Les évadés de la planète des singes

les-evades-de-la-planete-des-singesLes évadés de la planète des singes (Escape from the Planet of the Apes). 1 heure 38. États-Unis. Fantastique. Sortie en France le 18 août 1971 (le 21 mai 1971 aux États-Unis). Réalisé par Don Taylor avec Roddy McDowall, Kim Hunter, Eric Braeden, Bradford Dillman, Natalie Trundy, William Windom, Sal Mineo, Albert Salmi, Jason Evers, John Randolph, Ricardo Montalban, Harry Lauter, M. Emmet Walsh, Roy E. Glenn Sr., James Bacon…

Cornélius et Zira parviennent à retourner vers le passé, et débarquent au 20ème siècle à Los Angeles. Ils y subissent les mêmes tourments que Taylor sur la « planète des singes », et découvrent petit à petit quels événements conduiront à la fin de la civilisation humaine et à la domination simienne…

« – Ne vous en faîtes pas, on les attrapera tôt ou tard.
– C’est bien ce qui m’inquiète. Il sera peut-être trop tard. On s’occupera trop tard du problème de la pollution. On s’occupera trop tard des problèmes de surpopulation dans le monde. On s’occupera trop tard du problème de la guerre nucléaire. Nous pensons que nous avons tout notre temps pour tout faire mais le monde a encore combien de temps lui ?! »

Avis écrit le 7 janvier 2017.

Toujours dans l’optique de me faire une piqûre de rappel, c’est quasiment tout de suite après avoir vu la seconde aventure que je me suis décidé à me mater le troisième film de la saga simiesque consacré à « La planète des singes ». C’est ainsi que j’ai pu revoir « Les évadés de la planète des singes » en Blu-ray et continuer un peu mon parcours dans cette franchise.

Très rapidement, on peut dire que je suis rentré dans ce scénario écrit par Paul Dehn d’après l’œuvre de Pierre Boulle. Il faut dire aussi que je me suis retrouvé tellement déçu par le deuxième film que j’attendais un peu cette aventure au tournant. Vu le final du précédent épisode, la suite logique qui nous emmène avec ses évadés apparait en tout cas assez logique.

Bon, j’ai quand même vite fait l’impasse sur les différentes facilités qui ont poussé à tenter de justifier cette explication. La présence de Cornelius et Zira dans le passé est bien tiré par les cheveux, on sent qu’il n’y avait pas de multitude de choses à faire mais qu’importe. Cette inversion dans les rôles est plaisante et agréable à suivre.

Le racisme, l’intolérance, la peur de ce que l’on ne connait pas, la folie humaine… Bien que tout ceci soit traité avec une légèreté assez flagrante, ce troisième film réutilise de bonnes façons les différents sujets phares de la saga. Une fois que l’on retire le contexte de ses singes dans un monde d’humain, il n’y a plus grand-chose d’original dans ce récit mais au moins, le résultat est cohérent.

De plus, je dois avouer que j’ai bien aimé le léger humour qui est présent de bout en bout. Chaque protagonistes à ses maladresses, ses petites imperfections mais la façon dont on les dépeint m’a amusé. D’ailleurs, vu la légèreté général du film, la fin plus dramatique fait que l’on sort de cette histoire un peu plus marqué. Quant à la fin ouverte, elle est peu surprenante (même si l’acte de Zira est discutable), le twist final étant assez prévisible mais il nous annonce un retour dans cette franchise qui je l’avoue a tout pour me réjouir même si l’on craint les épisodes de trop.

Si dans le monde des singes des deux précédents opus, c’est l’Homme qui est mis en avant en tant que héros de ce récit, j’ai trouvé que c’était assez intelligent dans le monde des Hommes que ce soit les singes que l’on nous présente les vraies vedettes. D’une manière générale, il y a une inversion par rapport au premier film que je trouve vraiment amusante même si malheureusement ici, le scénario n’est pas aussi fort.

Cela m’a en tout cas bien fait plaisir de retrouver le duo Roddy McDowall (Cornelius) et Kim Hunter (Le Docteur Zira). Depuis le premier film, je suis assez attaché à ce couple. J’aime bien leur complémentarité et leurs échanges qui sont aussi intelligent que drôle. Grâce à leurs interprétations respectives, on oublie très vite leur statut de singes et leurs présences dans notre monde contemporain ne nous choquent pas plus que cela. En tant que spectateur, c’est sans doute même les personnages dont je me sens le plus proche ce qui rend le film encore plus efficace. De son côté, Sal Mineo (Le Docteur Milo) est peu exploité ce que je regrette car je sens que c’est un personnage qui aurait pu me plaire si on l’avait développé davantage.

Concernant les nouvelles têtes, la distribution ne m’a pas marqué plus que ça je dois bien l’avouer. Ce n’est pas mauvais, chacun reste à sa place mais il n’y a rien d’extraordinaire non plus. Bradford Dillman (Le Docteur Lewis Dixon) est assez léger, c’est un personnage très classique que l’acteur ne parvient pas à rendre intéressant. Quant à Natalie Trundy (Le Docteur Stephanie Branton), elle est vite transparente et sa présence m’amuse principalement parce qu’elle tenait déjà un autre rôle dans le deuxième film de la saga.

Parmi les rôles secondaires, c’est dommage qu’on n’utilise pas plus William Windom (Le Président). Lui aussi a un jeu classique mais vu le contexte de cette histoire, je trouve ça assez surprenant qu’il ne soit pas davantage exploité pour montrer les travers de la nature humaine (même si l’aspect militaire et scientifique est pas mal quand même pour les mettre en avant). Quant à Ricardo Montalban (Alban), c’est une caricature ambulante mais il m’a fait sourire.

En fait, le seul qui a su s’imposer à l’écran à mes yeux, c’est Eric Braden (Le Docteur Otto Hasslein). Très loin de son image de Victor Newman auquel il a pu m’habituer, j’ai trouvé que l’acteur montrait un charisme et un côté ambigu dans sa démarche que j’ai apprécié. Maintenant, si il a réussi à me marquer, je ne sais pas si c’est réellement pour son jeu ou parce que cela m’a surpris de le voir jeune et sans moustache (Hormis le soap opéra « Les feux de l’amour », la seule chose que je connaisse dans sa carrière, c’est son micro rôle dans le « Titanic » de James Cameron…).

La réalisation de Don Taylor est sinon agréable. Il n’y a pas de grands plans mémorables, rien qui permettent de donner une dimension épique à cette œuvre mais le boulot est fait. C’est divertissant, plutôt rythmé et même si le résultat est prévisible, dans l’ensemble on passe quand même un très bon moment. La mise en scène tire beaucoup le long métrage dans la comédie ce qui nous fait un peu oublier le véritable fond de cette franchise mais cela reste frais.

Si le film n’est pas grandiose, il faut dire aussi que vu son sujet, il ne bénéficie malheureusement pas de grands décors originaux. On est dans quelques choses d’assez classique, dans un monde moderne et avec peu de singes ce qui fait que ce récit perd pas mal de sa superbe même si encore une fois, vu le final du deuxième film, il n’y avait pas beaucoup de choix pour repartir.

Maintenant, cela reste quand même propre. Le montage est dynamique et cette ambiance très années 70 m’a personnellement plu. Il manque sans doute un peu de folies pour pouvoir nous mettre une claque mais Don Taylor assure quand même le boulot. Même la bande originale composée par Jerry Goldsmith n’est pas très novatrice mais accompagne bien cette histoire.

Pour résumer, « Les évadés de la planète des singes » est un très bon divertissement. On n’est pas dans la claque incontournable mais cette suite plaisante n’a vraiment rien de honteux. Dommage que le fond perde un peu de sa profondeur même si on gagne en humour frais mais le cahier des charges reste respecté. On est très loin du premier volet qui sera difficilement égalable mais on s’amuse sans trop s’ennuyer en gardant l’âme de la franchise. Au regard du deuxième volet, pour ma part, cela me convient.

3.5/5 (Très bien)

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