Les Visiteurs en Amérique

les-visiteurs-en-ameriqueLes Visiteurs en Amérique (Just Visiting). 1 heure 35. États-Unis – France. Fantastique – Comédie. Sortie en France le 11 avril 2001 (le 6 avril 2001 aux États-Unis). Réalisé par Jean-Marie Poiré avec Jean Reno, Christian Clavier, Christina Applegate, Matthew Ross, Malcolm McDowell, Tara Reid, Brigdgette Wilson-Sampras, Lorenzo Clemons, John Aylward, George Plimpton, Robert Glenister, Roy Boutcher…

Durant la guerre de cent ans, le duc français Thibault de Malfète s’apprête à épouser Rosaline, la fille du roi de Grande-Bretagne. Cependant, Earl de Warrick a l’intention de s’opposer au mariage. Une sorcière lui a concocté une potion à offrir au duc Thibault.
Celui-ci, ne soupçonnant pas la traîtrise, l’ingurgite. Aussitôt victime d’hallucinations, il tue accidentellement sa bien-aimée. Un geste irréversible qui lui vaut la peine de mort. Le duc Thibault est toutefois sauvé par son fidèle serviteur, André le Pâté, et un enchanteur anglais. Celui-ci leur prépare un breuvage qui leur permettra de remonter le temps et ainsi de pouvoir empêcher la mort de Rosaline. Mais il oublie d’inclure dans la potion un élément crucial et les deux hommes se retrouvent plongés dans les couloirs du temps.
Les deux lascars aboutissent en l’an 2000 à Chicago, dans une chambre reconstruite dans un grand musée à l’occasion d’une exposition sur le Moyen-Âge. Cet événement culturel a été organisé par la conservatrice Julia Malfète qui n’est autre que la descendante de Rosaline et constitue la clé de leur retour chez eux.

« Je m’appelle André Le Pâté et je te pisse dessus ! »

Avis écrit le 20 décembre 2016.

Remake américain des deux premiers opus, « Les Visiteurs en Amérique » était à ce jour le seul film de la franchise que je n’avais pas encore vu. Il faut dire que l’aura qui entoure ce long métrage est loin d’être glorifiant. Souhaitant comme toujours me faire mon propre avis et avec une volonté farouche de me faire l’avocat du Diable, j’ai donc pris mon courage à deux mains et visionné ce film grâce à un récent passage à la télévision.

Malheureusement, en tant qu’avocat du Diable, j’ai du bien vite démissionné. J’ai beau avoir la meilleure volonté au monde, très vite, je n’ai pu que constater le désastre. Le scénario écrit par Jean-Marie Poiré, Christian Clavier, John Hughes et Chris Columbus est juste pathétique. Oui, les Visiteurs n’ont jamais fait dans la finesse mais là, il n’y a vraiment rien de croustillant à savourer.

Pas drôle (je ne suis même pas parvenu à avoir un sourire), le scénario s’avère aussi sans grande originalité. Il ne fait que pomper les deux premier opus de la saga en les adaptant à la sauce américaine mais sans proposer de relecture intéressante. Le public américain semble avoir boudé ce film mais pour le public français, le résultat est juste une pâle copie sans aucun intérêt.

D’une manière générale, je n’ai vraiment rien contre les remakes. Qu’ils soient réussis ou non, ils peuvent apporter quelque chose (comme l’envie de découvrir le film original) mais là, j’ai vraiment du me faire violence pour y trouver un intérêt et rester jusqu’à la fin. Dans son ensemble, je me suis juste ennuyé ce qui est pénible dans une comédie.

Pour autant, je ne désespère pas et ne voulant pas tirer davantage sur l’ambulance, il y a bien quelques points qui font que le film mérite de ne pas être débranché… En fait, il y a deux points seulement… Le premier, c’est le traitement de Jacquouille qui devient André le Pâté (oui je sais…). Ce n’est pas exceptionnel mais dans son final, le film parvient à donner une certaine tendresse à ce personnage. Sa dernière scène avec Thibault est sans doute la seule relecture intéressante de cette adaptation avec ce lien que l’on met entre eux.

Le deuxième et dernier point qui est à mettre au crédit de ce scénario, c’est le côté plus posé de cette aventure. Les gags volent très bas, soit c’est du déjà vu sans saveur, soit c’est du sans saveur tout court mais le remake a eu la très bonne idée de calmer un peu l’hystérie générale que l’on peut associer à cette franchise. Il y a bien quelques réminiscences parfois (notamment avec les gags sur le mot « boss » et l’inconditionnel « Okay ») mais globalement ça crie moins et c’est déjà ça.

A l’écran, le casting est lui aussi peu inspiré. Si l’on retrouve le tandem d’origine à savoir Jean Reno (Thibault, comte de Malfète) et Christian Clavier (André le Pâté), l’âme dans leurs interprétations respectives semble avoir disparu. Jean Reno se contente du strict minimum. Il est un ton en dessous de ce qu’il nous avait déjà montré mais fait quand même juste ce qu’il faut pour rester cohérent dans son armure. Christian Clavier en fait de même. Malgré tout, j’ai quand même senti une réelle envie de bien faire chez ce dernier. Ce n’est pas pour autant que c’est convaincant mais c’est déjà ça de pris.

Pour le reste, c’est très fade. Muriel Robin dans le deuxième film ne parvenait pas à nous faire oublier Valérie Lemercier du premier opus. Christina Applegate (Rosalind / Julia) de son côté ne parvient même pas à marquer nos esprits. Sous exploité, elle est juste présentée comme une simple descendante légère et ce n’est pas à travers ce film que l’on va pouvoir louer ses talents d’actrice.

Matthew Ross (Hunter Cassidy) est lui tout simplement transparent dans sa caricature grossière. L’idée de ne pas en faire qu’un simple époux dépassé (comme pour les films originaux) mais d’en faire un simple enfoiré appâté par le gain n’aide pas non plus à le faire bien exister. Associé à son duo avec Bridgette Wilson-Sampras (Amber), le tout devient même ridicule. Cette dernière se pose d’ailleurs bien là aussi dans la peau de la cruche de service.

Il n’y a vraiment pas grand-chose à retenir de cette distribution. Si à sa première apparition, j’ai été surpris de retrouver ici Tara Reid (Angélique), quelque chose me dit que je serais moins surpris que je ne me souvienne plus de son interprétation très vide. Quant à Malcolm McDowell (L’Enchanteur), il cabotine à l’extrême et ce long métrage fera partie de ses choix de carrière que je trouve non seulement surprenant mais également pas à la hauteur de ses réelles capacités.

Officiellement parce que c’était difficile à prononcer pour le public américain, officieusement parce qu’il renie ce remake, la meilleure idée qu’à eu Jean-Marie Poiré, cela fut de prendre un pseudonyme. Crédité en tant que Jean-Marie Gaubert, le cinéaste n’apporte rien et nous livre un film assez pauvre.

De cette réalisation, j’en tire un constat assez simple : Si les français ne savent pas faire de films « à l’américaine », à quelques exceptions, de même façon en Amérique on ne sait pas faire de films « à la française ». J’aime le cinéma français, j’aime le cinéma américain mais là, le mélange des deux cultures ne fonctionne absolument pas…

Jean-Marie Poiré se contente juste de filmer cette histoire sans aucune identité. Il n’y a aucuns plans véritablement mémorables appelés à marquer les esprits. C’est juste plat avec un montage classique qui ne donne ni rythme, ni passion à l’ensemble. Les différents décors sonnent faux avec leurs airs de cartons tout comme les costumes et les maquillages bien propres. Cela aurait pu donner un peu de charme à cette comédie mais ce n’est pas le cas.

Quant aux effets visuels, c’est juste catastrophique. Il n’y en a pas un que je trouve potable. Je ne dis pas que ça l’était dans les films d’origine mais ça apportait au moins un petit côté kitsch sympathique. Là, c’est juste moche allant même jusqu’à piquer les yeux avec des incrustations que l’on a du mal à imaginer dans les années 2000. Je ferais l’impasse aussi sur la bande originale composée par John Powell qui n’a même pas su exploiter les compositions d’Éric Lévi qui pourtant s’intégrait à merveille dans cet univers.

Pour résumer, il n’y a malheureusement pas eu de miracles pour moi avec « Les Visiteurs en Amérique ». En fait, j’ai trouvé ça si mauvais que je serais même presque prêt à redonner une chance au troisième volet officiel (« Les Visiteurs – La Révolution ») qui remonte un peu dans mon estime dans sa démarche. Ici, l’on est en présence d’un simple film de commande, d’un remake sans aucune originalité et sans âme qui ne fonctionne pas. Il y a bien un ou deux trucs que je retiendrais afin de jouer à fond mon rôle d’avocat du Diable mais c’est bien trop peu pour me convaincre et me donner envie de revoir ce long métrage…

0.5/5 (A oublier)

Publicités

2 réflexions sur “Les Visiteurs en Amérique

    1. J’ai tout dit… sauf le mot « daube » dont je ne suis pas friand mais je reconnais que dans mon avis, l’idée est là :-p . Il aura au moins eu le mérite de me faire un peu remonter dans mon estime « Les Visiteurs- La Révolution » ^^

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s