Revenge (1990)

revengeRevenge. 1 heure 44. États-Unis – Mexique. Drame. Sortie en France le 3 juillet 1991 (le 16 février 1990 aux États-Unis). Réalisé par Tony Scott avec Kevin Costner, Anthony Quinn, Madeleine Stowe, Miguel Ferrer, Tomás Milián, John Leguizamo, Joaquín Martínez, James Gammon, Jesse Corti, Sally Kirkland, Luis De Icaza, Gerardo Zepeda, Edna Bolkan, Claudio Brook…

Le capitaine Cochran célèbre son départ de la ‘Navy’ avec ses anciens compagnons, et reçoit de nombreux cadeaux, entre autre un fusil de chasse d’une grande valeur, accompagné d’un carton d’invitation : le Senior Tiburon, le riche Mexicain qui vient de lui offrir cette arme, l’invite à le rejoindre dans sa splendide résidence. Cochran se rend chez son ami, un vieil homme influent et cruel, et fait par la même occasion la connaissance de l’épouse de ce dernier, la ravissante Mireya… Tombée sous le charme du séduisant capitaine Cochran, Mireya lui fait part de ses sentiments, et Cochran en oublie bien vite les liens d’amitié qui l’unissent à Tiburon pour se jeter dans les bras de sa belle épouse. Mais Tiburon n’est pas dupe : il surprend le couple, et laisse exploser sa colère…

« Je vous fais confiance. Mais quoiqu’il arrive, si vous ne le tuez pas, je le ferai. »

Cela fait un sacré moment maintenant que je voulais le voir ce « Revenge ». J’aime beaucoup le cinéma du regretté Tony Scott, j’apprécie énormément Kevin Costner et l’idée de ce projet me tentait tellement qu’il y a plusieurs mois de cela, je me suis acheté le Blu-ray du film (avec une sacré belle jaquette) en import sans version française mais avec des sous-titres ce qui me convient parfaitement. Il m’a fallu du temps, mais j’ai enfin pu le découvrir.

Et je ne regrette pas du tout mon visionnage. Ce n’est pas véritablement la claque que j’espérais mais le scénario écrit par Jeffrey Alan Fiskin et Jim Harrison, d’après la nouvelle « Revenge » de ce dernier reste très efficace. Pour être totalement honnête, j’ai même eu un peu peur au début. Avec son introduction qui fait fortement pensé à « Top Gun » (Tony Scott oblige) puis la romance assez classique qui s’installe, j’ai eu un peu peur d’avoir un film un peu trop léger.

Le pire, c’est que cela dure bien une quarantaine de minutes… Une quarantaine de minutes où l’on fait connaissance avec nos personnages, que l’on sympathise plus ou moins avec eux et les différents clichés qu’ils peuvent véhiculer. Vient ensuite un film beaucoup plus brutal. Si dans sa romance déjà, le film nous propose une approche avec une dimension fortement érotique qui accroit la tension générale, la violence qui suit est tout aussi marquante.

Alors oui, dans le scénario, j’aurais aimé plus de finesse avec aussi un héros plus badass mais en l’état, j’ai quand même été pris. Je suis resté un peu sur ma faim mais j’ai globalement passé un très bon moment. Malgré ses facilités et ses maladresses, c’est très efficace et il y a quand même plusieurs passages assez forts qui restent mémorable dans la légèreté générale du traitement.

C’est sans doute ça qui est la bonne idée de l’intrigue. La base est très classique. Une amitié un peu improbable mais qui va nous mener à une romance impossible avec beaucoup de passion pour finir sur une vengeance des plus basiques. Mais le scénario parvient à habiller de la meilleure façon qu’il soit son récit d’une tension sexuelle et d’une violence brute qui marque. C’est parfois maladroit mais ça marche.

Devant la caméra, j’ai beaucoup aimé voir Kevin Costner (Michael J. ‘Jay’ Cochran). Charismatique, je le savais déjà à l’aise pour toute la partie romance. Pour le côté vengeance, il montre de très bonnes choses c’est aussi pour cela que je regrette un peu qu’on n’ait pas été un peu plus loin. Encore une fois, la violence est là, psychologique et physique, mais en vengeur, l’acteur aurait pu avoir une exploitation plus brutale à mes yeux.

En revanche, je n’ai rien à dire concernant Madeleine Stowe (Mireya Mendez). La comédienne est sublime et l’on ressent vraiment la passion que l’on peut éprouver pour elle. D’abord un peu ambiguë (on ne la cerne pas bien tout de suite dans ses motivations), tout comme le héros on va se laisser appâter avant d’avoir mal pour elle. L’actrice joue le jeu à fond et c’est presque dommage que vers la fin, on ne l’exploite plus trop.

Dans le rôle du gros méchant de service qui lui est nettement moins ambigu, Anthony Quinn (Tiburon ‘Tibby’ Mendez) fait le job. Son personnage est très cliché, malgré l’amitié qui le lie bizarrement avec notre héros, le gentil militaire américain, on se doute tout de suite qu’il n’est pas propre sur lui mais ça passe. L’acteur est convaincant et malgré un look qui ne le met pas toujours à son avantage à mes yeux, il alterne bien les différentes palettes d’émotions que son personnage doit avoir.

Pour le reste de la distribution, c’est du même acabit. Chacun fait ce que l’on attend de lui, c’est souvent très stéréotypé mais puisque je me suis laissé prendre au jeu, ça ne m’a pas embêté outre mesure. J’ai même bien apprécié retrouver à l’écran Miguel Ferrer (Amador) ainsi que John Leguizamo (Ignacio) même si le duo aurait pu être davantage complémentaire.

Dans sa mise en scène, Tony Scott montre une nouvelle fois tout son talent. Il nous propose un divertissement très efficace mais ne se contente pas de jouer sur cet aspect-là. Son travail est soigné avec une photographie magnifique et un choix dans la lumière que je trouve très bon. Le film doit d’ailleurs beaucoup à la qualité de son travail qui apporte beaucoup d’épaisseur à une intrigue pourtant simpliste.

J’apprécie beaucoup le choix de ses différents cadres et même si l’on reconnait bien la patte du cinéaste, il parvient une nouvelle fois à donner une identité propre à son film (exception faite pour l’ouverture encore une fois qui me rappelle trop « Top Gun » et que je trouve en plus un peu inutile). Visuellement, c’est très bon, c’est brut, ça ne fait pas de concession et j’ai vite adhéré à l’ambiance.

Le montage est lui aussi bien ficelé. Très percutant et efficace malgré un début poussif, on ne s’ennuie jamais réellement. Pour la précision, je n’ai vu que la version director’s cut, la seule version présente sur mon Blu-ray, la version cinéma avec plus de vingt minutes (et pas au goût de Tony Scott apparemment) étant absent de mon support. On joue parfois avec quelques facilités également mais j’ai bien aimé la musique signée Jack Nitzsche.

Pour résumer, il m’aura fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas d’avoir enfin pu voir ce « Revenge ». Un peu trop méconnu dans la filmographie de Tony Scott, ce long métrage mériterait pourtant une mise en avant un peu plus importante malgré ses imperfections. Je reconnais que je m’attendais à quelque chose de plus percutant mais en l’état, c’est quand même pas mal. Une chose est sûre, même si l’on reconnait son travail, Tony Scott avait le don de se renouveler tout en étant efficace et à l’heure actuelle, il continue de me manquer dans mon monde de simple cinéphile amateur. Un film à voir.

3.5/5 (Très bien)

Publicités

4 réflexions sur “Revenge (1990)

  1. Bonjour Vlad, je suis contente de lire un article plutôt positif sur un film que j’avais aimé à l’époque de sa sortie et qui avait été « descendu » par la critique. Madeleine Stowe est bien jollie (elle a complètement disparu des écrans). Bonne fin d’après-midi.

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai lu quelques papiers et c’est vrai que ce film n’a pas forcément bonne presse. C’est dommage. Honnêtement, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus fort et percutant mais en l’état, il reste quand même agréable à voir. Il est aussi intéressant pour son approche de la violence et du sexe à l’écran. Je te rejoins pour Madeleine Stowe, magnifique ici, et que l’on aimerait bien voir un peu plus (même si n la retrouve dans la récente série « Revenge » qui n’a rien a voir avec le film de Tony Scott ^^ ).

      J'aime

    1. Il est assez méconnu. D’une manière générale, j’adore le travail de Costner et Scott pourtant, je n’ai eu connaissance de ce film que très tardivement. D’ailleurs, pour le découvrir, j’ai du me rabattre sur un Blu-ray import sans VF juste avec la VO ou la VOSTF (mais dans sa version director’s cut heureusement ^^). Dans le début de carrière de Tony Scott (que je préfère largement à son frère Ridley), « Revenge » et « Les Prédateurs » ne sont pas souvent mis en avant. C’est dommage car même si ils ont leurs défauts, je trouve ses deux œuvres très intéressante.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s