Rivière sans retour

riviere-sans-retourRivière sans retour (River of no Return). 1 heure 31. États-Unis. Western – Drame. Sortie en France le 12 novembre 1954 (le 29 avril 1954 aux États-Unis). Réalisé par Otto Preminger avec Robert Mitchum, Marilyn Monroe, Rory Calhoun, Tommy Rettig, Murvyn Vye, Dougla Spencer, Don Beddoe, Fred Aldrich, Will Whright…

En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d’or. C’est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l’enfant sous son aile. Contraints de fuir les Indiens, l’homme, la jeune femme et le fils se retrouvent à descendre sur un radeau fragile une rivière quelque peu mouvementée.

Avis écrit le 10 janvier 2017.

Cela faisait un petit moment maintenant que je ne m’étais pas replongé dans un petit western. Seule incursion dans le genre du réalisateur Otto Preminger, j’étais assez curieux de découvrir « Rivière sans retour » avec son face à face entre Marilyn Monroe et Robert Mitchum, deux monstres sacrés du cinéma américain dont je dois bien reconnaître que je connais assez mal leurs filmographies respectives.

J’étais même plutôt confiant avant d’attaquer mon visionnage. En effet, sans trop savoir de quoi ça parle, j’en avais entendu de très bons échos et ce long métrage est cité parmi de nombreuses personnes comme étant une référence. Dans mes attentes, j’avais peut-être mis alors la barre trop haute car j’ai été déçu par ce scénario écrit par Frank Fenton et Louis Lantz.

Globalement, ce n’est pas mauvais mais je ne me suis jamais réellement senti dans un western. J’ai eu l’impression de suivre un drame basique sans trop de force. Cela aurait pu suffire en même temps mais malheureusement, tout ceci fut accompagné d’un certain ennui. Je n’ai peut-être pas découvert ce long métrage à la bonne époque, peut-être que je ne parviens pas à le remettre dans son contexte mais honnêtement, j’ai trouvé que le fond était assez mou du genou.

Si ce sentiment d’évasion est bien là avec ses vastes paysages que l’on met bien en avant (cinémascope de l’époque oblige), je n’ai jamais réussi à me passionner pour nos deux héros. Cette sensation d’être indifférent à leurs sorts m’a perturbé. A côté de ça, il y a quelques scènes qui m’ont même dérangé (je n’en dirais pas plus pour ne pas spolier). Du coup, si parfois il y a néanmoins un peu de tension avec cette rivière entouré de dangers qui porte bien son nom, j’ai quand même un peu peur de vite oublier cette histoire.

C’est d’autant plus dommage que le casting fait le job. Peu habitué à voir Marilyn Monroe (Kay Weston), je reconnais malgré tout que je suis très vite tombé sous son charme. Alors oui, c’est un peu la belle demoiselle en détresse que l’image va aimer mettre en avant mais la comédienne fascine. Elle a un pouvoir d’envoutement qui est assez incroyable. Si je ne suis pas totalement fan de son personnage que je trouve un peu vide parfois et trop niais dans son côté rêveur, Marilyn Monroe sait jouer de son regard et de sa voix. Tant pis si elle passera son temps à remettre en place son chemisier, à se dandiner dans son jean moulant ou à être généreusement mouillé par la rivière, on ne peut que tomber amoureux d’elle et ça, ce n’est pas que grâce à son physique mais aussi grâce à son interprétation.

A ses côtés, Robert Mitchum (Matt Calder) ne démérite pas non plus dans la peau de ce mâle par excellence qui veut juste qu’on le laisse tranquille. Charismatique, l’acteur fait ce qu’il faut pour prendre le dessus et faire sortir le côté misogyne et bestial que l’on attend de lui. Là encore, je ne suis pas vraiment fan de son traitement. Il y a des choses dans son rôle qui aurait mérité d’être exploité et d’autres que j’aurais préféré qu’on n’utilise pas mais Robert Mitchum s’accapare son personnage et avec Marilyn Monroe, on a quand même envie de les suivre jusqu’au bout même si le scénario ne les aide pas.

Dans le rôle du grain de sable dans la chaussure, on retrouve Rory Calhoun (Harry Weston). C’est le salaud de base. Il ne s’en cache d’ailleurs tellement pas que son personnage rend celui de Marilyn Monroe aussi agaçant l’un que l’autre. Très caricatural, je suis un peu moins fan de son jeu mais après, cela reste quand même cohérent et logique avec ce que l’on nous raconte. Fort heureusement de toute façon, on le voit très peu.

Pour le reste du casting, il n’y a pas grand-chose à dire. Composés de rôles secondaires, cette distribution ne m’a pas montré de grands éclats. Maintenant, je dois quand même dire que j’ai trouvé sympathique le jeune Tommy Rettig (Mark Calder). Très gentillet dans sa construction, je regrette quand même un peu le traitement père-fils que je trouve soit maladroit, soit stéréotypé et fait que je n’y ai pas accroché.

J’ai beau connaître son nom et savoir que c’est un grand cinéaste reconnu, c’est le premier long métrage que je vois d’Otto Preminger. Ce qui est bête, c’est que ce film semble avoir été un film de commande qu’il a tourné uniquement parce qu’il était sous contrat (certaines scènes post-tournage n’auraient même pas été réalisées par lui mais par Jean Negulesco).

Pourtant, même si il n’avait pas le cœur à l’ouvrage, sa mise en scène reste très belle. Avec le duo Robert Mitchum – Marilyn Monroe, c’est peut-être même le seul grand intérêt de ce film pour moi. Alors oui maintenant tout ceci apparaît un brin trop vieillot. Il y a quelques scènes sur le radeau qui ne fonctionne pas toujours et cette image du mâle dominant fait plus rire qu’autre chose mais cela reste très propre.

On sent que l’on a voulu exploiter le format cinémascope avec cette exploitation de ses grands paysages. Parfois, je dois même avouer que j’ai pensé au film « Délivrance » pour la tension que cette nature oppressante peut avoir mais je préfère quand même largement le film de John Boorman. J’ai beaucoup aimé le jeu sur la lumière, c’est un vrai film de cinéma et il n’y a pas de doutes qu’il devait faire son petit effet dans les années 50.

Maintenant, j’aurais quand même aimé avoir une ambiance un peu plus lourde. La tension se résume bien souvent à quelques indiens qui semblent souvent arrivé comme un cheveu dans la soupe juste histoire de rehausser le rythme quand la rivière ne peut plus s’en charger. Le montage reste cependant bien fait et même si le fond m’a ennuyé, ce divertissement passe quand même vite.

J’ai beaucoup aimé aussi la bande originale composée par Cyril J. Mockridge et Lionel Newman. Son utilisation poussive casse souvent le récit, sa présence apporte quelques longueurs parfois mais les chansons sont belles. De plus, une nouvelle fois je plaide coupable, je tombe assez facilement sous le charme de la voix sensuelle de Marilyn Monroe qui donne vie aux paroles qu’elle chante.

Pour résumer, « Rivière sans retour » est à mes yeux une petite déception. Je devais sans doute en attendre un peu trop mais je suis resté sur ma faim. Le scénario n’a rien de bien palpitant avec parfois quelques touches d’ennui. Fort heureusement, le film est sauvé par une belle mise en scène et deux têtes d’affiches qui apportent du glamour à cette œuvre. Loin d’être mémorable pour moi, je ne suis même pas sûr d’éprouver une grande envie de le revoir mais je ne regrette pas mon visionnage.

3/5 (Bien)

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