La planète des singes (1968)

la-planete-des-singes-1968La planète des singes (Planet of the apes). 1 heure 52. États-Unis. Science-fiction. Sortie en France le 25 avril 1968 (le 3 avril 1968 aux États-Unis). Réalisé par Franklin J. Schaffner avec Charlton Heston, Linda Harrison, Kim Hunter, Roddy McDowall, Maurice Evans, Robert Gunner, Jeff Burton, James Whitmore, James Daly, Lou Wagner, Woodrow Parfrey, Buck Kartalian, Wright King, Paul Lambert, Diane Stanley…

Égaré dans l’espace-temps, un engin spatial américain s’écrase en 3978 sur une planète inconnue. Les astronautes Taylor, Landon et Dodge découvrent que les hommes primitifs de cette planète mystérieuse sont placés sous le joug de singes très évolués…

« Ne me touchez pas avec vos sales pattes, maudits singes ! »

Avis écrit le 5 août 2014.

Bien que « La planète des singes » est sans doute l’un des films de science-fiction que j’ai le plus vu et apprécié étant plus jeune, cela faisait un sacré moment que je ne l’avais pas revu pour différentes raisons. Avant de voir le prochain volet en salles, je me suis dit qu’une petite piqûre de rappel dans cette saga pouvait me faire du bien et j’ai donc revu ce premier volet.

Quand je parle de la force de ce film, je parle principalement de son scénario. En effet, magnifiquement bien écris par Michael Wilson, Rod Serling et Pierre Boule d’après l’œuvre de ce dernier, j’ai toujours été captivé par cette histoire que je trouve passionnante. Je n’ai pas lu le roman d’origine donc je ne ferais aucune comparaison mais j’ai toujours été extrêmement surpris avec quelle justesse et quelle finesse l’Homme y est décrit. Sans tomber dans les clichés faciles, on se retrouve face à un portrait peu glorieux de la nature humaine.

Tous les travers de l’Homme sont ici exploités et réutilisés de façon très habile ce qui nous amène en tant que spectateur à être encore plus pris par ce récit qui d’une certaine manière, derrière son côté divertissant, nous glace le dos. Quand on fait un parallèle entre les propos du scénario et notre société actuelle (car malheureusement les propos évoqués dans le film sont toujours d’actualité) on ne peut que constater la justesse de tout ce qui y est décrit.

Bien sûr, on peut trouver le portrait un peu trop alarmiste, trop négatif, pas assez positif mais qu’on le veuille ou non le scénario vise toujours juste. Le fait d’inverser les rôles est aussi une riche idée car malgré tout, aussi compréhensible que soit la réaction de certains singes dans cette histoire, on se rend compte que malgré tout, ce n’est pas parce que l’on se dit civilisé et érudit que l’on détient forcément la sagesse.

Au-delà de ce portrait très sombre de l’Homme, on retrouve une multitude de thème abordé comme la tolérance, le choc des cultures, le racisme, la religion et son pouvoir (avec aussi les dangers que cela peut provoquer quand la science et la foi se croisent), la justice, le traitement de l’animal, la peur de l’autre, la guerre…

On peut chacun à sa façon y trouver son compte et y voir une analyse pertinente. Sans tomber dans la facilité, le récit tient la route et parait extrêmement crédible ce qui fait de ce film de science-fiction, un long métrage d’anticipation qui marque les esprits. De même, alors que la fin aurait pu être bâclé et facile, le scénario nous offre un tout autre rebondissement qui a marqué l’Histoire du cinéma mais aussi tous ceux qui ont vu ce film.

En effet, il est difficile de s’attendre à un tel rebondissement lorsque l’on voit le film pour la première fois et lors des seconds visionnages, le scénario prend alors une toute autre dimension ce qui rend ce long métrage toujours passionnant à suivre même l’effet de surprise passé. Il est quand même dommage je trouve au passage que la jaquette de certains Blu-ray/dvd et certaines affiches en disent un peu trop à mon goût sur ce film mais en tout cas ce scénario fait partie de ceux que je trouve les plus passionnant et dont je ne me lasse jamais.

Au casting, Charlton Heston porte le film sur ses épaules dans la peau de George Taylor. Il y est remarquable et même si par moment j’ai trouvé qu’il surjouait un peu (mais ça ne me choque pas plus que ça car ça correspond assez bien à l’époque du film), son charisme et sa présence à l’écran en fait un parfait héros pour notre récit. Avec ses défauts comme ses qualités, on vit cette histoire à travers lui (en même temps c’est beaucoup plus simple de s’identifier à lui plutôt qu’à un singe) et on s’attache assez rapidement.

Du côté des « Hommes », j’ai beaucoup aimé aussi Linda Harisson en Nova qui malgré son rôle muet dégage pas mal de chose à travers son regard. Elle devient même très attachante et émouvante au fur et à mesure que le film avance. Pour ce qui est de Jeff Burton et Robert Gunner, respectivement Dodge et Landon, on ne les voit pas beaucoup même si ce dernier montre quand même des choses intéressante notamment lors de la traversée du désert.

Du côté des « singes », le travail des différents acteurs est époustouflant. Loin d’être ridicule derrière leurs costumes et leurs maquillages, ils prennent vie de bien belle manière sous nos yeux et parviennent à exister en grande partie grâce à la très bonne interprétation des différents comédiens. Kim Hunter en Docteur Zira apparait ainsi tout de suite très sympathique tout comme Roddy McDowall en Cornelius avec qui on a envie de devenir pote et encore plus avec Buck Kartalian en Julius.

A l’inverse, on ressent bien un côté sadique et angoissant chez Maurice Evans parfait dans le rôle du Docteur Zaius. C’est à travers leurs regards qu’ils vont tous réussir à donner vie à ses singes en leurs faisant passer une multitude d’émotions et de messages qui nous laisse à prouver que la direction d’acteurs est excellente. Sans jamais être risible, ils sont même très charismatique ce qui fait que l’on y croit parfaitement à cette civilisation proche de la nôtre.

Franklin J. Schaffner signe de son côté une mise en scène excellente. Si la scène d’ouverture dans l’espace m’est apparu comme kitsch à souhaits (sans doute l’époque une nouvelle fois), le reste est en revanche très bien réalisé du début (avec un atterrissage catastrophe montrer de façon intelligente) jusqu’à la fin (avec ce plan mythique dont je ne parlerais pas plus). La réalisation est fluide, dynamique, inventive et on a le droit à de très beaux plans avec une bonne exploitation de la lumière.

A aucun moment je n’ai senti le moindre ennui et je trouve même que le film se passe assez vite que ce soit lors de la traversée du désert où lors des nombreuses scènes en cage. Les décors sont d’ailleurs très bien exploités et leurs utilisations s’avèrent justifiés. Bien sûr on ressent encore une fois par moment l’époque le film ne datant pas d’hier mais ce n’est en aucun cas choquant. En dehors de l’excellente prestation de l’ensemble des comédiens jouant les singes, on peut aussi mettre en avant leurs maquillages qui est saisissant de réalisme et qui contribue lui aussi grandement à ne pas rendre ses personnages risibles.

Parfaitement maitrisés et allié avec des costumes bien distinct, on ne se retrouve en aucun cas perdu et on fait très bien la distinction entre les différents singes du récit. J’ai beaucoup aimé les tenues qui ont été utilisés qui je trouve colle bien à cet univers. L’ambiance générale est d’ailleurs très bonne car on est vraiment pris à fond dans ce film sans jamais se sentir déconnecté. Même la bande originale composée par Jerry Goldsmith y est très bonne et si par moment on sent le côté épique de cette aventure à aucun moment la musique ne vient l’étouffer.

Pour résumer, « La planète des singes » est tout simplement un film de science-fiction culte indispensable à voir au moins une fois à mes yeux tant il a marqué l’Histoire du cinéma et son époque et tant ses propos sont encore d’actualité de nos jours ce qui en devient encore plus inquiétant. Ce long métrage est une œuvre puissante parfaitement maitrisé en tout point avec un casting très bon et une mise en scène habile. Il est agréable de voir aussi la qualité des costumes et des maquillages qui reste bluffant pour un film de la fin des années 60 tandis que son final intelligent marquera les esprits même si malheureusement depuis, il en est facile de deviner l’issue à cause d’un marketing maladroit et du temps qui passe qui fait que ce final à fait couler beaucoup d’encre. Quoiqu’il en soit, je ne peux que conseiller cet excellent film auquel j’ai pris encore beaucoup de plaisir à revoir et que je trouve toujours aussi fort. Une œuvre importante pour tous les amateurs de science-fiction.

5/5 (Approved by Vladdy)

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