L’Inspecteur ne renonce jamais

linspecteur-ne-renonce-jamaisL’Inspecteur ne renonce jamais (The Enforcer). 1 heure 36. États-Unis. Policier. Sortie en France le 20 avril 1977 (le 22 décembre 1976 aux États-Unis). Réalisé par James Fargo avec Clint Eastwood, Tyne Daly, Harry Guardino, Bradford Dillman, John Mitchum, DeVeren Bookwalter, John Crawford, Albert Popwell, Samantha Doane, Robert Hoy, M. G. Kelly, Bill Ackridge, Joe Bellan…

L’inspecteur Harry Callahan ne sait plus où donner de la tête. Il lutte à la fois contre des gangsters et des terroristes et doit subir des chefs butés et parfois compromis. De multiples affaires s’entrecroisent dont il se sort avec brio, laissant quelques cadavres sur son chemin.

« – Rendez-moi votre étoile !
– Tenez, ça va vous faire un suppositoire à sept branches !
– Qu’est-ce que vous osez dire ?
– J’ai dit : « Collez-vous l’étoile dans le cul ! » »

Avis écrit le 20 février 2017.

C’est vraiment parce que j’ai un peu de temps en ce moment que je peux me mater quasiment dans la foulée les différents épisodes cinématographiques consacré au fameux Inspecteur Harry. Après deux opus que j’avais bien aimés, je suis donc resté toujours aussi confiance lorsque je me suis mis devant le troisième film à savoir « L’Inspecteur ne renonce jamais ».

Et très vite, la première constatation que je me suis faite, c’est que ce nouvel opus est un ton en dessous de ses prédécesseurs. Le scénario écrit par Stirling Silliphant et Dean Riesner demeure toujours divertissant, il nous en donne pour notre argent et l’on replonge bien dans cet univers mais dans sa construction, il est beaucoup moins percutant.

Pourtant, i y a de bonnes idées. Le thème de la bureaucratie incompétente, bien que facile, est toujours intéressant. De même, dans ce monde rempli de testostérones et de gros flingues, vouloir intégrer plus en avant une femme dans le récit aurait pu être sympa si la misogynie et la caricature ne l’emportait pas autant.

Cette nouvelle histoire est certes imparfaite mais cela ne veut pas forcément dire que l’on s’ennuie. Fort heureusement, la base de la franchise est respectée, il y a un énorme plaisir à retrouver notre héros avec ses bonnes répliques et sa gâchette facile. Le récit est certes bancal avec en prime un groupuscule terroriste que l’on veut terrifiant mais qui est bien souvent risible cependant, on continue de s’amuser et c’est déjà ça de pris.

Le scénario m’a moins convaincu mais je ne boude en tout cas pas mon plaisir de revoir Clint Eastwood (L’Inspecteur Harry Callahan) dans l’un de ses rôles mythiques. Pourtant, l’acteur semble parfois jouer un peu sur la facilité. Il reste sur ses acquis et ne nous montre rien de bien nouveau mais l’interprétation est toujours plaisante tandis que le calme olympien de notre héros me botte bien.

Que l’on exploite plus ou moins le personnage, jusqu’à présent j’ai toujours trouvé l’utilisation d’un adjoint de Callahan sympathique même si son issue commence à faire un peu running gag lassant. Ici, Tyne Daly (L’Inspecteur Kate Moore) fait ce qu’elle peu pour exister. Dans ce monde machiste, elle n’échappe malheureusement pas aux stéréotypes et je trouve ça dommage que le scénario n’exploite pas plus que ça le thème de la parité. Au lieu de ça, la femme est montrée sous un visage maladroit et lisse qui méritait vraiment mieux même si parfois, les situations prêtent à sourire.

Il y a certains personnages que j’ai bien aimé revoir sinon. C’est le cas d’Harry Guardino (Le Lieutenant Bressler) qu’on avait quitté un peu sous exploité et qui se retrouve ici avec une légère complicité avec Callahan qui fonctionne bien. J’ai bien aimé revoir aussi John Mitchum (DiGeorgio) qui lui aussi se voit consacré un peu plus de temps de présence à l’écran.

Pour le reste, Bradford Dillman (Le Capitaine McKay) fait la bonne tête à claques de service tandis que l’on tourne facilement en dérision le personnage de John Crawford (Le Maire). Le film frise d’ailleurs parfois pas mal la parodie au détriment de l’intrigue policière ce qui est dommage. Cela n’aide pas non plus la véritable bande de méchants du film qui font souvent office de faire valoir et deviennent avec le recul assez transparent dans leur exploitation.

Si dans le fond j’ai trouvé que cette fois-ci, on était un peu un ton en dessous, je trouve que ce constat ce ressent également à travers la mise en scène de James Fargo. Le réalisateur ne dénature pas l’œuvre de base. La suite reste cohérente et on ne découvre pas un nouvel univers mais l’ensemble est traité avec moins de profondeurs.

La ville de San Francisco est toujours très belle avec ses décors très variés qui font que Callahan se livre une véritable course poursuite dans un labyrinthe mais visuellement, il y a moins de saveurs. L’ambiance des policiers des années 70 s’estompe un peu (même si le film reste ancré dans son époque) et même si c’est agréable à voir, la réalisation apparait plus simpliste allant à l’essentiel.

Fort heureusement, le montage bien ficelé fait que ce long métrage est dynamique. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer et quand on ne veut pas aller plus loin, le divertissement proposé reste très correct c’est juste qu’il apparait moins mémorable à mes yeux. Même la bande originale composée par Jerry Fielding, bien que sympathique, m’a fait moins d’effets que les musiques précédentes de Lalo Schifrin.

Pour résumer, « L’Inspecteur ne renonce jamais » est un très bon divertissement si on le prend comme tel. En dessous par rapport aux autres aventures que ce soit dans le fond ou dans la forme, il remplit néanmoins son cahier des charges sans forcément transcender le genre. Pour la suite, si Harry Callahan ne renonce jamais, il doit faire attention de ne pas lasser. Pour l’instant ce n’est pas le cas pour moi, je reste confiant pour la suite mais malgré le plaisir indéniable que j’ai pris devant cette œuvre que je reverrais avec plaisir, je ne peux m’empêcher de ressentir un léger brin de frustration.

3.5/5 (Très bien)

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