Inferno

infernoInferno. 2 heures 02. États-Unis. Thriller. Sortie en France le 9 novembre 2016 (le 28 octobre 2016 aux États-Unis). Réalisé par Ron Howard avec Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy, Ben Foster, Sidse Babett Knudsen, Irrfan Khan, Ana Ularu, Ida Darvish, Xavier Laurent, Jon Donahue, Fausto Maria Sciarappa, Cesare Cremonini…

Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…

« L’heure est venue. Notre renaissance est pour aujourd’hui. »

Avis écrit le 12 novembre 2016.

Que ce soit au cinéma ou dans le monde de la littérature, l’univers de Dan Brown me botte plutôt bien. J’ai une préférence à ce jour pour ses romans mais je trouve que malgré leurs imperfections, ses adaptations cinématographiques sont divertissantes. Pourtant, à l’heure actuelle, je n’ai toujours pas eu l’occasion de lire « Inferno », c’est donc avec une certaine hâte et sans savoir à quoi m’attendre que pour une fois, j’ai découvert le film avant le livre.

Peut-être que connaître l’histoire sur papier m’a par le passé aidé à apprécier les films car là, je dois bien avouer qu’en me basant juste sur le film en lui-même, j’ai été un peu déçu par ce « Inferno ». Pourtant, le scénario écrit par David Koepp, d’après l’œuvre de Dan Brown, possède des éléments qui me bottent bien.

Comme auparavant, on retrouve cet univers de symbole à décrypter, de chasses au trésor, de courses contre la montre et son lot de rebondissement dans une ambiance de Dante qui me plait bien. Seulement voilà, cette fois-ci, je n’ai jamais réussi à accrocher. Le résultat est certes toujours divertissant, ça se regarde d’un œil, mais dans les imperfections que peuvent avoir les univers de Dan Brown, je m’attends quand même à quelque chose de plus fort.

Cela partait bien avec cette histoire d’amnésie sous fond d’apocalypse à venir mais j’ai très vite décroché. La recherche de symbole à décrypter (le gros point fort de la saga) passe beaucoup trop à la trappe, le thème de la surpopulation est super intéressant mais très mal exploité (on ne creuse jamais le sujet) mais surtout, à aucun moment on croit aux différents rebondissements.

Dès le début, on devine qui va retourner sa veste, qui ne joue pas cartes sur table et tout de suite, cela détruit toute forme de suspense. L’humour y est aussi moins présent, c’est dommage car cela apporte dans les précédents volets une petite fraicheur que je trouve agréable même si l’on a en contrepartie, un monde cauchemardesque à travers des visions qui installe un semblant de tension.

Au final, ce récit ne fait qu’aller du point A au point Z dans un chemin tracé sans surprises et sans exploiter son univers. Je verrais bien quand je lirais le livre mais de ce que l’on m’a raconté, le roman de Dan Brown creuse davantage ses sujets et je l’espère car sinon ma lecture va s’avérer ennuyeuse.

Tout n’est pas mauvais non plus. Je l’ai déjà vu plus inspiré mais Tom Hanks (Robert Langdon) semble reprendre son personnage avec un certain plaisir. Ce rôle lui va bien je trouve. L’acteur parvient à lui donner de l’ampleur ce qui fait qu’on oublie assez vite qu’à la base, c’est un simple professeur. J’ai vraiment apprécié de le retrouver.

Côté bon point, j’ai aussi bien aimé Ben Foster (Bertrand Zobrist). Son personnage n’est clairement pas assez exploité et la vision de ce dernier aurait mérité un traitement plus approfondi mais le comédien convainc. Quand il raconte sa thèse, sans y adhérer, j’ai envie de le croire. Cela fonctionne et c’est aussi cela qui le rend si angoissant. Charismatique, j’aurais vraiment aimé qu’on aille plus loin avec lui.

J’ai également bien apprécié Sidse Babett Knudsen (Le Docteur Elizabeth Sinskey). Ne regardant pas la série télévisée « Borgen, une femme au pouvoir », je ne fais la connaissance de cette actrice que cette année (prochainement, je comptais découvrir la série « Westworld » et le film « La fille de Brest » me tente beaucoup) mais j’aime beaucoup ce qu’elle me montre ici. On développe son rôle un peu tardivement dans le récit mais il y a de bonnes choses qui me donne envie d’en voir davantage.

Il arrive un peu tard aussi, tout le bavardage autour de l’organisation de son personnage me parait brouillon et souvent ennuyeux, mais j’ai aimé voir à l’écran Irrfan Khan (Harry Simms). L’acteur à une sacrée classe et à chaque fois que je le vois, je trouve qu’il dégage une aura qui me plait bien et qui nous transporte dans son rôle. Là, ça manque un peu de finesse mais sa présence m’a plu.

Pour le reste de la distribution, je suis davantage mitigé. Felicity Jones (Le Docteur Sienna Brooks) manque de profondeur, je n’ai jamais été pris par sa prestation que je trouve beaucoup trop légère. J’ai de la sympathie pour Omar Sy (Christophe Bouchard) mais dans le cliché de son rôle, il en fait beaucoup trop ce qui n’aide pas en termes de crédibilité. Je salue en tout cas sa percée à Hollywood et j’espère que ça va continuer car tout n’est pas à jeter. Quant à Ana Ularu (Vayentha), c’est bien simple, je l’ai trouvé fade et extrêmement transparente. De tout ce casting, c’est sans doute son personnage et son jeu que j’ai trouvé le plus risible malheureusement…

Que l’on aime ou pas la franchise consacré à Robert Langdon, Ron Howard a au moins le mérite à travers ses trois films de rester cohérent tout en apportant à chaque volet sa propre identité. Visuellement, on sait dans quel type d’aventure on se trouve à chaque fois mais avec une photographie et une exploitation de la lumière bien particulière, chaque volet possède sa propre âme et ça, j’aime beaucoup.

Maintenant, si j’ai moins accroché à cet opus, c’est quand même à cause de la mise en scène de Ron Howard. J’ai aimé son travail sur les deux précédents volets. Ici, sa vision apocalyptique et les couleurs à l’écran me plaisent bien mais à côté de ça, j’ai trouvé que les différents cadres étaient beaucoup trop brouillons.

Alors oui, si il veut nous faire sentir le mal de crâne que subit Robert Langdon à travers son amnésie, c’est ce qu’il fallait faire mais durant tout un long métrage, le sentiment d’avoir à faire à un film épileptique est assez détestable. De nombreux passages sont illisibles, c’est souvent assez désagréable et cela a même pris chez moi le dessus sur l’intrigue.

Si je pardonne cet effet de style au début qui peut tenter de nous brouiller l’esprit et nous laisser dans le brouillard comme le personnage principal, très vite, cela m’a ennuyé surtout que comme je le dis plus haut, l’intrigue s’avère vite sans surprises et de notre côté, le brouillard sur la suite des événements s’est vite dissipé.

Après, il y a quand même quelques bonnes choses. Les décors m’ont plu et à l’exception de la fin, si on enlève la réalisation parkinsonienne, les couleurs chaudes sont agréables. L’Apocalypse rêvé de Langdon montre aussi des choses plaisantes. Quant à la bande originale composée par Hans Zimmer, si on enlève le thème phare que je trouve toujours agréable, pour le reste c’est comme le scénario à savoir sans surprises même si ça fait le job.

Pour résumer, je ne vais pas parler de déception mais « Inferno » n’est clairement pas le film que j’espérais alors que je faisais partie de ceux qui avait apprécier les deux précédentes aventures. Je ne sais pas si le fait, contrairement aux autres films, de ne pas avoir lu le roman d’origine avant à jouer ou non mais là, je suis resté sur ma faim. Le scénario est prévisible, creuse peu son sujet, exploite peu son univers, les acteurs font le minimum (pour ceux qui sont un tantinet crédible) et la mise en scène chaotique donne la nausée. Ce n’est pas catastrophique, je pourrais le revoir du coin de l’œil mais cela reste le volet le plus faible de la franchise à ce jour pour moi. J’espère vraiment qu’ils ne vont pas finir là-dessus et qu’on aura le droit un jour à une adaptation du livre « Le symbole perdu » (que j’ai lu pour le coup et beaucoup aimé) pour ne pas finir sur cette note qui n’est pas à la hauteur de mes attentes…

2.5/5 (Moyen)

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10 réflexions sur “Inferno

    1. Pour ma part, c’est l’inverse. J’ai une préférence pour le deuxième film comparé au premier et c’est le même ordre de préférence pour les romans. Le film « Inferno » se situe après ses deux films dans mon ressenti 😉

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    1. Je ne crie pas à la catastrophe non plus. Cela reste divertissant et je pourrais le revoir quand je me referais les deux premiers c’est juste qu’il me laisse un peu sur ma faim. Je trouve qu’il y a pas mal d’éléments qui aurait mérité d’être mieux développé. Quant à la réalisation, j’ai eu beaucoup de mal cette fois-ci…

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    1. De rien. C’est divertissant mais je suis quand même clairement resté sur ma faim. J’aurais vraiment aimé avoir plus, que l’univers de Dante soit davantage exploité tout comme le thème de la surpopulation. Sympathique mais moins fun que les deux précédents volets à mes yeux 😉

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  1. Me re-voilà ! J’ai vu le film cette semaine et j’ai passé un bon moment devant. Je l’ai préféré au second opus (mais le 1er reste mon favori). Bon, je me doutais de certains retournements de situations, surtout par rapport à des personnages qui se font passer pour « gentil » au début. Mais…film bien rythmé et agréable à suivre, cette course-poursuite m’a conquise.

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    1. Pour ma part, je préfère « Anges et démons » suivi de « Da Vinci Code » puis ce « Inferno ». Il y a pleins de choses que j’aime bien et en matière de divertissement il fait ce que l’on attend. Maintenant, je regrette plein de choses comme un univers de Dante peu exploité, un thème de la surpopulation traité en surface, des rebondissements peu crédibles (comme tu le dis, on se doute de tout assez vite) et surtout, je regrette que la quête de symbole soit peu présente (et c’est ce qui me fait préféré les deux précédents volets 😉 )

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    1. A confirmer une fois que j’aurais lu le roman mais je pense qu’en bouquin ça fonctionne mieux. Là, la façon de nous présenter l’intrigue et les différents rebondissements est beaucoup trop maladroite à mon sens. Après, ça se laisse quand même regarder 😉

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