Le secret de la planète des singes

le-secret-de-la-planete-des-singes Le secret de la planète des singes (Beneath the Planet of the Apes). 1 heure 35. États-Unis. Fantastique. Sortie en France le 3 juin 1970 (le 26 mai 1970 aux États-Unis). Réalisé par Ted Post avec James Franciscus, Linda Harrison, Maurice Evans, Kim Hunter, Charlton Heston, David Watson, Paul Richards, James Gregory, Jeff Corey, Natalie Trundy, Thomas Gomez, Victor Buono, Don Pedro Colley, Tod Andrews…

Ayant perdu le contact avec l’équipage du vaisseau Icare du Capitaine Taylor, la NASA lance une mission de secours, composée de deux astronautes : le capitaine Donovan Maddox et le lieutenant John Brent. Suivant le même itinéraire que George Taylor et son équipage, les deux hommes s’écrasent à leur tour sur la planète des singes. Unique survivant du crash, Brent va alors tenter de retrouver Taylor sur cette planète hostile.

« Je voudrais les voir tous crever ! Aussi bien les singes que les hommes ! Ils valent pas mieux les uns que les autres. »

Avis écrit le 7 janvier 2017.

Toujours décidé à me replonger dans la saga de « La planète des singes » avant la sortie du prochain opus en salles, c’est ainsi que je me suis mis à redécouvrir « Le secret de la planète des singes ». J’étais assez curieux de me replonger dans cette franchise en tout cas car hormis le premier film que je me mate assez souvent, je dois bien avouer que cela fait un sacré moment que je n’avais pas revu les autres aventures.

Du coup, j’avais un peu oublié à quel point ce deuxième épisode est déstabilisant. En effet, si j’accroche à fond à la première aventure, ici, sans crier à la catastrophe, je suis quand même un peu déçu par ce scénario écrit par Paul Dehn d’après l’œuvre de Pierre Boulle. Divisé en deux parties bien distinctes, il y en a clairement une que je préfère beaucoup plus ouvertement que l’autre.

Et celle que je préfère, c’est la première partie avec l’arrivée et la découverte de cette planète par Brent. Alors oui, cette partie sans la redite et s’avère moins puissante scénaristiquement parlante mais elle n’en demeure pas moins sympathique. Il y a dans cette partie un côté plaisant de retomber dans cet univers et même si c’est exploité très facilement (Brent qui arrive en 3955 alors que dans le premier film, Taylor est censé être en 3978), durant toute cette première partie, le film se suit gentiment de façon très agréable.

Vient ensuite une sorte d’entracte avec une plongée dans la fameuse zone interdite qu’on avait, au final, peu exploré dans le précédent film. Cet entracte n’est pas très long mais c’est clairement le moment où le long métrage atteint son niveau le plus haut. On exploite bien le côté mystérieux de cette zone, on a envie de plonger dans les origines de cette civilisation et ses paysages apocalyptiques n’en deviennent que plus intenses.

Malheureusement, il y a ensuite la fameuse deuxième partie avec une apparition surprise d’une communauté que je préfère taire (même si on l’évoque dans de nombreux synopsis que j’ai lu) afin de ne pas trop spoiler non plus. Là, le film devient assez pénible, peu crédible voir même extrêmement risible jusqu’à son final où cette sensation de suicide collectif de la part du scénariste fait peur. C’est bien simple, j’ai trouvé toute cette partie grotesque, peu intéressante et terriblement ennuyeuse donnant au film, pourtant assez court, des longueurs qu’il n’avait pas besoin.

Résultat, mon ressenti est un peu en dent de scie et c’est surtout de la frustration qui remonte à la surface. Même les différentes thématiques de cet univers me semblent alors exploitées avec une maladresse et une imperfection que je trouve regrettable. Le premier film avait bien entendu mis la barre très haute avec son parallèle sur notre société mais je pense vraiment que cette suite aurait pu nous offrir beaucoup mieux dans son fond. Ici, malgré la fin ouverte, on se dit juste que le premier film se suffisait amplement à lui-même et ce second opus peine alors à justifier de son utilité.

Car c’est réellement avec le scénario que j’ai un problème. Concernant le casting, je trouve que les différents acteurs s’en sortent plutôt bien à l’image de James Franciscus (Brent) qui reprend bien le premier rôle de la franchise. Choisi sans doute pour sa légère ressemblance physique avec Charlton Heston, l’acteur est charismatique comme il faut. De plus, si son interprétation possède toujours une petite surenchère théâtrale, je trouve que le comédien a réussi malgré tout à ne pas trop en faire pour que l’on sympathise assez vite avec lui.

Quant à Charlton Heston (Taylor), on le retrouve dans cette nouvelle aventure beaucoup plus en retrait. C’est un choix de l’acteur qui ne souhaitait pas à la base apparaitre dans cette suite (il accepta par amitié envers le producteur). Il fait néanmoins bien ce qu’on lui demande et même si il n’apporte rien de nouveau à son personnage, il permet un bon lien avec le premier film.

Autre lien entre les deux longs métrages qui est agréable, c’est la présence de la douce Linda Harrison (Nova). C’est dommage que l’on n’ait pas voulu exploité un peu plus son rôle. Il y avait pourtant matière une nouvelle fois à faire autre chose que la simple plante qui suit aveuglément le héros même si ici, elle semble déjà prendre un peu plus de recul niveau caractère et gestuelle que les Hommes de cette planète qui se comporte simplement en animaux.

Plus en retrait aussi mais pas inintéressant pour autant, j’ai bien aimé revoir Maurice Evans (Le Docteur Zaius) ainsi que Kim Hunter (Le Docteur Zira). On les exploite assez peu mais leurs présences restent marquantes. Malgré leurs maquillages assez lourd, les acteurs parviennent vraiment à sortir du lot. Si par manque de temps au moment du tournage Roddy McDowall a laissé sa place à David Watson (Cornelius), ce dernier s’en sort quand même bien dans le peu de temps où on le laisse s’exprimer.

Quant aux nouvelles têtes, je dois bien avouer que personne ne m’a vraiment marqué plus que cela. Je ne vais pas parler de ceux que l’on retrouve dans la dernière partie du film, pas pour ne pas spolier cette fois-ci mais parce que je trouve vraiment l’ensemble trop ridicule, en revanche, James Gregory (Le Général Ursus) est sans doute la seule nouvelle tête à avoir réussi à exister à l’écran selon moi.

La réalisation de Ted Post reste regardable mais lorsque l’on enchaîne les deux premiers films, on ne peut que constater qu’il ne possède pas la force de la mise en scène de Franklin J. Schaffner qui passe son tour cette fois-ci. Après, ce n’est pas non plus honteux. D’ailleurs, je pense sincèrement que c’est parce qu’il parvient à rester correct dans son travail que ce long métrage ne m’est pas apparu plus pénible que cela.

Visuellement, j’ai bien sûr quelques déceptions. Je ne parle pas des effets spéciaux en eux même qui ont pris un coup de vieux mais je trouve qu’on aurait pu aller beaucoup plus loin dans la réalisation lors de l’exploration de la Zone interdite. Maintenant, il y a quand même quelques bonnes idées. Il y a par exemple quelques éléments du décor concernant le passé que j’ai bien aimé même si parfois on nous les pose là un peu gratuitement.

Globalement, aussi simpliste soit-elle, cette réalisation n’est pas détestable. Elle tombe dans le piège de la « suite riche en surenchère » principalement dans dernier acte, le reste étant assez sobre pour tenir la route un minimum. La bande originale composée par Leonard Rosenman n’est pas détestable également mais manque de folie pour nous plonger davantage dans ce monde.

Pour résumer, même si je ne regrette pas mon visionnage, « Le secret de la planète des singes » n’est clairement pas à la hauteur de mes espérances. Certes, le premier volet a mis la barre très haute mais avec un tel potentiel, on était en droit d’avoir un résultat un minimum convaincant. Ce n’est pas le cas ici malgré quelques bonnes idées la faute à un scénario qui se perd totalement dans sa dernière partie et auquel personne dans l’équipe du film ne semble croire réellement. Le casting a beau faire de son mieux comme pour la mise en scène, cela ne suffit pas. Du coup, il n’est pas étonnant que l’on trouve cette suite anecdotique et peu utile dans cette saga.

2.5/5 (Moyen)

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