Quelques minutes après minuit

quelques-minutes-apres-minuitQuelques minutes après minuit (A Monster Calls). 1 heure 48. États-Unis – Espagne – Canada – Grande Bretagne. Drame – Fantastique. Sortie en France le 4 janvier 2017 (le 14 octobre 2016 en Espagne et le 23 décembre 2016 aux États-Unis). Réalisé par Juan Antonio Bayona avec Lewis MacDougall, Felicity Jones, Sigourney Weaver, Liam Neeson, Toby Kebbell, James Melville, Dominic Boyle, Ben Moor, Geraldine Chaplin, Lily-Rose Aslandogdu, Oliver Stern, Jennifer Lim, Max Gabbay…

Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

« Ce que tu penses n’est pas important, c’est ce que tu fais qui l’est. »

Avis écrit le 6 janvier 2017.

D’une manière générale, je trouve que les sorties cinéma de ce mois de janvier 2017 sont assez faiblarde niveau hype. Pourtant, même si il n’y avait pas beaucoup de films qui m’emballait réellement, il y en avait malgré tout un qui sortait du lot à savoir « Quelques minutes après minuit » dont la bande annonce m’envoyait du rêve. C’est ainsi que je me suis précipité pour le découvrir en salles.

Et je dois dire que je n’ai pas été déçu de mon voyage. C’est bien simple, j’ai adoré ce scénario écrit par Patrick Ness, d’après son roman du même nom. Premier film de l’année et première vraie claque que je suis content de m’être prise. Je n’ai pas décroché de bout en bout devant ce conte que j’ai trouvé d’une beauté sidérante que ce soit dans son fond ou dans sa forme.

Alors oui, je le reconnais, cette histoire tire sur de grosses ficelles pour faire naitre des émotions mais puisque j’ai pris ce film pour un conte, cela ne m’a vraiment pas choqué plus que ça. Tout conte à cette espèce de surenchère, de grandeur, de mystères… On y adhère ou pas mais ici, j’y ai totalement adhéré.

Tout est fait pour jouer sur notre corde sensible. Du coup, je peux comprendre que pour certains cela ne fonctionne pas. Ce n’est pas toujours subtil et on devine très vite les intentions ainsi que la belle morale que tout conte doit avoir. Mais bizarrement, cela a bien fonctionné chez moi. J’ai été très ému par cette histoire et je dois avouer que j’ai eu ma petite larme à l’œil lors d’une ou deux scènes.

Les différentes thématiques abordées par ce scénario ont vraiment su faire mouche en moi et cette histoire nous propose un vrai film de cinéma. Pas spécialement pour l’aspect fantastique du récit mais parce qu’il véhicule des émotions que le septième art aime nous offrir et pour le coup, celle-ci prenne vraiment toute leurs splendeurs sur grand écran.

Devant la caméra, j’ai tout de suite sympathisé avec Lewis MacDougall (Conor). J’ai souvent un peu de mal avec les jeunes acteurs mais là, j’ai vraiment trouvé qu’il était très convaincant. Il a vraiment s me faire communiquer sa peine et ce sentiment d’abandon qu’il peut éprouver. Malgré son jeune âge, il réussit à me montrer une belle palette d’émotion sans avoir l’air de trop se forcer.

Le reste du casting est pas mal du tout aussi à commencer par Felicity Jones (La mère) qui m’a rarement autant marqué dans son interprétation. Comme pour le scénario, son jeu joue avec certaines images que l’on s’attend à retrouver et certains discours assez prévisible mais l’actrice joue bien le jeu. Elle nous montre une belle évolution de son personnage tout en restant très touchante.

J’ai également apprécié Sigourney Weaver (La grand-mère). Toujours aussi talentueuse et charismatique, elle n’a plus rien à prouver et pourtant, elle s’impose assez aisément dans ce rôle. J’ai notamment beaucoup aimé la dureté qu’elle peut mettre dans son interprétation associé à une certaine fragilité lorsque l’armure commence à se briser.

Côté vocalise, le choix de Liam Neeson (Le Monstre) pour prêter sa voix à l’acolyte fictif de Conor qui va l’aidé à traverser cette épreuve est excellent. L’acteur à le timbre de voix idéal pour ce personnage et même vocalement, je trouve qu’il en impose et qu’il reste charismatique donnant à merveille vie à cet arbre géant. Après, j’extrapole un peu (et sans doute à tort) mais voir le caméo en photo laissant sous-entendre que Liam Neeson serait le grand père absent est assez fort je trouve. J’exagère sans doute mais cela accentue à mes yeux le côté abandon que peut ressentir le personnage principal. Puis qui de mieux qu’un grand père qu’on regrette pour nous raconter des histoires et nous faire avancer dans la vie.

Pour le reste du casting, j’ai été agréablement surpris par Toby Kebbell (Le père). On aurait pu tomber dans certains pièges mais j’ai aimé cette sobriété dans l’interprétation tout comme j’ai aimé le traitement de son personnage qu’on ne limite pas au simple père cherchant à fuir ses responsabilités. On sent une certaine détresse parfois dans son regard. En revanche, heureusement qu’on le voit peu, je suis moins fan de James Melville (Harry) et Dominic Boyle (Anton) en bourreaux des classes qui m’ont peu convaincu. Pour ses derniers, je pense que cela vient aussi un peu du scénario qui les traite de façon maladroite.

Si j’avais envie de voir ce long métrage, c’est parce que d’une manière général, je suis assez admiratif du talent de Juan Antonio Bayona. Je ne suis pas un fan, il est encore tôt dans sa carrière pour que je me déplace pour son simple nom. Cependant, bien que j’ai plus ou moins apprécié ses deux précédents long métrage (« L’Orphelinat » et « The Impossible »), je trouve que ce réalisateur propose visuellement de très belles choses.

Et pour le coup, là encore, je n’ai pas été déçu. Je trouve ce film sublime. Si le scénario mérite à lui seul le grand écran, la réalisation de Juan Antonio Bayona mérite elle aussi à elle seule que l’on se déplace. Au début, je n’ai pas toujours été fan, je trouve que certains cadrages bouge un peu trop pour moi et que l’image manque un peu de stabilité (rien d’alarmant, on n’est pas dans « Blair Witch » non plus) mais très vite, l’ensemble m’ait apparu magnifique.

De nombreuses scènes sont de véritables tableaux. Il y a une maitrise dans l’exploitation de cette très belle photographie et dans cette lumière que je trouve parfaite. Les effets spéciaux sont eux aussi grandiose. Tous les détails sur le Monstre ont fait que j’ai été véritablement admiratif de ce que l’on m’offrait.

Que dire aussi de ses magnifiques histoires dans l’histoire à base d’aquarelle. J’ai trouvé ça tellement beau que j’aurais aimé un long métrage avec cette technique rien que pour continuer de me plonger dans cet univers encore plus longtemps, quitte à développer des histoires de princes et d’apothicaires qui pourtant n’ont pas besoin d’aller plus loin dans leur traitement.

Je suis parti dans ce récit durant les presque deux heures de spectacle sans voir le temps passé. Le montage est bien ficelé et la magie a fonctionné sur moi. Le temps d’un film, je me suis retrouver dans la peau d’un jeune enfant à qui l’on raconte une aventure bien au chaud et qui me fait me sentir bien lors d’une nuit d’hiver.

J’ai énormément aimé aussi les différents décors ainsi que les maquillages que j’ai trouvés très réussi. Il y a également un très bon travail qui a été fourni en matière de son pour nous plonger dans cette aventure (et là encore, cela justifie un déplacement en salles). Quant à la bande originale composée par Fernando Velázquez, je la trouve très belle, enrobant ce cadeau d’un joli ruban.

Pour résumer, mon année cinématographique 2017 commence super bien. Premier film et déjà je me prends ne bonne claque en pleine figure comme j’aime m’en prendre au cinéma. Il était une fois un conte magique qui se savoure sur grand écran grâce à la force de son scénario qui joue habilement avec les codes du genre ainsi que par la beauté de sa mise en scène qui est tout simplement magnifique. Je peux comprendre qu’on n’adhère pas totalement à ce long métrage mais honnêtement, il mérite vraiment d’être vu. Un magnifique film que je reverrais avec un grand plaisir et une année 2017 qui commence déjà sur un coup de cœur. Que demander de plus ?

5/5 (Approved by Vladdy)

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9 réflexions sur “Quelques minutes après minuit

    1. Pour ma part c’est le bouquin que je n’ai pas lu mais le film m’a donné envie de le lire surtout que les quelques pages que j’ai pu voir font que c’est le genre de livre susceptible de me plaire je pense.

      Ce mois-ci, j’ai peu été au ciné sinon. « Quelques minutes après minuit » est d’ailleurs le seul film que j’ai vu en 2017 à ce jour mais j’ai envie de m’imposer un rythme du coup je vais tenter d’y aller chaque samedi et dimanche matin (sauf si autre chose se présente à ses moments là ^^ ). Ce week-end ça va être « Resident Evil » et « La grande muraille », deux films qui ne m’emballe pas plus que ça mais il y a des films que Madame veut voir donc je vais attendre pour les découvrir de pouvoir le faire avec elle même si c’est plus tard à la télévision 😉

      NB : J’espère que tu t’es remise de la grippe et que ton déménagement c’est bien passé 😉

      Aimé par 1 personne

        1. J’écoute toujours Madame. Je tiens à mon intégrité physique 😛 Finalement, j’ai été voir « La grande muraille » et « Resident Evil : Chapitre final ». Le premier est plus divertissant que ce que je pensais, le second est un vomis visuel qui me fait mal…

          Aimé par 1 personne

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