Le justicier de New-York

le-justicier-de-new-yorkLe justicier de New-York (Death Wish 3). 1 heure 32. États-Unis. Action. Sortie en France le 5 mars 1986 (le 1er novembre 1985 aux États-Unis). Réalisé par Michael Winner avec Charles Bronson, Ed Lauter, Gavan O’Herlihy, Martin Balsam, Kirk Taylor, Deborah Raffin, Tony Spiridakis, Ricco Ross, Alex Winter, David Crean, Joe Gonzalez, Leo Kharibian, Hana Maria Pravda, John Gabriel…

Décidé à se ranger, Paul Kersey arrive à New-York pour rendre visite à son ami Charley. Mais les retrouvailles sont de courte durée : Kersey arrive juste à temps pour recueillir les dernières paroles de Charley, attaqué par des voyous. Arrêté par la police, Kersey n’a aucune difficulté à s’identifier mais de lourdes présomptions de culpabilité continuent de peser sur lui. Une fois relâché, Kersey accepte d’aider la police à nettoyer le quartier des délinquants, des gangsters et des drogués.

« – On a entendu tirer. Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Je leur ai envoyé un message ! »

Avis écrit le 7 décembre 2016.

Alors que je découvre les aventures de ce justicier mythique assez tardivement, je me suis dit, quitte à me lancer dans l’aventure, autant le faire à fond. C’est ainsi qu’après les deux premiers films que j’avais déjà en dvd, je me suis décidé à me procurer les autres opus et que je me suis mis à voir « Le justicier de New-York », troisième aventure de Paul Kersey.

Très vite, le ton est donné et il nous faut peu de temps pour voir que la Cannon est passé par là. Après un premier volet prometteur et un second un peu plus maladroit dans son équilibre, ce troisième volet a pour objectif d’y aller à fond. Le scénario écrit par Don Jakoby, d’après l’œuvre de Brian Garfield, assume totalement son côté vigilante movie sans chercher à faire dans la dentelle.

Du coup, on se retrouve en présence d’une histoire caricaturale qui joue avec tous les stéréotypes que l’on peut imaginer et avec une absence totale de profondeur dans ce récit. On aurait pu approfondir le thème du manque de moyen de la justice ou de la difficulté dans des quartiers sensibles mais le film préfère jouer la carte du divertissement brut.

Alors oui, c’est loin d’être fin. Niveau réalisme on repassera, ce n’est pas crédible pour un sou et c’est bourré d’incohérences et de facilités. Cependant, qu’est-ce que c’est jouissif. En condition et pour les amateurs de nanars, il y a là de quoi passer une bonne soirée avec des situations et des répliques sympathique jusqu’à son final, véritable guérilla urbaine, qui j’avoue m’a énormément fait rire.

Quand Charles Bronson (Paul Kersey) reprend son personnage, on a le droit à un papy fait de la résistance qui n’est pas pour me déplaire. Je serais presque prêt à l’apprécier un peu plus tant il en fait des tonnes et que cela fonctionne dans ce spectacle. Toujours aussi charismatique, comme pour le scénario il n’est jamais crédible mais avec son aura, il tient le film sur ses épaules et incarne à merveille ce justicier enfin débarrassé de toutes contraintes.

A ses côtés, le reste de la distribution est moins imposante mais certains tire quand même leurs épingles du jeu à l’image de Gavan O’Herlihy (Fraker) au look totalement improbable. Plus risible qu’autre chose, comme le reste de sa bande il fait plus sourire qu’autre chose dans sa caricature mais l’acteur mène bien sa barque dans ce délire.

Ed Lauter (Richard Shriker) fait lui-aussi parti de ceux qui m’ont amusé. Son rôle de flic, on n’y croit pas. L’ascendant qu’il veut avoir sur Paul Kersey, on n’y croit pas. Dans l’action, on y croit… Bref, on y croit jamais mais le sourire est là et dans ce genre de film, je trouve ça assez fun ce genre de personnage qui réussisse malgré tout à faire leur trou.

Deborah Raffin (Kathryn Davis) a de son côté un simple rôle de faire-valoir. Sa présence dans ce récit n’a aucune justification (si ce n’est nous poser au moins une scène lourde en émotion pour notre héros histoire de dire) mais est-ce que l’on en attend vraiment plus dans ce genre de film ? Même chose pour Kirk Taylor (Giggler) où le reste des voyous qui sont pas vraiment bien exploité tandis que les habitants du quartier auront leur moment de gloire. Au passage, parmi ses derniers, j’ai eu une certaine tendresse pour Martin Balsam (Bennett).

Ce qui est drôle pour l’instant avec cette franchise, c’est que Michael Winner repasse une troisième fois derrière la caméra et qu’il nous montre une troisième vision de son héros. Quand on voit les trois films à la suite, on peut éprouver des difficultés à voir des liens dans la réalisation. Cette fois-ci, le cinéaste est en roue libre.

Il se fait plaisir dans sa mise en scène sans se soucier du détail. Le film respire le studio tandis que tous les angles de vues sont fait pour tenter de rendre le personnage de Paul Kersey héroïque et marquant les esprits. Et c’est peut-être là que ce troisième film réussi à nous impressionner. Il possède une imagerie assez forte qui ne peut faire que sourire. Il suffit de voir l’affiche française. Papy Bronson avec une mitraillette ça envoie du lourd mais dites-vous que dans le film, l’effet est décuplé avec une armurerie qui envoie du rêve.

Ce qui me fait sourire et m’a aussi fait passé un bon moment, c’est cette ambiance très années 80 que l’on ressent même dans la caricature avec ses looks extravagants (et je ne parle pas des maquillages) ou dans ses décors qui sentent bon le plaisir coupable du film que l’on aurait aimé voir en VHS. Que dire aussi de la bande originale composée par Jimmy Page et Mike Moran qui a également son petit côté jouissif à mes oreilles.

Pour résumer, avec « Le justicier de New-York », le personnage de Paul Kersey semble avoir franchi un cap où il lui sera difficile de revenir en arrière. Délire foutraque bourrés de facilité et peu crédible, ce long métrage se déguste comme un bon nanar décomplexé à voir sans prise de tête. Sans aucune finesse et avec un final que je trouve grandiose, il y a de quoi passer un bon moment quand on est en condition. Impossible de prendre ce film au sérieux. Il aurait été intéressant de voir cette franchise avec un peu plus de délicatesse, il y avait matière à aborder de très bon thème mais en l’état, la direction choisie me fait sourire, je ne vais donc pas bouder mon plaisir.

3.5/5 (Très bien)

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