Carrie au bal du diable

carrie-au-bal-du-diableCarrie au bal du diable (Carrie). 1 heure 38. États-Unis. Épouvante – Drame. Sortie en France le 22 avril 1977 (le 3 novembre 1976 aux États-Unis). Réalisé par Brian De Palma avec Sissy Spacek, Piper Laurie, Amy Irving, Nancy Allen, John Travolta, William Katt, Betty Buckley, P.J. Soles, Priscilla Pointer, Stefan Gierasch, Sydney Lassick, Cameron De Palma, Edie McClurg, Michael Talbott, Doug Cox, Noelle North, Anson Downes…

Tourmentée par une mère névrosée et tyrannique, la vie n’est pas rose pour Carrie. D’autant plus qu’elle est la tête de turc des filles du collège. Elle ne fait que subir et ne peut rendre les coups, jusqu’à ce qu’elle ne se découvre un étrange pouvoir surnaturel.

Avis écrit le 1er janvier 2017.

Cela faisait un petit moment que je voulais revoir « Carrie au bal du Diable ». Je me souviens que la première fois que je l’avais découvert, ce fut à l’époque une vraie claque pour moi tant le film avait su me tenir en haleine. Du coup, même si je possède le dvd, quand j’ai vu qu’il était disponible sur Netflix, je ne me suis pas pris la tête et j’ai relancé le long métrage.

Malgré le fait que je connaisse l’issue finale, j’adore toujours autant ce scénario écrit par Lawrence D. Cohen d’après le premier roman de Stephen King. Bien qu’il joue avec ses longueurs, qu’il prend bien tout son temps pour mettre en place les différents éléments de son intrigue, je reste toujours captivé par ce récit assez poignant.

La violence psychologique que subit Carrie que ce soit à l’école ou au sein de son foyer me touche particulièrement. A chaque fois que je vois ce film, j’ai mal pour elle. Bien que très en retrait de la société qui l’entoure, on ne peut que éprouver de la sympathie pour cette jeune fille sur qui le sort s’acharne. La fameuse scène du bal en est un parfait exemple d’ailleurs, on a envie d’y croire pour elle et c’est aussi pour cela que lorsque le drame arrive dans cette histoire, on retombe d’encore plus haut.

J’aime beaucoup aussi la finesse avec laquelle on va exploiter l’aspect fantastique de cette aventure. Cela va aller crescendo au fur et à mesure que Carrie va découvrir ses pouvoirs et toujours être utilisé avec une certaine intelligence. Au-delà de ça, toute la thématique sur le harcèlement scolaire me touche. J’aime bien aussi la façon dont on nous montre la folie religieuse de la mère ainsi que la dureté dans la transition du passage de l’adolescente à la femme.

Après, les dialogues ont pris un petit coup de vieux. J’ai beau avoir vu ce film en version original (le doublage français décrédibilise un peu cette histoire à mon sens), il y a quand même quelques passages auquel j’ai eu un peu de mal à croire, que j’ai trouvé un peu trop facile. Il s’agit aussi d’une époque qui n’est pas la mienne, cela joue sans doute aussi tout en accentuant un peu ce petit côté kitsch que j’ai pu ressentir.

En tout cas, pour incarner notre héroïne, je trouve que le choix de Sissy Spacek (Carrie White) est excellent. Je ne suis pas spécialement un fan de cette comédienne mais ce rôle restera quand même comme l’un des piliers de sa filmographie. Il faut dire aussi que Sissy Spacek y est très crédible. Il y a dans son regard et dans sa gestuelle, une tendresse et une innocence que j’adore.

Elle apparait en marge de la société et en même temps, on a envie de la protéger. C’est ainsi que la comédienne est excellente dans l’évolution qu’elle apporte à son personnage la faisant passer par plusieurs étapes avec beaucoup de talent. Il suffit d’ailleurs de voir en opposition les deux photos sur l’affiche française pour voir l’étendu du jeu de l’actrice dans son interprétation en étant capable de douceur mais aussi d’une forme de brutalité incroyable.

Piper Laurie (Margaret White) est elle aussi très bonne dans son registre. Avec le temps, son jeu peut sembler un brin risible mais elle nous montre une sorte de fanatisme religieux qui m’a convaincu dans ses excès. Cette mère biologique se montre alors en parfaite opposition avec la mère « spirituelle » et protectrice de Carrie à savoir Betty Buckley (Miss Andrea Collins). Cette dernière est parfois dans la surenchère aussi mais j’ai bien aimé le regard qu’elle peut apporter dans cette histoire.

Pour le reste, on a le droit à une représentation assez typique du lycéen au cinéma dans les années 70. Parmi ceux qui s’en sortent bien, il y à Nancy Allen (Chris Hargenson) qui est parfaite en peste de service caricaturale ainsi que William Katt (Tommy Ross) que j’avais peur de trouver un peu trop transparent et qui au final passe bien.

Parmi ceux que j’ai moins apprécié (même si cela ne m’as pas dérangé plus que cela pendant mon visionnage), il y à John Travolta (Billy Nolan) dans l’un de ses premiers longs métrage qui ne livre pas sa meilleure performance en tant que loubard misogyne. Mais celle qui m’a le moins convaincu reste Amy Irving (Sue Snell) qui n’est pas méchante mais que je trouve un peu trop lisse pour le coup. A noter pour le petit clin d’œil que la mère de cette dernière dans le film, Priscilla Pointer (Charlotte Snell), est la vraie mère dans la vie de l’actrice.

Bien qu’à mon grand regret je n’ai pas vu toute sa filmographie, du peu que j’ai pu voir, j’aime bien le travail de Brian De Palma. C’est encore le cas ici. Si son long métrage possède une bonne ambiance très hitchcockienne, le cinéaste tient son film de bout en bout et nous emmène avec lui. Comme pour le scénario, cela a certes pris un coup de vieux mais ça reste agréable à suivre et toujours aussi prenant.

Il y a plusieurs plans que l’on retrouve assez souvent dans ses films (du moins dans ceux que j’ai pu voir) mais ça ne me dérange pas. Ici, il parvient vraiment à donner une identité et une âme à cette histoire. L’atmosphère y est lourde, pesante et avec un montage bien équilibré, la tension va n’avoir de cesse que d’augmenter.

Très années 70, j’ai bien aimé aussi la photographie ainsi que l’exploitation de la lumière. On joue pas mal sur les flous et la profondeur mais je trouve quand même ça appréciable dans le sens où même lorsqu’il ne se passe pas forcément grand-chose, la pression psychologique que peut ressentir Carrie se voit à l’écran. Il y a une oppression et une peur anxiogène qui est créé à travers cette réalisation.

Les décors me plaisent bien aussi tout comme les looks de l’époque. Je me replonge vraiment dans cette époque agréablement (ou du moins dans la vision idéalisé que je peux en avoir). Quant à la bande originale composée par Pino Donaggio, elle me plait bien également. Parfois, elle possède des sonorités un peu trop guimauve, un peu trop lourde qui accentue le côté kitsch mais c’est bien associé avec d’autres sonorités plus stridente qui appuie sur le drame de la situation. Puisque je parle de la musique, il est important de noter aussi qu’un très bon travail général a été fait sur le son.

Pour résumer, même si ce n’est pas le film que je revois en boucle, j’adore toujours autant revoir « Carrie au bal du diable ». Le long métrage de Brian De Palma vieillit, il sent bon son époque mais il reste néanmoins toujours aussi percutant dans sa violence psychologique. Tout n’est peut-être pas foncièrement parfait mais entre la mise en scène et l’incroyable performance de Sissy Spacek, il n’y a rien vraiment rien d’étonnant à ce que ce film soit devenu un classique tout comme sa fameuse scène finale qui reste encore de nos jours, une référence en la matière. Bref, un grand film qu’il est toujours bon de voir et de revoir.

4.5/5 (Grand Film)

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2 réflexions sur “Carrie au bal du diable

  1. Je l’ai regardé la semaine dernière et j’ai été très déçue .. j’en avais tellement entendu parler comme un film géniallissime .. .. et l’histoire tient en 4 phrases ! Tout est tellement prévisible !

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    1. Je peux comprendre qu’on y adhère pas surtout que la fameuse scène qui fait parler d’elle ne tient surtout que dans son final. De plus, il a un petit côté vieillot qui peut ne pas plaire mais de mon côté, j’aime vraiment beaucoup et le récent remake qui n’en fait qu’une pale copie me fait aimer encore plus le film de De Palma 🙂

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