Portés disparus 3

portes-disparus-3Portés disparus 3 (Braddock: Missing in Action 3). 1 heure 41. États-Unis. Action. Sortie en France le 2 mars 1988 (le 22 janvier 1988 aux États-Unis). Réalisé par Aaron Norris avec Chuck Norris, Aki Aleong, Roland Harrah III, Miki Kim, Yehuda Efroni, Jack Rader, Floyd Levine, Ron Barker, Melinda Betron…

1987. Douze ans ont passé depuis la fin de la guerre du Vietnam. Par le biais du révérend Polanski, le colonel James Braddock apprend que son épouse, qu’il croyait morte lors de la chute de Saïgon, est encore en vie et qu’elle a donné le jour à leur fils, Van Tan Cang, peu après la fin du conflit. Braddock retourne au Vietnam pour les retrouver, mais tous trois seront capturés par le général Quoc…

« – Braddock, je vous préviens. Attention où vous mettez les pieds.
– Je mets les pieds où je veux, Litlejohn… et c’est souvent dans la gueule ! »

Avis écrit le 14 février 2017.

A la base, si j’ai voulu me relancer dans la saga consacré au colonel James Braddock, c’est surtout parce que le troisième opus passé à la télévision et que ce n’était pas le cas il y a quelques mois lorsque j’avais découvert les deux premiers films. Bizarrement, comme pour son prédécesseur, j’étais convaincu de n’avoir jamais vu « Portés disparus 3 » mais c’est en revoyant son final que je me suis rappelé que j’avais déjà dû tomber sur ce film étant plus jeune.

Il faut dire aussi pour ma défense que ce volet est le plus faible de la franchise. Le scénario écrit par Chuck Norris et James Bruner ne se foule pas beaucoup (en même temps, on en attend pas énormément non plus) et reste principalement un prétexte pour retrouver Braddock. Le premier film était fun malgré quelques longueurs, le second était un peu avare en humour mais très intéressant sur son approche psychologique. Pour ce troisième film, j’ai surtout eu la sensation d’avoir eu un récit très vide avec une action minimaliste et un humour qui se limite surtout à une véritable réplique mémorable, celle de Braddock mettant les pieds là où il le veut.

Pour le reste, je dois avouer que même si j’ai trouvé le résultat divertissant, je suis resté sur ma faim. C’est dommage car l’exploitation des enfants dans ce milieu hostile, malgré quelques scènes dures j’en conviens, aurait pu donner quelque chose de fort mais ça ne colle pas avec l’esprit nanardesque que traine cette franchise et l’ensemble s’avère très vite maladroit.

Après, le cahier des charges est respecté. C’est bourré de facilités et de clichés, c’est très prévisible, tout tient sur un post-it et c’est toujours plaisant de voir Braddock, ce grand héros américain, défendre les valeurs américaine au Vietnam. Je synthétise volontairement mais en gros, la recette est toujours la même c’est juste qu’il y a pas assez de folie et qu’à force de nous servir le même plat, on finit par se lasser.

C’est quand même bien jouissif de retrouver Chuck Norris (Le colonel James Braddock), tout torse en avant, reprendre l’un de ses rôles les plus mythiques. Quand je le vois dans cette saga, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression d’être face à un sous « Rambo » mais si Chuck Norris n’est pas un Sylvester Stallone dans l’action, il ne démérite pas lorsqu’il s’agit de tout faire péter et c’est aussi un peu pour ça qu’on l’aime.

Le méchant Aki Aleong (Le général Quoc) est toujours une belle caricature du sadique de service. Après la prestation qui m’avait convaincu de Soon-Tek Oh en général Yin dans le deuxième film, Aki Aleong a un peu de mal à prendre la relève à mes yeux. Cependant, ce dernier réussit malgré tout à s’inscrire dans une démarche cohérente. Le film est un peu moins puissant que les autres, le méchant de service l’est tout autant et utiliser des enfants dans le scénario ne l’aide pas à être plus convaincant.

Braddock a déjà sauver les valeurs d’une patrie, le voilà maintenant en train de s’attaquer aux valeurs familiales. L’idée aurait pu être plaisante mais j’ai eu un peu de mal à y croire. Miki Kim (Lin Tan Cang) n’a pas vraiment eu le temps de me convaincre en tant que femme tandis que le jeune Roland Harrah III (Van Tan Cang) est tellement lisse qu’on se demande s’il y croit à son personnage.

J’ai conscience qu’on n’attend pas une grande performance artistique dans ce genre de production mais la distribution est encore plus légère que précédemment à mes yeux et ça joue sur mon ressenti final. Même la caricature de Yehuda Efroni (Le Révérend Polanski) m’a semblé inutile tandis que Jack Rader (Litlejohn) n’est clairement pas exploité. On l’utilise juste pour être l’élément déclencheur de la croisade de Braddock.

Je n’ai pas la prétention d’avoir vu toute la filmographie de Chuck Norris (et en même temps, est-ce que je le veux réellement ?) mais retrouver derrière la caméra Aaron Norris ne me surprends pas du tout. Chuck aime travailler en famille et j’avais déjà eu l’occasion de voir son frère associer à quelques-uns de ses projets.

Maintenant, cela ne veut pas dire que c’est un gage de qualité. C’est bien beau de travailler en famille mais c’est aussi se placer dans une espèce de confort qui n’aide pas forcément le film. Là, ce n’est pas désagréable à suivre mais la réalisation est quand même assez vide. Ce qui n’est pas choquant c’est que les autres volets ne sont pas spécialement très recherché dans leurs mises en scène mais il manque ici je trouve une petite profondeur qui aurait été pas mal surtout pour l’ambiance générale.

Du coup, ça pète partout et puis c’est tout. On va d’un point à un autre et ainsi de suite sans réelle folie. Pire, j’ai même trouvé, malgré l’aspect divertissant de cette œuvre, que les longueurs se faisaient davantage ressentir. Le montage aurait mérité quelques petites coupes histoire de rendre le film un peu plus dynamique surtout dans son milieu où il y a une grande baisse d’intensité.

Niveau décors, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vu ça des centaines de fois mais ça tient la route dans ce projet. L’ouverture avec un Saigon en pleine émeute est même assez intéressante. Il y a un côté brouillon qui fait que l’on ressent bien le capharnaüm général mais ça s’arrête là. Quant à la bande originale composée par Jay Chattaway, elle s’inscrit dans la même lignée musicale que les autres volets avec malgré tout en prime deux titres de Ron Bloom, « Freedom again » et « In your eyes », qui donne du charme au film avec son ambiance très années 80.

Pour résumer, je me suis tellement amusé avec la réplique culte de Braddock face à Litlejohn que je pensais sincèrement que ce « Portés disparus 3 » allait être le film qui me plairait le plus. Malheureusement pour moi, ce fut l’inverse. C’est le plus faible de la franchise à tel point que j’avais même oublié que je l’avais déjà vu étant plus jeune. Ceci dit, même si c’est le plus faiblard, on reste devant le type de production qu’on s’attend à retrouver. Dans le genre, il y a mieux avec plus d’action, plus d’humour et plus de rythme mais en condition, ce troisième film peut faire son effet. Il était quand même temps pour moi que cette trilogie se termine puisque la lassitude commence à pointer le bout de son nez…

2.5/5 (Moyen)

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2 réflexions sur “Portés disparus 3

  1. J’ai comme l’impression que ce genre de film vieillit mal … pourtant j’ai eu ma période Chuck Norris dans une série Walker Texas Ranger … mais au bout de quelques années ça m’a lassée.
    En tout cas, tu as bien du courage de regarder ces vieux films. En ce moment je regarde beaucoup RTL9 car ils repassent des films « cultes » depuis 1997 .. parfois des pépites .. et souvent des déceptions 😉

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    1. Déjà à l’époque ça ne volait pas haut ^^ Oui, ça vieillit un peu mal mais c’est aussi ça qui fait le charme de ses films puis ça nous rappelle une certaine nostalgie du film d’action sans prise de tête des années 80-90 que tu te matais ado entre potes. Ce genre de films, c’est des madeleines de Proust qui nous replonge dans l’innocence de notre jeunesse 😛

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