Fureur Apache

fureur-apacheFureur Apache (Ulzana’s Raid). 1 heure 45. États-Unis. Western. Sortie en France le 2 août 1973 (le 18 octobre 1972 aux États-Unis). Réalisé par Robert Aldrich avec Burt Lancaster, Bruce Davidson, Joaquin Martinez, Jorge Luke, Richard Jaeckel, Lloyd Bochner, Karl Swenson, Douglass Watson, Dran Hamilton, John Pearce, Gladys Holland, Margaret Fairchild…

Maltraité dans sa réserve, le chef apache Ulzana s’échappe avec un groupe de guerriers. Un peloton de la cavalerie américaine est lancé à leur poursuite, commandé par le tout jeune lieutenant DeBuin. L’éclaireur McIntosh est rattaché au groupe, secondé par un pisteur apache.

« -Savez vous ce que le Général Sheridan a dit sur cet état, Lieutenant ?
– Non Monsieur.
– « Si je détenais l’Enfer et l’Arizona, je vivrais en Enfer et je louerais l’Arizona. »
– C’était le Texas, je crois, Monsieur.
– Possible, mais il pensait à l’Arizona. »

Avis écrit le 2 mars 2014.

J’aime tous les genres de cinéma, je ne me ferme à aucune expérience cinématographique. Pourtant, force est de reconnaître qu’il y a des genres que j’affectionne plus que d’autres et sans que j’arrive vraiment à savoir pourquoi, je ne peux que constater que je m’y connais que trop peu en western, genre que j’ai longtemps boudé avant de me réconcilier avec. Du coup, lorsque j’ai vu qu’un cinéma à côté de chez moi passé « Fureur Apache », un western dont j’avais jamais entendu parler, le plaisir de découvrir une nouvelle aventure sur grand écran s’est fait ressentir et je n’ai pas hésité longtemps avant de vouloir tenter l’expérience.

Résultat, je ne sais vraiment pas pourquoi je boudais les westerns (peut être un gavage étant petit avec mon père qui ne regardait que ça alors que je n’étais pas encore trop cinéphile…) car une nouvelle fois je me suis bien amusé et je ne regrette pas d’avoir fait le déplacement. J’ai même trouvé ce scénario écrit par Alan Sharp très intéressant.

Novice dans le genre, je ne suis pas habitué à voir les indiens jouaient le rôle des méchants. En ça, le traitement fait ici est assez original à mes yeux. Ça me donne même envie de découvrir « Bronco Apache », film du même réalisateur avec le même acteur principal tourné 18 ans plus tôt, qui apparemment reprend le même contexte historique mais avec cette fois ci des indiens avec une meilleure image.

Car là ce qui m’as surpris, c’est la brutalité avec laquelle on nous dépeints les indiens, des êtres tout à fait détestable que les tuniques bleues ont toute les raisons de vouloir tuer. C’est sans concession, c’est brutal et même si à l’écran l’action n’est pas toujours au rendez-vous, la violence est telle que la tension se fait ressentir et que j’ai été pris dans cette chasse du début jusqu’à la fin.

Après, c’est vrai que j’aurais quand même aimé avoir quelques nuances pour les indiens, qu’on nous les montre avec différents visages et pas juste celui de la brute sanguinaire. On tente bien d’équilibrer la balance avec le personnage de Ke-Ni-Tay mais c’est insuffisant malheureusement pour qu’on éprouve de l’empathie pour les indiens ce que je regrette.

En revanche, bien que je ne sois pas fan de religion au cinéma, j’ai beaucoup aimé l’aspect chrétien qu’on a voulu donner au Lieutenant DeBuin. C’est parfois un peu prévisible mais ça apporte des réflexions assez intéressante je trouve sur ce que l’on peut juger de Bien ou de Mal. Entre les deux camps, le personnage de McIntosh permet de bien doser les extrêmes des deux côtés et d’apporter une vision un peu plus neutre que j’ai bien aimé aussi. L’ensemble tient en tout cas jusqu’à son final, un final très violent également même si pour certains personnages j’aurais aimé un peu plus de finesse mais je n’en dis pas plus pour ne pas spolier.

Au niveau du casting, l’ensemble des acteurs jouent plutôt bien leurs rôles à commencer par Burt Lancaster en McIntosh. Pourtant au début j’avais un peu de mal avec son jeu et son personnage que je trouvais un peu trop clichés mais au fur et à mesure, j’ai finalement vite sympathisé avec lui et appris à aimer ce héros et l’interprétation de son comédien. Ce dernier reste de toute façon assez charismatique. Il n’a pas trop la gueule du héros que j’aime retrouver sans que je ne puisse l’expliquer mais Burt Lancaster fait le job d’une bonne manière même si parfois ça manque peut-être d’un peu de nuance.

Face à lui, j’ai beaucoup aimé aussi Bruce Davidson en Lieutenant Harry Garnett DeBuin. Personnage très complexe, je trouve que le comédien a su l’interprété de très bonne manière. On ressent de la légèreté chez lui marquant l’inexpérience de son personnage mais en même temps on sent son évolution et les questions qui le travaille. J’ai bien aimé aussi le fait que par moment, on ait du mal en tant que spectateur à savoir si on peut lui faire confiance ou non, l’acteur étant par moment assez complexe et ambiguë dans son regard mais aussi dans sa façon de jouer. Par moment très sympathique et par d’autres parfaites tête à claque, c’est en tout cas un traitement que j’ai bien apprécié.

J’ai trouvé fort sympathique également Richard Jaeckel dans le rôle du Sergent. Existant très bien à l’écran, son grade lui permet d’avoir de l’importance dans le récit tout en étant un peu en retrait quand même. Cependant, j’ai trouvé ses apparitions assez marquantes et c’est vrai que j’ai bien aimé le voir évoluer. D’ailleurs, je me demande si il n’aurait pas été intéressant de creuser un peu plus son personnage, ce dernier semblant avoir une rancœur avec les Apaches et un passé douloureux que l’on aurait pu exploiter un peu plus je pense.

Le reste de la distribution est très bonne aussi en tout cas. J’ai bien aimé les interprétations de ceux incarnant les indiens c’est juste dommage qu’à l’image du scénario, on ne développe pas un peu plus. Ils semblent tous assez lisse de caractère et hormis le statut qu’on leur donne dans cette histoire, il est difficile je trouve de les différencier dans leur caractère, leurs façon de penser etc etc.

Jorge Luke en Ke-Ni-Tay est par exemple très bon et existe bien à l’écran mais on ne va jamais plus loin avec lui. C’est dommage car pourtant il soulève des questions (Pourquoi il n’est pas du côté des Apaches? Pourquoi il se laisse parfois traiter de la sorte sans rien dire ?…). C’est pareil pour Joaquin Martinez en Ulzana, le grand méchant qu’on construit peu à l’écran au final à part pour nous le montrer comme étant un dangereux tueur sanguinaire sans pitié. C’est d’autant plus dommage que foncièrement, même si ce n’est pas transcendant, je n’ai rien contre les acteurs qui les incarnent.

Sinon c’est le premier long métrage il me semble que je vois de Robert Aldrich (même si j’espère découvrir quelques-uns de ses films plus tard). Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et au final même si je ne crie pas au génie, j’ai quand même bien aimé ce que j’ai vu. Je ne crie pas au génie car j’ai parfois eu du mal à être transporté dans cette époque. J’aurais aimé être emballé un peu plus par les décors qui sont pourtant très bon et aussi par la variété des paysages. Les grandes étendues désertiques ont parfois une très grande beauté à l’écran mais j’aurais aimé être plus enthousiaste même si ce n’est qu’une question de ressenti.

Après, ça reste quand même très bon. Je n’ai pas vu le temps passé, la photographie est plutôt belle (bien aidé par une version en salle qui avait l’air d’être restauré il me semble quand je vois le grain à l’image) et les couleurs sont très agréable. Quand je vois un western je recherche une certaine évasion et je dois bien reconnaître que je l’ai eu.

De même, le montage est efficace. C’est fluide et dynamique avec un certain sens du rythme même lorsqu’il ne se passe pas grand-chose à l’écran c’est juste que j’aurais peut être aimé un peu plus de folie dans les différents plans que l’on nous propose même si certain sont quand même plaisant comme le face à face final entre Ulzana et Ke-Ni-Tay ou bien la course poursuite de ce dernier pour rattraper un guetteur pour ne citer que ses passages.

Quant à la bande originale composée par Frank De Vol, je l’ai bien aimé aussi mais tout comme la mise en scène, j’aurais aimé peut être un peu plus de folie, un peu plus de peps pour vraiment dynamité tout ça. Ce n’est pas mauvais attention loin de là mais c’est vrai que je trouve que ça manque de grandes partitions musicales. Ça manque d’un thème fort, d’une identité musicale forte qui nous donne envie de prendre nos colts et de prendre part à l’aventure aussi. Mais bon, là encore c’est juste un détail et ça ne m’as pas empêché de passer un très bon moment.

Pour résumer, je suis allé voir « Fureur Apache » sans trop vraiment à quoi m’attendre et au final, même si je trouve que tout n’est pas parfait, j’ai quand même passé un bon moment devant ce film qui me donne envie de continuer ma plongée dans le western, genre cinématographique que j’aimerais connaître un peu plus. Surpris par la brutalité et la violence de ce récit ainsi que par le parti pris pour le traitement que l’on fait des indiens, le long métrage de Robert Aldrich est en tout cas très intéressant. Il se bonifiera peut être à mes yeux avec le temps et/ou après avoir réussi à voir « Bronco Apache » mais en attendant je ne regrette vraiment pas ma séance et je pourrais revoir ce western avec un très grand plaisir.

Édit du 29 octobre 2016 :

Je viens de revoir « Fureur Apache » dans le cadre de mon cycle consacré au western. Mon avis n’a pas changé. Maintenant que j’ai pu voir « Bronco Apache », effectivement, je me rends compte que le traitement entre ses deux œuvres n’a rien à voir. Ce dernier manque d’ailleurs de consistance alors que là, il y a beaucoup plus de matière à débattre. Toujours très prenant, c’est vraiment la violence et la brutalité physique et psychologique qui marque mon esprit dans ce « Fureur Apache ». Certaines scènes sont vraiment très dures mais je ne regrette pas d’avoir revu ce long métrage.

3.5/5 (Très bien)

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