La planète des singes (2001)

la-planete-des-singes-2001La planète des singes (Planet of the Apes). 2 heures. États-Unis. Science Fiction. Sortie en France le 22 août 2001 (le 27 juillet 2001 aux États-Unis). Réalisé par Tim Burton avec Mark Wahlberg, Tim Roth, Helena Bonham Carter, Estella Warren, Michael Clarke Duncan, Kris Kristofferson, Paul Giamatti, David Warner, Lisa Marie, Cary-Hiroyuki Tagawa, Erick Avari, Luke Eberl, Evan Parke, Glenn Shadix, Charlton Heston, Linda Harrison…

En 2029, un groupe d’astronautes entraîne sur la station orbitale Oberon des singes pour remplacer l’homme dans des explorations spatiales à haut risque.
Suite à la réception d’étranges signaux, les astronautes envoient le chimpanzé Pericles afin d’en connaître l’origine. Toutes les communications entre le primate et la station sont subitement interrompues et le vaisseau disparaît des radars. Désobéissant à ses supérieurs, Leo Davidson embarque dans un des vaisseaux expérimentaux pour aller porter secours à Pericles.
Tout comme lui, il perd le contrôle des commandes et s’écrase dans les marais d’une forêt tropicale. L’intrépide pilote voit alors un groupe d’humains affolés foncer droit sur lui, et se fait capturer par des chimpanzés parlants. Qu’est-il arrivé sur cette planète pour que des singes en viennent à dominer la race humaine ?

« – Depuis quand ils sont comme ça les singes ?
– Tu voudrais qu’ils soient comment ?
– Soumis à la loi de la cacahuète ! »

Avis écrit le 19 mars 2011.

Je n’avais pas revu « La planète des singes » version Tim Burton depuis sa sortie au cinéma. Faut dire aussi que ce film m’avait laissé un goût de déception dans la bouche à l’époque surtout que j’ai toujours eu une très grande admiration pour le film de 1968 avec Charlton Heston. C’est en tout cas en toute connaissance de cause cette fois-ci et avec une réelle volonté de lui laisser une seconde chance que j’ai revu ce film dernièrement.

Tout comme pour le film d’origine, je ne parlerais pas de l’œuvre de Pierre Boule car je n’ai pas lu le roman, j’éviterai aussi de faire la comparaison (même si je ne peux éviter le parallèle) avec le film de Franklin J. Schaffner car les deux œuvres abordent une vision totalement différente de cette histoire. En effet, toute la force du scénario que j’aime dans la version de 1968 se retrouve ici totalement disparue. Bien sûr, les mauvais côté de l’Homme sont abordés, mais avec nettement moins de finesse. J’ai trouvé que c’était beaucoup plus grossier et que cela avait été mis là un peu par obligations plus qu’autre chose ce que je trouve dommage.

Autre point qui fait que les visions sont différentes, ici les singes apparaissent nettement moins attachant. Hormis un ou deux singes (qui connaissaient les origines de l’histoire), l’ensemble de cette communauté dans la première version apparaissait plus « humaine ». On comprenait parfaitement leurs motivations, leurs idées, leurs façons de vivre et leurs actes étaient rarement gratuit. Ils apparaissaient presque comme une nouvelle civilisation avec ses défauts et ses qualités mais qui étaient attachante.

Dans ce film de 2001, les scénaristes William Broyles Jr., Lawrence Konner et Mark Rosenthal ont totalement zappés cet aspect et donnent à leurs singes un côté barbare qui m’as vraiment dérangé. Seul le personnage d’Ari (copie du Docteur Zira) apparait presque gentil (même si ses motivations m’ont paru un peu bizarres et ambigüe par moment). Pareil pour Leo Davidson qui est lui, en revanche, très souvent égoïste (comme si il ne retenait aucune leçon de cette « expérience »), là où le George Taylor de 1968 apprenait et faisait plus souvent don de soi au fur et à mesure de l’intrigue.

Bref, de ses deux traitements, j’ai une nette préférence vous l’aurez compris pour celle de 1968 qui est beaucoup plus forte psychologiquement à mes yeux cependant, lors de ce deuxième visionnage de la version Tim Burton, je me suis rendu compte que tout n’était pas finalement à jeter. En effet, n’en attendant plus grand-chose au final, je me suis ainsi retrouvé devant un divertissement pas forcément toujours juste mais qui reste efficace. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer et même si le fond de ce film sonne creux, on s’amuse quand même devant ce long métrage d’aventure futuriste qui mélange bien action et humour.

Le fait de changer la scène finale comparée à celle de 1968 (qui était très marquante) est aussi une bonne idée surtout que je la trouve bien ficelé même si elle n’a pas ma préférence. L’ensemble tient en tout cas la route et n’as pas d’autres prétention que le spectacle. Certaines répliques restent ainsi très drôle et apporte beaucoup de légèreté à l’ensemble et même si l’intrigue possède quelques maladresse ça fonctionne. Il n’y a que le combat final qui m’as un peu déstabilisé car je trouve qu’il s’arrête trop brutalement et trop facilement mais ça colle avec le reste de ce scénario malgré son côté too much.

Au casting, Mark Wahlberg en Leo Davidson n’a pas la classe d’un Charlton Heston (que l’on retrouve ici le temps d’un caméo sympathique) mais il s’en sort quand même bien. Très léger, il n’incarne pas forcément très bien le côté « meneur d’hommes » de son personnage mais inclus dans ce scenario cela ne m’as plus choqué. Tim Roth quant à lui est nettement plus charismatique en Général Thade et ceux malgré son déguisement. A travers son regard il crée une véritable tension et fait exister son personnage de bien belle manière je trouve. Il incarne très bien la méchanceté gratuite des singes dans ce film et fait un méchant qui tient la route.

Helena Bonham Carter dans la peau d’Ari n’est pas ici dans son meilleur rôle mais reste quand même touchante à plusieurs reprises. C’est dommage que j’ai trouvé son personnage un peu malsain par moment car je pense qu’il aurait pu mériter un autre développement mais l’actrice réussi à exister dans ce casting. J’ai bien aimé aussi Michael Clarke Duncan en Attar, dont le physique impose toujours à l’écran et qui se retrouve avec un personnage taillé sur mesure pour lui.

Paul Giamatti en Limbo sors un peu du lot. L’acteur joue très bien le jeu mais c’est surtout grâce au côté opportuniste et drôle de son personnage qu’on le remarque et le comédien l’interprète de bonne manière. C’est toujours un plaisir aussi pour moi de voir dans un film Kris Kristofferson, sous exploité dans cette distribution mais qui a toujours la classe en incarnant ici Karubi pendant qu’Estella Warren qui joue sa fille est, quant à elle, extrêmement fade. J’ai vraiment trouvé son jeu sans saveur et son rôle totalement inutile. Il était dur de passer après le rôle muet de Linda Harrisson en 1968 (qui elle aussi fait une petite apparition plaisante) mais là elle n’arrive pas à sauver les meubles et le fait que son personnage soit doté de la parole n’est au final pas une si bonne chose que ça. J’ai vraiment pas du tout été convaincu par sa prestation qui n’apporte rien de bon au film et qui permet de nous rappeler ses défauts.

Dans l’ensemble, le casting est en tout cas correct. Il n’y a rien de bien transcendant et ce n’est pas dans ce film que cette distribution, assez classe pourtant, va marquer les esprits. La multitude des rôles n’aident pas vraiment non plus pour se démarquer du coup on se concentre surtout sur le face à face entre Mark Walhberg et Tim Roth (qui le bat haut la main) qui n’est pas passionnant mais pas exécrable non plus pour autant.

Pour la réalisation, je trouve que ce film n’est pas très burtonien mais le talent du cinéaste permet quand même d’avoir une réalisation soigné. Tim Burton ne m’offre pas là le meilleur film de sa carrière (c’est même l’un de ceux que j’aime le moins) mais il réalise quand même quelque chose d’esthétique qui entre d’autres mains aurait pu s’avérer plus catastrophique. Les décors sont bien exploités même si je les trouve un peu trop sophistiqué par moment (j’aimais beaucoup la simplicité du film de 1968) et les effets spéciaux restent quand même excellent et tiennent la route.

L’arrivée de Leo Davidson sur la planète des singes où le combat final Homme contre singes montre quand même une certaine technique. Ça n’empêche pas là encore quelques maladresses comme ses singes qui sautent plus haut qu’une tour de 10 étages ou ce pistolet qui fait des explosions dignes d’un attentat terroriste (j’exagère volontairement je le conçois) mais visuellement je ne me souvenais plus que c’était quand même aussi agréable à voir.

Les costumes sont eux aussi bien foutus et les maquillages sont vraiment impressionnants. Il y a certaines scènes dont j’ai bien aimé la façon d’être filmé et cette lumière bleue qui se dégage donnant au film une ambiance à la fois froide et chaleureuse colle bien avec l’histoire. La bande originale de Danny Elfman est très classique mais on reconnait sa patte et tout comme la mise en scène de Tim Burton, elle apporte quand même un petit plus qui rehausse un peu le niveau de ce film.

Pour résumer, ce second visionnage de « La planète des singes » version Tim Burton n’était pas une perte de temps pour moi. Cela m’a permis de réhabiliter le film qui est passé à mon esprit de catastrophe cinématographique à simple divertissement maladroit mais efficace. J’ai une nette préférence pour la version de 1968 dont ce film n’arrive pas à la cheville selon moi mais en faisant abstraction de cette version, on reste en présence d’un film de science-fiction qui nous fait passer un bon moment sans être mémorable. Sans la version de 1968, je l’aurais sans doute même encore plus apprécié je pense mais malheureusement pour le film de Tim Burton, l’amour que je porte au film de Franklin J. Schaffner font que dès le départ il partait avec un énorme handicap, un handicap qu’il n’a jamais pu guérir même si au final il a soigné les plaies de son mieux. La fin de ce long métrage reste quand même intéressante elle aussi et je ne regrette pas cette nouvelle vision qui fait que je pense que maintenant j’arriverai à revoir ce film avec plus de plaisir. Je ne sais pas quel version est la plus proche de l’œuvre de Pierre Boule (ou si toute les deux s’en éloigne) mais sans la recommander, je dois avouer avec honnêteté avoir passé un bon moment devant le film de Tim Burton.

3/5 (Bien)

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2 réflexions sur “La planète des singes (2001)

    1. Celui de 1968 vaut clairement le détour à mon sens tandis que la nouvelle franchise propose une vision intéressante. Dans la saga originale, il n’y a que le finale du « secret de la planète des singes » ainsi que « La bataille de la planète des singes » auquel j’adhère moins. Le film de Burton est clairement à part et j’avoue ne pas avoir du tout aimer à sa sortie tant j’ai de l’affection pour le film de 1968 mais maintenant que je sais a quoi m’attendre, j’arrive à le trouver intéressant 😉

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