Bronco Apache

bronco-apacheBronco Apache (Apache). 1 heure 31. États-Unis. Western. Sortie en France le 22 décembre 1954 (le 9 juillet 1954 aux États-Unis). Réalisé par Robert Aldrich avec Burt Lancaster, Jean Peters, John McIntire, Charles Bronson, John Dehner, Ian MacDonald, Walter Sande, Morris Ankrum, Paul Guilfoyle, Monte Blue, Paul E. Burns…

Après des années de batailles sanglantes contre les colons de la frontière américaine, le chef Apache Geronimo est contraint de se soumettre à une défaite humiliante. Mais son guerrier le plus puissant, Massai, refuse d’abandonner le combat. Bravant tous les dangers, il continue la bataille contre la cavalerie américaine avec force et détermination.

« J’ai connu Geronimo et Cochise à cet âge-là. Il est de la même trempe qu’eux. Un Apache indompté. »

Il y a quelques mois, j’avais eu l’occasion de découvrir en salles « Fureur Apache » (je remettrais mon avis ici quand je l’aurais revu). Du coup, bien que les films ne se relient pas entre eux (si on enlève le tandem Lancaster – Aldrich qui brouille bien les choses), quand je me suis mis à faire mon cycle consacré aux westerns, j’ai eu envie de découvrir « Bronco Apache », ce qui est maintenant chose faite.

Sur le papier, l’idée de faire un film « pro-indien » à cette époque me plait. Je trouve ça intéressant et c’est vrai que pour quelqu’un comme moi qui n’y connais pas grand-chose, je trouve que le point de vue à tout pour plaire. Et ce fut le cas. Le scénario écrit par James R. Webb d’après le roman « Bronco Apache » de Paul Wellman a réussi à me captiver.

L’esclavage de l’indien que l’on force à avoir la culture des colons, son passé qu’on ne peut pas renier tout comme ses origines, la nostalgie de la guerre pour certains guerriers indiens et/ou colons, le regard de la société sur l’étranger… sont autant d’éléments que le film aborde et qui m’ont plu. Malheureusement, je trouve regrettable que tout ceci ait été fait un peu en surface.

Si l’on enlève la scène du départ en train puis celle de Saint Louis, je trouve que le film part ensuite très vite dans le western plus classique entre le méchant blanc colonisateur et le sanglant indien. Méchant ? Sanglant ? Il est bien là le problème. Cela m’a ennuyé de n’éprouver quasiment aucune sympathie pour les différents protagonistes. J’aurais aimé dans mes émotions choisir un camp mais les deux côtés montrent une facette assez détestable.

Pour un film pro-indien, j’aurais voulu apprécier Massai mais je n’y arrive pas. On va être honnête, ça vient aussi de la façon dont on nous dépeint sa culture. C’est sans doute comme ça que c’était, je n’en sais rien, une nouvelle fois je ne maitrise pas le sujet mais même en tant que guerrier, son attrait pour la violence, son traitement vis à vis de la femme tout comme cette façon qu’on les colons a imposé leurs cultures de l’autre côté font que je n’ai jamais réussi à prendre parti.

Du coup, bien que captivant car l’on a envie de savoir comment ça va finir, je suis resté un peu sur ma faim. Le passage à Saint Louis va beaucoup trop vite et le final m’a plus fait sourire qu’autre chose. Trop gentillet et peu crédible (comment se cacher dans si peu de surface d’un champ de maïs qui a à peine poussé ?), sans en dire plus j’aurais aimé que l’on opte pour la vision plus sombre du réalisateur qui a été rejeté à l’époque par les studios.

Dans le rôle-titre, j’ai eu un peu de mal avec Burt Lancaster (Massai) au début. Je trouvais qu’il faisait plus américain qui se déguise que indien véritable. Puis, petit à petit, je me suis quand même laissé prendre au jeu. Charismatique, il habite son personnage et l’acteur finit par me convaincre. Encore une fois, je ne me suis jamais attaché à son personnage mais il remplit bien l’écran.

Dans le rôle de la femme soumise qu’on va parfois nous présenter comme un boulet bonne à mariée, Jean Peters (Nalinle) s’en sort pas trop mal. Heureusement qu’on lui a quand même donné du caractère, cela permet à son rôle de pouvoir exister sans être trop exécrable même si encore une fois, je sens bien que tout ceci n’est pas de mon époque tant je trouve certaine de ses réactions risible.

Pour le reste de la distribution, d’une manière générale tout le monde est au même niveau. J’aurais aimé quand même que l’on exploite davantage Charles Bronson (Hondo) ou Morris Ankrum (Le cherokee) qui aurait pu apporter une autre vision intéressante. Côté colonisateur, John McIntire (Al Sieber) s’en sort bien tandis que John Dehner (Weddle) manque un peu de nuances.

Robert Aldrich est un cinéaste que je connais assez mal. Il ne bénéficie donc pas pour moi de l’aura qu’il peut avoir pour d’autres et pour son troisième long métrage et son premier western, je trouve que c’est pas mal même si je n’ai pas été totalement convaincu. Il y a des plans qui sont vraiment bons (le passage à Saint Louis encore une fois mais aussi le retour de Weddle au fort et la plantation de maïs pour ne citer que ses exemples) et d’autres que j’ai trouvé plus classique.

Après, ça se regarde bien. La durée pas trop longue fait que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer même si j’aurais aimé avoir des passages plus développé. Le film possède sa propre identité et il n’y a rien qui m’a choqué même si j’ai moyennement été convaincu par les maquillages et les costumes des indiens.

La photographie est agréable, n sent bien que l’on est dans un film des années 50 et cela lui donne même un peu de charmes. J’ai apprécié sinon les différents paysages, j’ai aimé le fait qu’ils soient variés même si l’on a tendance à faire un peu de surplace au fur et à mesure que cette histoire arrive à son terme. La musique de David Raksin colle bien sinon sans pour autant marquer mon esprit.

Pour résumer, « Bronco Apache » est un bon petit western. Avec son statut de film « pro-indien », il avait tout pour me mettre une claque mais malheureusement, il n’en n’est rien. Je ne regrette cependant pas mon visionnage mais je garde quand même un soupçon de frustration (la faute sans doute à une époque et/ou une culture que je connais mal). Je n’ai jamais eu de véritables empathies pour les personnages, j’ai juste vu un western parmi tant d’autres qui ne me marquera pas plus que ça je pense.

3/5 (Bien)

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