La planète des singes : L’affrontement

la-planete-des-singes-laffrontementLa planète des singes : L’affrontement (Dawn of the Planet of the Apes). 2 heures 11. États-Unis. Science Fiction – Drame. Sortie en France le 30 juillet 2014 (le 11 juillet 2014 aux États-Unis). Réalisé par Matt Reeves avec Andy Serkis, Jason Clarke, Toby Kebbell, Gary Oldman, Keri Russell, Kodi Smit-McPhee, Kirk Acevedo,Judy Greer, Jocko Sims, Kevin Rankin, Keir O’Donnell, Terry Notary…

Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

« Les singes ne veulent pas la guerre. »

Avis écrit le 6 août 2014.

Grand amateur de « La planète des singes » version 1968 avec Charlton Heston, j’avais été très agréablement surpris par la récente préquel « La planète des singes : Les origines ». Du coup, quand j’ai eu vent d’une suite pour ses origines, j’avais hâte de la découvrir et c’est donc en toute logique que je me suis dirigé dans ma salle de cinéma pour aller voir « La planète des singes : L’affrontement ».

Dès le début, je me suis laissé de nouveau prendre au jeu de ce scénario écrit par Rick Jaffa, Amanda Silver et Mark Bomback d’après l’œuvre de Pierre Boule. Reprenant avec son générique là où l’on s’était arrêté, on reprend vite le train en marche dans ce récit et on continue toujours de voir la chute de l’humanité. Car c’est aussi ça qui est très prenant dans ce film (comme pour le précédent volet), c’est que l’on connait tous l’issue finale, on sait comment tout ça va se finir mais pourtant, on se met à espérer, à croire à une autre possibilité et on prend part au combat.

Passé ce constat, au niveau du scénario, bien que prenant on pourra regretter la psychologie des humains. Cette dernière s’avère peu intéressante, on a presque par moment envie que ça se finisse assez vite devant tant de stupidité même si tout le monde n’est pas à mettre dans le même sac. En revanche, la psychologie chez les singes s’avère mieux traités, plus intéressante. Assez proche de la nature humaine au finale, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle société qui se construit et qui va commencer à être contaminé par la bêtise humaine jusqu’à une escalade de violence inévitable.

A travers les singes, c’est une critique de notre société que l’on peut retrouver. On y voit tout ce qui peut nous mener à notre perte avec cette envie de pouvoir, ce besoin de contrôle, la peur de l’inconnu ou encore cette faculté à vouloir s’approprier un territoire par tous les moyens. Moins fort que le précédent volet, sans doute un peu moins intense dans son traitement, ce scénario n’en demeure pas moins assez efficace en tout cas et nous offre plus une transition pour un futur nouveau volet à venir comme la fin ouverte la laisse présager. On peut alors sans doute regretter que l’affrontement qu’on nous promet dans le titre du film ne soit pas vraiment présent au rendez-vous mais le film se laisse quand même suivre grâce à son fond et nous offre un pont en or pour la suite.

Côté casting, l’absence de James Franco (malgré un petit caméo touchant et sympathique avec des images extraites du précédent film qui font que l’acteur ne sera pas crédité au générique) se fait un peu ressentir. Je ne suis pas spécialement un fan du comédien mais il s’intégrait très bien dans ce récit et le duo avec César fonctionnait bien. J’aimais beaucoup aussi John Lithgow que l’on ne retrouve évidemment plus également. L’absence de ses deux acteurs est logique d’un point de vue scénaristique mais je le regrette quand même.

Cependant, même si le scénario leur donne une psychologie un peu légère, la nouvelle distribution fait quand même son boulot à commencer par Jason Clarke en Malcolm. L’acteur n’est pas très charismatique, il fait même un poil léger parfois mais il a un côté sympathique qui fait qu’on a envie de le suivre. Il multiplie peut être un peu trop les clichés dans son aspect « je suis gentil et je veux tout faire pour la paix », j’aurais aimé un peu plus d’ambiguïté chez son personnage mais le comédien s’en sort bien.

On aurait pu aussi travailler un peu plus sur le personnage de Dreyfuss joué par un Gary Oldman qui n’a pas eu beaucoup à se fatiguer. C’est bien dommage car du coup on a parfois du mal à se le placer comme étant le meneur du groupe. Sa prestation reste quand même plaisante tout comme celle de Kirk Acevedo en Carver, bonne tête à claque de service.

Du coup, la psychologie humaine étant très légère, c’est dommage en revanche que cela accentue encore plus la transparence et le côté vide des personnages de Ellie, bien joué par la charmante Keri Russel et celle de Alexander incarné par Kodi Smit-McPhee, deux rôles et deux acteurs totalement sous exploités parmi tant d’autres.

Pour le reste, c’est vraiment chez les singes que l’on va plus prendre son pied. La technologie fait qu’ils prennent bien vie mais à travers leurs regards et leurs gestuelles, on ne peut qu’être épaté une nouvelle fois par la performance d’Andy Serkis en César qui maitrise son sujet. Toby Kebbell en Koba sortira également du lot et c’est surtout entre ses deux comédiens que l’affrontement aura lieu. Concernant le dernier, j’aime bien le fait que malgré son côté extrême, on n’arrive pas vraiment à lui en vouloir car au vue de son passif on comprend aisément ses motivations et son évolution. J’ai eu aussi un petit coup de cœur pour Karin Konoval en Maurice.

Après Rupert Wyatt qui avait fait un excellent travail, Matt Reeves reprends à merveille le flambeau. On sent que la caméra à changer d’épaules mais cela reste cohérent avec le précédent volet et très bien ficelé. J’ai trouvé que la mise en scène était vraiment belle avec des plans magnifique comme certaines vues d’ensemble sur le village des singes ou encore l’attaque de la tour avec un plan à 360 degrés à bord d’un char que j’ai trouvé sublime. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres car de nombreuses scènes sont visuellement vraiment magnifiques dans leur structure.

J’ai beaucoup aimé les différents décors, le côté très tranché avec le naturel du côté des singes et le côté un peu plus apocalyptique côté humains, les deux formant un bel ensemble rendant ses deux camps parfaitement lisible à l’écran. La photographie est elle aussi magnifique au même titre que les effets spéciaux que j’ai trouvé bluffant et je ne parle pas uniquement du rendu des singes à l’écran. Par choix, je n’ai pas voulu voir le film en 3D donc je ne sais pas ce que le procédé vaux ici. Je suis pas sûr que ce soit vraiment utile (peut être sur la profondeur quand même pour quelques scènes) mais voir le film en 2D n’a pas atténué mon plaisir.

Les différents costumes sont eux aussi très bien pensés. J’ai apprécié également le montage qui permet de dynamiser un peu l’ensemble. Le film parle sans doute un peu trop, j’admets qu’à une ou deux reprises j’ai regardé ma montre car je trouvais que ça manquais un peu d’action mais le montage bien construit fait quand même que malgré tout je ne me suis pas trop ennuyé. J’ai également beaucoup apprécié la bande originale composée par Michael Giacchino dont le thème phare (que l’on peut aussi entendre dans la bande annonce) est assez envoutant je trouve.

Pour résumer, « La planète des singes : L’affrontement » n’arrive pas à égaler son prédécesseur qui avait mis la barre très haute. La faute sans doute à quelques longueurs et à une psychologie humaine un peu délaissé rendant même quelques personnages fades voir inutile. Reste que ce divertissement reste excellent porté par une psychologie chez les singes nettement plus prenante et à une mise en scène assez démente avec des plans à couper le souffle. C’est un peu frustrant d’avoir la sensation d’être dans un film de transition qui annonce un troisième film mais ça reste quand même un grand spectacle que j’ai apprécié de voir et qui vaut le détour.

4/5 (Excellent)

Publicités

2 réflexions sur “La planète des singes : L’affrontement

  1. J’ai un peu les mêmes regrets que toi concernant l’absence de James Franco, et malgré tout on sent bien que c’est le film « du milieu » qui prépare au dernier combat et à la fin de la trilogie, mais il se laisse voir 😉

    Aimé par 1 personne

    1. un film du « milieu » c’est bien ça. En fait, l’ayant revu, je le trouve quand même pas mal et je ne renie vraiment pas ma note ressentie que je lui ai donné. Plus que l’absence de Franco, ma principale frustration vient du fait qu’on nous vend un affrontement qui finalement vient très tardivement et trouvera surtout sa justification dans le prochain film je pense.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s