Les Visiteurs

les-visiteursLes Visiteurs. 1 heure 43. France. Comédie. Sortie en France le 27 janvier 1993. Réalisé par Jean-Marie Poiré avec Jean Reno, Christian Clavier, Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel, Christian Bujeau, Gérard Séty, Isabelle Nanty, Didier Bénureau, Jean-Paul Muel, Didier Pain, Arièle Semenoff, Pierre Vial, Michel Peyrelon, François Lalande…

En 1123, pour avoir sauvé la vie du roi de France Louis VI, dit « le Gros », le comte Godefroy de Montmirail, dit « le Hardi », se voit promettre en épousailles Frénégonde de Pouille, la fillotte du duc Fulbert de Pouille. Alors que Godefroy fait route vers le château de sa promise, une sorcière lui fait absorber un breuvage à son insu. Ce dernier donne des hallucinations au comte, au point de lui faire assassiner, par erreur, son futur beau-père, qu’il a pris pour un ours. Afin de réparer sa faute, Godefroy demande conseil au mage Eusæbius, qui lui concocte une potion afin de le renvoyer dans le passé, peu de temps avant le drame.
Le mage ayant oublié un ingrédient indispensable à la préparation de la potion, Godefroy et son écuyer Jacquouille la Fripouille se retrouvent propulsés au XXe siècle, en 1992. Tous deux font alors la connaissance de Béatrice de Montmirail, une descendante de Frénégonde, qui est une mère de famille bourgeoise mariée à Jean-Pierre Goulard, un dentiste réputé. Ils font également la connaissance de Jacques-Henri Jacquart, un roturier nouveau riche qui n’est autre que le descendant de Jacquouille et l’actuel propriétaire du château Montmirail.
Godefroy ne cherche alors qu’une chose : retourner dans son époque y réparer son erreur afin de pouvoir épouser Frénégonde.

« – Merci la Gueuse. Tu es un laideron mais tu es bien bonne.
– T’as pas vu ton pif, eh ! Quand tu te mouches, t’as pas l’impression de serrer la main à un pote ? »

Avis écrit le 10 décembre 2016.

Alors que j’ai eu le malheur il y a quelques mois de découvrir en salles la troisième aventure « officiel » de Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille, j’ai eu envie de me replonger dans le premier volet. C’est ainsi que j’ai revu pour la énième fois « Les Visiteurs » sans forcément attendre un nouveau passage à la télévision.

Et je dois dire que j’ai beau avoir vu cette comédie des centaines de fois, je me marre toujours autant devant ce scénario écrit par Jean-Marie Poiré et Christian Clavier. Alors oui, le film est hystérique. Toute les secondes ça hurle, ça crie mais devant tant de situations et de répliques irrésistibles, j’avoue que je continue de me laisser prendre au jeu.

On ne fait pas dans la finesse, c’est gros mais le décalage entre le Moyen-Age et notre temps fonctionne tellement qu’au final, je n’entends plus le « bruit » constant de ses cris. A vrai dire, je trouve même que le film vieillit bien dans le sens où maintenant, il provoque même un troisième décalage avec cette vision des années 90 qui me fait sourire.

Que dire aussi du duo Jean Reno (Le comte Godefroy de Montmirail) – Christian Clavier (Jacquouille / Jacquart). Tandis que le premier nous offre un chevalier assez benêt lorsqu’il sort de son cadre, le second nous offre lui une double interprétation assez sympathique. L’un est toujours assez posé tandis que l’autre est comme à son habitude, une pile électrique devant la caméra. Les deux acteurs ont leurs défauts et leurs qualités mais s’avère complémentaire dans leurs caractères au point qu’on éprouve tout de suite de la sympathie pour leurs égards.

Jouant aussi à fond la carte de la caricature, Valérie Lemercier (Béatrice de Montmirail / Frénégonde de Pouille) se pose au milieu de tout ça avec une folie et une fraicheur que j’aime bien. La comédienne cabotine à fond mais c’est assez jouissif. Son personnage semble tellement déconnecté (de la situation mais de son époque aussi) que cela en devient presque tendre.

Autre personnage féminin fort de cette aventure, Marie-Anne Chazel (Ginette) qui nous met le sourire aux lèvres à chacune de ses apparitions. Elle aussi évolue dans un registre qu’elle connait bien (on peut penser à Zézette épouse X du « Père Noël est une ordure ») avec ce portrait acide très coloré au langage bien fleurie mais tant qu’elle le fait bien, ce n’est pas dérangeant pour moi.

Derrière ce quatuor, le reste de la distribution s’amuse de ses clichés et prend du plaisir devant la caméra. Isabelle Nanty (Fabienne Morlot) fait toujours son petit effet tout comme Didier Bénureau (L’interne Bauvin) qui joue toujours pareil mais dont le style colle avec son rôle. Jean-Paul Muel (Le Maréchal des Logis Gibon) est très drôle lui aussi.

En revanche, j’ai beau apprécier Christian Bujeau (Jean-Pierre), j’aurai bien aimé le voir un peu plus en retrait. Il braille beaucoup trop à mon goût. Certes, c’est une constante dans ce long métrage mais c’est le rôle qui hurle de trop et quand il apparait, le capharnaüm devient presque trop brouillon sans pour autant que cela ne me gâche mon visionnage.

La réalisation de Jean-Marie Poiré est parfaite. Très à l’aise dans la comédie, le cinéaste met bien en scène son film de façon à nous divertir de manière très efficace. Il n’y a pourtant pas de grands plans extraordinaires mais il a su donner une âme à son long métrage afin de lui faire traverser le temps. De nombreux plans sont restés dans l’esprit collectif et il n’est pas étonnant de voir que ce long métrage est devenu une référence tant le succès est encore aujourd’hui au rendez-vous.

Après, je le nie pas, cela a pris un coup de veux visuellement. Je pense que ça devait déjà être le cas à l’époque (ce qui devait accentuer le côté comique) mais on a des effets visuels qui peuvent piquer un peu. C’est parfois grossier mais ça donne en même temps un certain charme et ça colle bien à l’ambiance.

De même, si j’apprécie les différents décors qui colle aux caractères de nos héros (le château de Jacquart fait bien « coincé du cul » tandis que la villa de Béatrice fait faussement « la famille moyenne » ou la petite bicoque pour reprendre ses termes), j’ai beaucoup aimé les costumes. Comme pour le scénario, on est dans la surenchère avec ses écussons, ses couleurs et ses détails comiques (comme le premier plan du film sur les pieds de Godefroy) mais il y a un côté sale qui est bien exploité je trouve.

Le montage est lui aussi bien efficace. C’est très rythmé, il y a pas de temps morts et chaque gags et répliques trouve sa place en nous permettant d’avancer dans le récit. J’ai beau connaitre le film par cœur, je ne m’ennuie jamais à chaque fois que je le vois et je me marre toujours autant. Quant à la bande originale composée par Éric Lévi (qui par la suite fonda Era dont les musiques nous rappellerons toujours ce long métrage), je la trouve pertinente. Les mélanges de style fonctionnent, c’est agréable et cela joue beaucoup sur la tension du film en fonction de l’effet recherché.

Pour résumer, « Les Visiteurs » n’a vraiment pas volé son statut de comédie française culte. C’est typiquement le genre de divertissement familial bien construit, bourré de gags et de répliques, qui fonctionne de bout en bout. Certes, il faut aimer le côté « hystérique » dans l’interprétation qui peut en refroidir quelques-uns mais de mon côté, je m’amuse toujours autant à emprunter les couloirs du temps avec eux. Une excellente comédie que je ne me lasse pas de voir.

5/5 (Approved by Vladdy)

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4 réflexions sur “Les Visiteurs

  1. Et bien, je n’arrive pas à accrocher à cet humour… J’ai tenté de voir le film quelques fois mais je m’arrête toujours au bout de 15 minutes environ. Je sais que beaucoup de personnes adorent ce film mais moi ça passe pas xD

    Aimé par 1 personne

    1. Je peux le comprendre surtout qu’on peut y voir une certaine hystérie. D’ailleurs, les suites me parlant moins, je dois avouer qu’après c’est plus l’hystérie générale qui prend le dessus et c’est pour cela que je n’accroche plus le dernier volet récemment sortie étant vraiment de trop pour moi. Je pense que c’est le décalage entre les deux mondes et ce côté un peu frais qui fait que ça fonctionne pour le premier film. Il y a un côté comédie populaire française qui propose quelque chose de nouveau (du moins je pense) avec des répliques qui font mouche quand on adhère mais bon encore une fois, c’est le genre de délire que je comprends qu’on puisse ne pas aimer.

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