La conquête de la planète des singes

la-conquete-de-la-planete-des-singesLa conquête de la planète des singes (Conquest of the Planet of the Apes). 1 heure 28. États-Unis. Fantastique. Sortie en France le 9 août 1972 (le 30 juin 1972 aux États-Unis). Réalisé par J. Lee Thompson avec Roddy McDowall, Don Murray, Ricardo Montalban, Natalie Trundy, Hari Rhodes, Severn Darden, Lou Wagner, John Randolph, Asa Maynor, H.M. Wynant, David Chow…

1990. Après qu’un virus a tué les chiens et les chats, les singes sont devenus les nouveaux animaux domestiques des hommes. Cependant, ces singes sont désormais utilisés comme esclaves. Élevé à l’écart de tout ça par Armando pendant une vingtaine d’années, César, fils de Zira et Cornélius, découvre le traitement infligé à ses semblables. Alors qu’Armando est arrêté par les autorités, César se réfugie avec les autres singes. Il commence alors à leur apprendre le partage, la réflexion et surtout un besoin vital de révolte…

Avis écrit le 8 janvier 2017.

Plus j’avance dans la saga originale consacré à « La planète des singes » et plus je me rends compte que cette piqûre de rappel était nécessaire pour moi. En effet, je n’avais pas revu ses différents films depuis ma jeunesse (hormis le premier que je me remate assez souvent) et je dois avouer que je les avais un peu oublié. C’est donc avec une certaine joie cette fois-ci que je me suis plongé dans mon Blu-ray de « La conquête de la planète des singes ».

Depuis le final du deuxième film qui tuait dans l’œuf toute tentative de suite directe, la franchise a su rebondir et nous offrir une nouvelle alternative dans notre monde contemporain en partant dans une nouvelle direction. C’est sur cette lancée que continue donc ce scénario écrit de nouveau par Paul Dehn d’après l’œuvre de Pierre Boulle en se situant une vingtaine d’années plus tard après le troisième volet.

Si son prédécesseur avait opté pour une approche plus légère avec un humour assez frais et divertissant, ici, le scénario opte pour quelque chose de nettement plus sombre et oppressant. Très noir, il traite de l’esclavage et de la haine raciale avec un traitement assez radical. Dans son sous-texte d’ailleurs, cela se rapproche de la force du premier film, la maitrise en moins, le scénario possédant quand même une multitude de facilités et un côté un peu prévisible après quatre films dans cet univers.

Cependant, bien avant « La planète des singes : Les origines » (que je compte revoir bientôt), je trouve ça vraiment intéressant de voir comment dans les années 70 on a voulu expliquer la naissance de cette domination des singes. On n’est pas dans la même approche que le film de 2011 mais quarante ans plus tôt, je trouve que ce que l’on nous propose mérite vraiment le coup d’œil.

Pour être honnête, au début j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans. J’avais l’impression de ne rien avoir de bien passionnant à me mettre sous la dent, rien de bien nouveau même si le fond tient toujours la route. Mais petit à petit, l’évolution de cette révolution prend toute son ampleur jusqu’à son final qui va au bout de sa violence (du moins dans la version longue que j’ai préféré revoir ne me souvenant plus trop de ce qui change réellement par rapport à la version cinéma).

A l’écran, j’ai beaucoup aimé retrouver Roddy McDowall (César). Exit le rôle de Cornelius, cette fois-ci l’acteur incarne le fils qui va être à l’origine de cette conquête. Là encore, au début j’ai trouvé le procédé pour retrouver l’acteur dans cette franchise un peu déstabilisant mais petit à petit, habité par son rôle, le comédien nous offre une prestation très correcte qui a fini par me convaincre. Habitué à le voir jouer de façon légère, j’ai même été surpris par la violence qu’il réussit à faire passer coupant définitivement le cordon avec Cornelius.

Face à lui, Don Murray (Le Gouverneur Breck) m’a moins convaincu. Son personnage m’a paru beaucoup trop cliché et surtout beaucoup trop léger. J’ai eu du mal à travers cette interprétation à m’imaginer ce rôle comme étant un leader. Pas très charismatique, il se fait même parfois bouffer par son bras droit Hari Rhodes (MacDonald) qui pourtant, bien que très bon, ne met pas beaucoup de folie dans son jeu.

En parlant de folie, j’ai bien apprécié que l’on mette cette fois-ci un peu plus de retenue dans la prestation de Ricardo Montalban (Armando). Un brin trop excessif dans le précédent volet selon moi, il apparait ici nettement plus calme. Son rôle n’est pas forcément bien exploité, je pense qu’il aurait mérité d’avoir une plus grande importance dans ce récit mais il s’accorde bien avec la noirceur de cette aventure.

Concernant le reste du casting, il n’y a pas grand-chose à dire. Natalie Trundy (Lisa) me fait toujours marrer dans ses apparitions. Trois films dans cette saga et trois rôles bien différents sans aucuns liens entre eux. Au moins cette fois-ci, elle se trouve du côté des singes. Quant à Severn Darden (Le Chef Inspecteur Kolp), il prend plus d’envergure vers le final ce qui est dommage car je pense qu’il aurait pu avoir un rôle plus important avant cela aux côtés du gouverneur.

Il y a peu, je faisais la connaissance de J. Lee Thompson à travers une autre suite, un autre quatrième volet, celui du justicier dans la ville avec « Le justicier braque les dealers ». On ne peut pas dire que sa réalisation m’avait laissé un souvenir mémorable. C’est dommage maintenant que j’y repense car la noirceur qu’il n’avait pas toujours réussi à mettre à Paul Kersey, il parvient fort heureusement à la mettre à César.

Alors oui, je ne suis toujours pas en train de crier au chef d’œuvre pour ce cinéaste mais il y a quand même quelques plans que je trouve assez efficace et plutôt bien amené. Si l’ensemble du film s’avère classique, lors de la révolution il y a une ambiance et une atmosphère bien lourde que j’ai vraiment trouvé captivante.

Je continue de regretter un peu le monde apocalyptique des deux premiers volets mais dans cet épisode, les décors sont néanmoins bien utilisés. La ville fait un terrain de jeu sympathique et dans les années 70, je trouve que la vision futuriste que l’on donne à Los Angeles est efficace. Il y a une certaine sobriété qui nous permet de ne pas être trop déconnecté et en même temps, qui fait que ce volet vieilli assez bien.

Toujours assez court dans sa durée et avec un montage efficace, je ne me suis vraiment pas ennuyé devant ce divertissement même lors du début où j’ai eu l’impression qu’on nous répétait encore la même chose. La bande originale composée par Tom Scott finit par bien accompagnée cette histoire même si musicalement, il n’y a pas de thèmes particuliers qui m’ont marqué.

Pour résumer, même si l’on garde une base assez identique et qu’il y a peu d’originalité dans le fond, « La conquête de la planète des singes » est très efficace. Après la légèreté du troisième film, ce quatrième volet opte pour une noirceur et une révolte tout à fait justifiable que je trouve intéressant d’avoir creusé. Dans le fond et dans la forme, on est une nouvelle fois très loin du premier film mais après quatre films, le résultat est très convaincant et parvient même à surprendre parfois ce qui me suffit pour apprécier ce spectacle.

3.5/5 (Très bien)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s