Bad Taste

bad-tasteBad Taste. 1 heure 31. Nouvelle Zélande. Comédie – Épouvante. Sortie en France le 24 août 1988 (En décembre 1987 en Nouvelle Zélande). Réalisé par Peter Jackson avec Peter Jackson, Terry Potter, Pete O’Herne, Mike Minett, Doug Wren, Craig Smith, Costa Botes, John Nelson, Dean Taylor…

Une bande d’extraterrestres anthropophages déguisés en humains envahissent un petit village néo-zélandais dans le but de « moissonner » des humains pour leur chaîne de fast-foods. Ils se voient repoussés par une poignée de résistants hargneux et armés jusqu’aux dents.

« – Mais où est Derek dis-moi ?
– Oh les gars, il bouffe les pissenlits par la racine. Ce connard a plongé par-dessus la falaise. Il a oublié d’ouvrir son parachute. »

Avis écrit le 19 février 2017.

« Bad Taste » fut longtemps un mythe à mes yeux. En effet, depuis mon adolescence, j’en entends souvent parler (en bien d’ailleurs) mais je n’avais jamais eu l’occasion de le voir. Je ne me suis jamais réellement attardé sur son synopsis mais l’affiche me faisait de l’œil en tout cas et je suis donc assez content d’avoir enfin pu le découvrir.

Le résultat correspond à peu près à l’image que je m’en faisais en tout cas. Le scénario écrit par Peter Jackson, Ken Hammon et Tony Hiles est un bon gros délire de potes qui s’assume de bout en bout. C’est du gros n’importe quoi mais ça joue à fond la carte de la folie. Après, on y adhère ou pas mais de mon côté, je me suis laissé prendre au jeu de cette comédie horrifique burlesque qui m’a beaucoup amusé avec ses nombreuses répliques et situations assez cocasses.

Souvent, on tombe sur des films amateurs sur le net. Par politesse (et aussi parce que c’est des premiers pas et qu’il faut saluer l’effort), on complimente l’œuvre mais inconsciemment, on trouve quand même ça très léger, mal joué, mal filmé, avec un son limite et peu passionnant. On encourage car le budget est petit et que l’on sent une âme de cinéphile ainsi qu’une envie de bien faire mais de nombreux courts ou longs métrages amateurs subissent très vite la loi de la zapette.

Pourquoi ici on tient jusqu’au bout ? Peut-être parce que cette légèreté colle parfaitement a projet. C’est sans doute même ce qui donne tout le charme à ce film. Ça fait partie du délire et surtout, on ne sent pas une prétention à vouloir faire du Kubrick dès le premier film. C’est des potes, ils s’amusent avec cette histoire et cela s’avère être très vite communicatif malgré ses nombreuses autres faiblesses.

La distribution est très légère. Là encore, on sait que c’est mal joué mais on ne cherche jamais véritablement à convaincre. Les acteurs sont dans la surenchère en exagérant les traits de films qui ont pu les bercés et cela en devient très vite parodique. Peu importe au final qu’il n’y ait aucune finesse dans l’interprétation, tous ceci n’est qu’un jeu.

On s’amusera alors pas mal à les voir faire tous mumuse devant la caméra tout comme on sourira de voir Peter Jackson (Derek / Robert) s’éclater avec son sujet. Coïncidence ou pas, je n’en sais rien, avec Derek il possède néanmoins le personnage qui m’a le plus amusé et celui dont la folie contribue le plus à la réussite de ce long métrage.

En tout cas, dès son premier film, Peter Jackson marque les esprits. Comme pour le scénario, on ressent fortement les imperfections. D’ailleurs, ce film a pris un sacré coup de vieux. Mais pourtant, même si par la suite le cinéaste a fait ses preuves, pour ses premiers pas, il nous montre des choses que je trouve très intéressante.

Il s’amuse certes mais il le fait proprement. Il y a déjà des idées très riches dans la recherche des différents plans. Certains travellings sont intéressants et même si l’on ne peut s’empêcher de penser à des nanars en voyant cette production, la qualité est là d’une certaine manière. Peter Jackson ne se prend pas la tête et ça fait du bien.

Alors oui, le montage est parfois un peu chaotique mais on ne s’ennuie jamais. La durée courte est parfaite. Il lui a peut-être fallu quatre ans pour tourner son projet mais on ne voit pas le temps qui défile sous nos yeux (pour peu qu’on rentre dans le délire encore une fois). Les décors de sa Nouvelle Zélande natale m’ont plu aussi tout comme les différents costumes.

Il y a beau y avoir visuellement de nombreuses incohérences avec des faux raccords amusant, j’ai trouvé que ça passait bien. J’ai même beaucoup aimé l’exagération assumé du gore avec des effets visuels très drôles accentué par des maquillages approximatifs qui font aussi le charme de ce film. Quant à la bande originale composée par Michelle Scullion, elle a fini par m’achever avec ses thèmes aussi décalé que son sujet.

Pour résumer, « Bad Taste » est bourré d’imperfections comme de nombreux premiers films à petit budget peuvent en avoir. Cependant, là où certains se prennent sans doute trop au sérieux, Peter Jackson lui, s’éclate avec ses potes tout simplement. Résultat, c’est sans prétention, souvent grotesque mais pour peu que l’on rentre dans le trip, il y a de quoi s’amuser. Je comprends maintenant un peu plus comment ce film a eu ce statut d’œuvre culte et pour ma part, je suis vraiment content de l’avoir enfin vu, aussi imparfait soit-il.

3.5/5 (Très bien)

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2 réflexions sur “Bad Taste

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