Un justicier dans la ville

un-justicier-dans-la-villeUn justicier dans la ville (Death Wish). 1 heure 29. États-Unis. Thriller. Sortie en France le 16 octobre 1974 (le 24 juillet 1974 aux États-Unis). Réalisé par Michael Winner avec Charles Bronson, Vincent Gardenia, Steven Keats, William Redfield, Stuart Margolin, Hope Lange, Kathleen Tolan, Jack Wallace, Jeff Goldblum, Gregory Rozakis,Christopher Logan, Robert Kya-Hill, Cris Gampel…

Paul Kersey est un homme respectable travaillant dans un cabinet d’architectes et vivant avec sa femme, Joanna, et sa fille, Carol. Ancien objecteur de conscience pendant la guerre de Corée, Kersey est pacifiste et a horreur de la violence et des armes à feu. Après avoir passé des vacances ensoleillées avec sa femme, Paul est appelé d’urgence à l’hôpital car celle-ci a été violemment agressée en compagnie de sa fille dans leur appartement par trois voyous. Seule sa fille s’en sort, profondément perturbée par son agression : elle ne parle plus et ne supporte plus qu’on la touche. Paul Kersey devient alors un homme brisé, noyant son chagrin dans son travail, il sait que les agresseurs de sa femme et de sa fille ne seront jamais retrouvés et que la police ne peut rien faire pour lui par manque d’information. Après un voyage d’affaire ayant pour but de le changer d’air, Kersey se voit offrir un revolver en guise de remerciement. Après avoir revu des photos de sa femme, Kersey se munit de son arme et décide de faire la seule chose qui pourrait le soulager. Il parcourt les rues, les parkings, le métro, afin d’attirer et de tuer tous les voyous qu’il rencontre et qui veulent l’agresser la nuit tombée…. La presse le nomme alors « Le Justicier »…. L’inspecteur Frank Ochoa, chargé de l’affaire, le prend en chasse.

Avis écrit le 27 novembre 2016.

Bien qu’il possède une certaine aura dans le genre du vigilante movie, je n’avais jamais vu avant ce jour « Un justicier dans la ville ». Je savais de quoi ça parlait, j’étais déjà tombé sur quelques plans de ce long métrage mais je n’avais jamais pris le temps de le visionner avant aujourd’hui. Il avait dans mon esprit une image de film un peu « vieillot » qui me faisait peur.

C’est peut-être le temps qu’il m’a fallu pour le voir qui joue en sa défaveur mais au final, je suis quand même resté un peu sur ma faim. Le scénario écrit par Wendell Mayes, d’après le roman éponyme de Brian Garfield, n’est pas inintéressant mais j’avoue que je m’attendais à un peu plus de peps. Si dans sa construction, on prend bien son temps pour nous placer l’intrigue, je regrette qu’il faille attendre une bonne heure avant de voir le rythme prendre un peu plus d’ampleur.

Avant cela, il y a un portrait de la société qui est envahi par la violence et l’injustice que j’ai malgré tout bien aimé. Trouvant le bon équilibre, on n’arrive jamais réellement à savoir s’il faut prendre ce film au premier degré ou non. Je veux bien croire en tout cas qu’il n’ait pas laissé indifférent à son époque même si maintenant, il peut prêter à sourire.

Si je n’ai pas été véritablement surpris par cette intrigue (on devine très vite ce que le personnage va devenir et comment ça va finir), je dois quand même admettre que cette dernière fascine. J’ai su rester captivé de bout en bout et même si il y a des facilités, j’ai vraiment apprécié voir l’évolution de cet anti-héros dans sa croisade et le regard que ses actes peuvent avoir sur la société que ce soit à travers le citoyen lambda, la police ou les médias.

A l’écran, Charles Bronson (Paul Kersey) porte le film sur ses épaules. Charismatique, il s’impose assez facilement dans ce registre même si je dois avouer que je ne suis pas un grand fan de cet acteur. Physiquement il en impose mais j’ai toujours eu du mal avec lui. C’est peut-être sa petite moustache, je n’en sais rien, mais je l’associe souvent à un grand-père (qu’il ne faut pas chercher certes) et ça me bloque dans l’action. Maintenant, il fait le boulot et encore une fois, si j’ai un blocage avec son visage qui reste pourtant une gueule de cinéma, cela n’enlève en rien la réussite de son travail.

Prenant de plus en plus de consistance au fil du film, Charles Bronson a tendance à éclipser un peu le reste de la distribution. Peu de monde réussi à tirer son épingle du jeu. La vraie star, c’est Paul Kersey en justicier, tout le reste est anecdotique. Vers la fin, j’ai quand même apprécié Vincent Gardenia (Frank Ochoa) qui propose de très bons échanges avec Charles Bronson. Il y a un jeu de face à face que l’on aurait pu creuser davantage à mon sens. Steven Keats (Jack Toby) est celui qui m’a le moins convaincu tandis que cela m’a fait « sourire » (entre guillemet car la scène est dure) de voir Jeff Goldblum (Un voyou), un acteur que j’aime beaucoup, dans son premier rôle au cinéma.

Si le film réussit à marquer les esprits, au-delà de la prestation de Charles Bronson, c’est aussi grâce à la réalisation de Michael Winner. Ce dernier nous offre un univers assez brutal, assez sombre. Il y a dans son long métrage un aspect qui fait que l’on suit cette histoire comme un divertissement et en même temps, il y a dans le ton une certaine noirceur qui frôle le premier degré qui peut faire peur.

Il parvient grâce à son sous-texte à ouvrir le débat sur la violence qui nous entoure tout en restant dans le cadre du cinéma avec des plans très ancrés dans son époque. On ressent bien les années 70 dans ce film que ce soit à travers les décors, la photographie ou encore les différents costumes. Cette mise en scène possède d’ailleurs un petit côté old school qui donne un certain charme à cette œuvre.

Sans jamais être trop tape à l’œil ou faire dans le voyeurisme gratuit, Michael Winner impose la brutalité de son film. La scène de l’agression de Joanna Kersey qui fera naître notre justicier m’a par exemple glacé le sang tant je la trouve, aujourd’hui encore, assez terrible. Le plan final qui clôture le film (et annonce les suites) est lui aussi assez fort dans sa symbolique. La musique de Herbie Hancock, très années 70 également, accompagne bien l’ensemble sinon.

Pour résumer, je ne regrette pas d’avoir enfin pu voir « Un justicier dans la ville ». Certes, je m’attendais à quelques chose de plus dynamique dans son rythme et de plus expéditif mais cette vision de la violence et de la brutalité que nous propose Michael Winner est loin d’être dénué d’intérêt. Si je ne suis pas un grand fan du comédien, Charles Bronson y est parfait et dans l’ensemble, j’ai quand même été pris en haleine par cette histoire au point d’être curieux de voir les différentes suites.

3.5/5 (Très bien)

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