entendu car, si cette fois-ci mon visionnage s’est avéré plus sympathique, le film de Renny Harlin est loin d’égaler son ainé.

Pourtant, ça part plutôt bien. Le scénario écrit par Alexi Hawley, William Wisher Jr. et Caleb Carr, d’après les personnages créés par William Peter Blatty, est bien ficelé. Après des suites un peu légères, cette idée de préquel est pas mal du tout. D’ailleurs, il y a de très bonnes idées je trouve. J’ai peut-être été cette fois-ci en meilleur condition mais je trouve qu’il y a une ambiance qui s’installe assez plaisante avec une tension assez palpable.

Si l’on garde les éléments phares que doivent contenir tout film d’exorcisme depuis le chef d’œuvre de William Friedkin, ce nouveau scénario nous propose une nouvelle histoire assez prenante. Elle joue avec pas mal de facilités, il n’y a pas de grandes surprises mais j’ai trouvé son traitement nettement moins maladroit et plus maitrisé que « L’Exorciste 2 » et « L’Exorciste 3 » qui n’avait pas su aller au bout de leur récit à mes yeux.

En fait, ce qui plombe véritablement ce film, c’est surtout ses longueurs. Alors oui, il faut bien prendre son temps pour susciter la peur mais du coup, ça manque un peu de rythme. On compensera avec l’idée qu’il y a quand même de vrai prises de risques avec des enfants innocents qui sont une nouvelle fois martyrisé (la scène des hyènes ou encore celle de la naissance sont quand même assez puissante) et les flashbacks du Père Merrin qui ne sont pas vraiment utile (si ce n’est pour nous expliquer le trauma du héros) mais dont le passé reste bien fort également.

Devant la caméra, Stellan Skarsgård (Le Père Lankester Merrin) n’égale jamais réellement la prestation d’un Max Von Sydow qui était plus charismatique. Cependant, on voyait si peu ce dernier auparavant que j’ai bien aimé en voir davantage sur ce personnage. L’acteur s’en sort bien même si l’on n’évite pas certains clichés et il tient bien le film sur ses épaules même lorsque l’action est plus calme.

A ses côtés, j’ai aimé retrouver Izabella Scorupco (Sarah). Je ne suis pas spécialement un fan mais j’aime la voir à l’écran. Ici, la comédienne dégage un petit quelque chose qui me plait bien et qui sauve un peu son personnage qui s’avère un peu facile et sous-exploité pendant une grande partie du long métrage. Dans le dernier tiers, elle est un peu plus mise en avant et peu nous montrer davantage de chose, ce que j’ai apprécié.

Le reste du casting m’a moins marqué. James D’Arcy (Le Père Francis) m’est par exemple paru beaucoup trop léger pour me convaincre tandis que Ben Cross (Semelier) ou encore Alan Ford (Jefferies) m’ont semblé beaucoup trop risible dans leurs prestations. J’aurais sinon bien aimé qu’on mette davantage à contribution Andrew French (Chuma) et j’ai réussi à avoir une certaine tendresse pour le jeune Remy Sweeney (Joseph).

Avec Renny Harlin de mon côté, ça passe ou ça casse. Il est capable de m’emmener avec lui dans son divertissement comme il peut très vite me perdre. Ici, le réalisateur me frustre principalement. Dans l’ensemble, ses différents plans ne sont pas si mauvais que ça. Il n’y a pas de grandes originalités mais le boulot est fait avec comme je le dis un peu plus haut quelques prises de risques que l’on n’hésite pas à nous montrer et c’est une excellente chose.

Maintenant à côté de ça, il nous offre aussi une photographie est un visuel désastreux (et déjà à l’époque en salles, je me souviens que ça me piquais les yeux). A l’inverse de ses prédécesseurs, il n’a pourtant pas pris un si gros coup de vieux que ça (pourtant au moment où j’écris ses lignes, le film a 12 ans…). Mais les effets visuels et les différentes incrustations sont catastrophiques…

J’ai rarement vu un film où le côté studio se faisait autant ressentir. C’est d’autant plus dommage que l’Église par exemple est pas mal même si elle s’avère très vite limitée (elle parait énorme mais on a l’impression de voir toujours les mêmes coins). Les hyènes, les oiseaux, les couchers de soleil, la pyramide, les vents de sable… Il n’y a absolument rien de crédible.

Après, je pardonne un peu plus les maquillages douteux. On y croit pas mais ça tente tellement de se rapprocher de ceux du film de William Friedkin que cela a presque du charme et fait presque office de lien cohérent. Malgré ses lenteurs avec un montage qui aurait pu se passer d’un bon quart d’heure, l’atmosphère est bien posée aussi et sans être exceptionnelle, la musique composée par Trevor Rabin s’intègre bien au récit.

Pour résumer, « L’Exorciste : Au commencement » s’en sort plutôt pas mal avec moi. Il m’aura vraiment fallu un second visionnage une dizaine d’années plus tard pour pouvoir bien apprécier ce préquel. Maintenant, s’il y a une prise de risque et une certaine maitrise en matière de divertissement d’épouvante, c’est quand même vraiment dommage d’avoir des longueurs qui plombent un peu l’ensemble. De plus, certains effets visuels vraiment très laid m’ont fait sortir du film c’est aussi pour cela que je ne peux pas l’apprécier davantage. Je retiendrais donc que ce n’est finalement pas la catastrophe qui m’était resté en tête et même si j’ai de la frustration, il y a quand même du bon dans ce long métrage.

3/5 (Bien)

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4 réflexions sur “L’Exorciste : Au commencement

  1. Je l’avais oublié, lui. Après avoir lu ton billet, je me rappelle que je l’ai vu à sa sortie en dvd et que je l’avais trouvé franchement moyen. Beaucoup d’ennui. Peut-être qu’une seconde vision sera mieux, car j’ai fait comme toi pour le premier film « L’Exorciste », je l’avais trouvé bof lors de mon premier visionnage, et puis je l’ai trouvé très bien lors du second.

    Aimé par 1 personne

    1. J’en gardais vraiment un mauvais souvenir de mon visionnage en salles. J’ai donc été agréablement surpris de mieux l’apprécier et surpris aussi de retrouver pas mal de scènes (notamment avec des enfants) assez fortes je trouve dans ce récit pourtant classique dans l’univers de l’exorcisme.

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    1. Je n’ai jamais rien eu contre les remakes. Comme je dis toujours, au mieux, on a le droit à une relecture ou une autre vision intéressante ou plaisante (voir même qui surpasse l’original dans de rares cas). Au pire, cela donne envie de revoir le film d’origine voir même de le remettre en avant dans le cadre de ressorties ou de diffusion à la télévision 😉 .

      Là, que l’on aime ou pas, on est pas vraiment dans le remake mais dans le prequel, il s’inscrit dans la suite du premier film. Il n’égale bien évidemment pas le chef d’œuvre de Friedkin, j’ai eu beaucoup de mal la première fois mais cette fois-ci, j’ai été surpris de le voir bien passer.

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