Et les mistrals gagnants

et-les-mistrals-gagnantsEt les mistrals gagnants. 1 heure 19. France. Documentaire. Sortie en France le 1er février 2017. Réalisé par Anne-Dauphine Julliand.

Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l’instant. Avec humour et surtout l’énergie optimiste de l’enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie. Avec beaucoup de sérénité et d’amour ces cinq petits bouts d’Homme nous montrent le chemin du bonheur. Un film à hauteur d’enfant, sur la vie tout simplement.

« Pour moi c’est pas difficile. Mais pour vous, je sais, c’est difficile ! »

Avis écrit le 4 février 2017.

Dès que j’ai découvert pour la première fois la bande annonce du film « Et les mistrals gagnants », j’ai eu envie de le découvrir. Globalement, je savais à quoi m’attendre mais en quelques minutes, cette bande annonce a su m’émouvoir et me donner envie de découvrir un peu plus ses jeunes enfants. Du coup, il n’est pas très surprenant que j’ai fait le déplacement en salles pour découvrir ce documentaire.

Pour être tout à fait honnête, avant d’écrire ses lignes, je me suis demandé si je pouvais noter mon ressenti et exprimé un peu à l’écrit ce que j’avais vu sur grand écran. Je sais que le documentaire est un genre cinématographique mais là, vu le sujet difficile et le fait qu’on peut difficilement ne pas être touché par ses bouts de choux, je me suis mis à douter sur ma légitimité à écrire un simple avis comme je le fais d’habitude.

J’ai néanmoins choisi de le faire car je trouve ce documentaire brillant et qu’il me semble important de le promouvoir. Oui, on peut difficilement rester de marbre devant son sujet, le ressenti émotionnel est un peu tronqué à la base mais la force de ce documentaire, c’est justement de ne pas trop jouer avec ce ressenti mais juste de laisser nous suivre le cours d’une tranche de vie.

Pas de gros discours moralisateurs sur la difficulté que peut éprouver ses enfants, pas de grands débats sur l’importance du corps médical, ni de grands discours sur les bienfaits de la famille. Ce documentaire aurait pu tomber dans le larmoyant facile avec une voix off bien lourde et bien pompeuse mais fort heureusement, il n’en n’est rien.

La réalisatrice Anne-Dauphine Julliand s’efface derrière sa caméra tout comme le monde médical et la famille qui ne sont que des personnages secondaires. Ici, les vrais héros se sont Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual qui n’ont même pas une dizaine d’année. On les découvre déjà malade et on va les quitter à la fin (peut-être d’ailleurs un peu trop brutalement) encore malade. Ce film, c’est juste leurs vies sans aucuns artifices inutiles.

Pas de cinéma, pas de grandes thèses, pas de causes à défendre ou de solutions miracles. On est uniquement en présence d’enfants qui savoure l’instant présent, des enfants qui apparaissent d’ailleurs très mature pour leurs âges, qui comprennent très bien leurs situations et qui sans le vouloir, nous donne une leçon de vie et de bonheur.

Tout n’est pas facile. Leur quotidien n’est pas rose bonbon et à certains passages, on souffre vraiment à leurs côtés (à plusieurs reprises je dois avouer que j’ai eu la larme à l’œil…) mais finalement, au-delà de simples malades, c’est le portrait de simple enfant qui aspire juste à la joie avec toute l’innocence que leurs jeunes âges peut leur donner.

Décrire ce que ce documentaire à provoquer en moi est vraiment difficile mais en tout cas, j’ai énormément aimé ce message de bonheur et de sagesse que ses enfants m’ont donné. La naïveté de l’enfance est là mais en même temps, il y a aussi un regard très adulte qu’il porte sur leurs situations respectives qui impose un certain respect.

Autre petit détail, j’ai beaucoup aimé les réflexions de ses enfants sur le monde qui les entoure qu’il soit médical ou familial. Ils ont tout pour être plaint et pourtant, il y a en eux une fureur de vivre l’instant présent qui fait qu’ils ne veulent pas que l’on s’apitoie sur leurs sorts. Mieux encore, alors que l’on devrait les soutenir, à travers certaines de leurs paroles, ce sont eux qui soutienne leurs entourages et qui leur donne de la force.

Ce documentaire est un melting pot émotionnelle vraiment très intense. Sans jamais tomber dans la caricature gratuite et avec une certaine finesse, Anne-Dauphine Julliand ne va jamais dans le voyeurisme. Sa mise en scène est simpliste parce que sa caméra n’est qu’un spectateur de cette tranche de vie. Le fond suffit, il n’y a pas besoin de mettre la forme. Même la lourdeur de certains traitements médicaux est faite avec finesse. On sait ce qui se passe, pas besoin de le montrer et si l’enfant ne veut pas rester dans le cadre et bien il en sort, c’est son choix, sa liberté.

Finalement, je pense que si j’ai été touché par ce film, c’est justement parce que j’ai été invité dans ce récit avec douceur et aucune condescendance. Le montage délicat est lui aussi très bon. Ses différents portraits cohabitent très bien, on y découvre des caractères différents et des origines différentes sans jamais être trop brouillon. Chacun affronte la maladie à sa façon, chacun s’y échappe à sa façon et au final, l’amour qu’ils ont pour la vie et pour leurs proches y est extrêmement communicatif.

On évolue dans leurs univers sans jamais être intrusif. Même la bande originale composée par Rob nous propose cette délicatesse tandis que la chanson phare de Renaud « Mistral gagnant » (qui donne son nom au film) trouve ici toute sa place et sublime les propos tenus par ce documentaire. D’habitude, la forme a une importance mais là, je trouve que rester concentrer sur le fond est la vraie bonne idée.

Pour résumer, il est difficile d’être vraiment objectif devant un tel sujet. « Et les mistrals gagnants » est un documentaire qui m’a ému, qui m’a bouleversé mais qui m’a surtout énormément fait sourire et fait profiter de l’instant présent. Certes, j’ai conscience que c’est un discours facile mais ses enfants nous donne une véritable leçon de vie que j’ai envie de recommandé chaleureusement. Parfois, dans les salles obscures, le cinéma s’efface. C’est le cas ici et c’est tant mieux. Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont un message et une vision de la vie à vous proposer et je vous invite en tout cas à répondre très favorablement à cette invitation.

4.5/5 (Grand Film)

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