La bataille de la planète des singes

la-bataille-de-la-planete-des-singesLa bataille de la planète des singes (Battle for the Planet of the Apes). 1 heure 26. États-Unis. Fantastique. Sortie en France le 8 août 1973 (le 15 juin 1973 aux États-Unis). Réalisé par J. Lee Thompson avec Roddy McDowall, Claude Akins, Paul Williams, Natalie Trundy, Severn Darden, Lew Ayres, Austin Stoker, John Huston, Noah Keen, Richard Eastham, France Nuyen, Paul Stevens…

Plus de vingt-sept ans ont passé depuis le soulèvement des singes orchestré par César. Ce dernier gouverne maintenant son village de la façon la plus juste possible, humains et singes cohabitant paisiblement, les singes occupant toutefois les plus hautes fonctions. Mais cet équilibre est malmené par le général Aldo, un gorille belliqueux vouant une profonde aversion à l’égard des hommes. D’autre part, César doit bientôt faire face à une colonie d’humains habitant dans les ruines de New York. Ces derniers, placés sous les ordres de l’impitoyable gouverneur Kolp, projettent en effet d’attaquer le village de César.

« J’étais trop jeune à la mort de ma mère et de mon père pour me souvenir d’eux. Mais si ils avaient vécus plus longtemps, ils auraient peut-être pu m’apprendre si il est juste de tuer le mal pour faire prévaloir le bien. »

Avis écrit le 11 janvier 2017.

Dernier volet de la saga consacré à « La planète des singes » (avant la relecture de Tim Burton et la nouvelle franchise axé sur les origines), je ne gardais plus aucun souvenir de « La bataille de la planète des singes ». C’est donc un peu avec une sensation de découverte que je me suis remis devant ce long métrage que je n’avais pas revu depuis de nombreuses années.

Très vite, je me suis souvenu pourquoi je l’avais oublié. C’est bien simple, il n’est tout simplement pas passionnant et assez vide dans son contenu. Le scénario écrit par Joyce Hooper Corrington et John William Corrington d’après l’œuvre de Pierre Boulle ne démarre jamais. C’est dommage car en ouvrant les possibilités d’une issue plus positive à cette « guerre », il y avait de quoi faire un film intéressant.

Seulement voilà, finalement il n’y avait peut-être pas assez de matière entre les mains des scénaristes pour nous livrer quelque chose de percutant. L’ensemble m’a même plus fait rire nerveusement qu’autre chose. Les situations s’enchaînent de façon grotesque, il n’y a pas grand-chose qui convainc et le tout est saupoudré d’une morale très fade.

Il y a en fait deux gros reproches que je fais à ce scénario. La première, c’est que je n’ai pas cru une seule seconde à cette cohabitation entre singes et hommes. On l’évoque dans les autres films mais là, lorsqu’elle prend vie sous nos yeux, ça ne fonctionne pas du tout. Le deuxième reproche, c’est l’utilisation des humains qui n’arrive jamais à avoir la moindre ampleur dans ce récit. Très caricatural, les humains ne créent pas la moindre tension dans cette aventure à mes yeux.

Heureusement, je dois bien avouer que ça m’a fait plaisir de retrouver Roddy McDowall (César). Ce n’est pas le film de la franchise où il aura été le plus mis en avant, ni même celui où il est le plus intéressant mais que ce soit en Cornélius ou en César, j’aime beaucoup son interprétation de singes. Dommage qu’ici on est voulu nous en faire une sorte de sage à deux sous façon gourou d’une secte végétarienne…

Pour le reste du casting, j’ai trouvé que c’était à l’image du scénario à savoir très faiblard. Claude Akins (Le Général Aldo) est d’un ridicule assez incroyable. Le singe est sensé évolué dans cet univers, lorsque l’on voit son personnage, on se demande si au final il ne régresse pas plus qu’autre chose. En même temps côté humain ce n’est pas mieux. Severn Darden (Le Gouverneur Kolp) ne rehausse pas le niveau. Le jeu de l’acteur est même souvent très proche de la parodie.

La présence de Natalie Trundy (Lisa) m’amuse toujours. Pour une fois, elle reprend son personnage précédent ce qui devient un peu plus cohérent. Maintenant, c’est dommage qu’elle soit un peu mise en retrait. On l’avait laissé muette, on la retrouve mère au foyer moralisatrice sans aucune transition. Je pense que cela aurait été bien de donner plus de soin à son rôle. Si Austin Stoker (MacDonald) est lui aussi un sacré stéréotype, son jeu m’a en revanche moins dérangé. Son discours est très convenu mais ça passe.

De toute façon à mes yeux celui qui sort du lot est sans nul doute Paul Williams (Virgil). Derrière son maquillage, on reconnait assez vite le regard de ce comédien. Ce dernier s’en sort vraiment bien. Il a un personnage qui a tout pour être risible mais il parvient à le canaliser afin de ne pas trop le tourner en ridicule dans sa surenchère de singe savant.

Histoire de rester sur sa lancée, la réalisation fut de nouveau confiée à J. Lee Thompson. Si j’avais trouvé sa mise en scène très intéressante dans le précédent volet, ici, il ne semble pas du tout inspiré. C’est plat, il n’y a aucune tension, aucune ambiance, c’est très mou et il ne se passe jamais rien. Associé à un montage des plus simplistes, le film en devient à peine regardable et presque ennuyeux. Heureusement que sa durée est assez courte car je ne sais pas si j’aurai pu tenir plus longtemps.

Même au niveau des différents maquillages et des différents décors j’ai trouvé que c’était assez classique. Même lorsqu’un volet peut avoir des maladresses ou des imperfections, la saga a toujours su m’interroger et m’interpeller sur la société actuelle. Là, la réalisation manque clairement d’ambition au point qu’on a presque l’impression d’être devant un mauvais téléfilm. Quant à la bande originale composée par Leonard Rosenman, elle comble les trous sans grain de folie.

Pour résumer, juste avant de placer sa série télévisée consacré à cet univers, « La bataille de la planète des singes » semble chercher à vouloir se tirer une balle dans le pied. Je me replonge toujours dans cette saga avec envie mais ce long métrage reste quand même l’un des plus faibles pour moi. A peine divertissant tellement il ne se passe rien, je suis resté éveillé principalement grâce à la présence au casting de Roddy McDowall et Paul Williams. C’est bien peu pour me convaincre surtout qu’à côté de ça, le fond et la forme semble être totalement délaissé. On est clairement ici en présence d’une suite inutile qui ne cherche qu’à surfer sur l’aura de son univers.

2/5 (Regardable)

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