Magnum Force

magnum-forceMagnum Force. 2 heures 02. États-Unis. Policier. Sortie en France le 27 février 1974 (le 25 décembre 1973 aux États-Unis). Réalisé par Ted Post avec Clint Eastwood, Hal Holbrook, Felton Perry, David Soul, Tim Matheson, Kip Niven, Robert Urich, Mitchell Ryan, John Mitchum, Christine White, Richard Devon, Adele Yoshioka, Albert Popwell, Margaret Avery, Maurice Argent, Clifford A. Pellow…

La pègre de San Francisco est décimée par une série de meurtres particulièrement sanglants. L’inspecteur Callahan donnerait cher pour remonter à la source de cette vague de violence. Tout indique que c’est l’œuvre de policiers prêts à se placer au-dessus des lois et à utiliser les méthodes les plus barbares pour débarrasser la ville de ses criminels. De peur que la violence proverbiale de Harry n’aggrave celle qui ensanglante déjà la ville, son supérieur, le lieutenant Briggs, lui défend de se mêler de l’enquête. Mais Harry ne peut s’empêcher d’entrer en action…

« L’homme sage est celui qui connaît ses limites, Lieutenant ! »

Avis écrit le 20 février 2017.

J’ai découvert la première aventure du mythique Inspecteur Harry il y a peu. Il m’a fallu du temps mais comme je m’y attendais, j’ai tout de suite accroché à cet univers, à cette ambiance ainsi qu’à ce héros. C’est donc sans trop de craintes que je me suis maté sa deuxième aventure en Blu-ray dans la foulée à savoir « Magnum Force ».

Si le générique d’ouverture avec ce gros plan sur un Magnum laisse présager que cette suite va s’inscrire dans la lignée de son prédécesseur, très rapidement, on constate que l’optique choisi par le scénario écrit par John Milius et Michael Cimino est différente. La trame principale reste la même avec ce flic aux méthodes atypiques qui va devoir faire justice mais cette fois-ci le traitement s’avère un poil différent.

En effet, dans ce volet l’humour y est moins présent. Le récit y est traité de façon un peu plus brut avec nettement moins de fun. Il y a toujours une petite once de légèreté mais on sent à travers cette histoire que le long métrage veut nous interroger sur son fond. Quelle est la place de la justice dans notre société ? Quelles sont les limites de la justice ? Peut-on se faire à la fois juge, juré et bourreau ?

Dans sa thématique si le scénario opte parfois pour des réponses un peu simplistes et une issue prévisible, j’ai néanmoins bien aimé ce virage et la réflexion que ce divertissement nous propose. De même, j’ai aimé l’effort qui a été fait pour tenter de garder un petit mystère sur la nature du méchant de cette histoire (le gros point faible du premier film à mon sens). On se doute très vite de qui fait quoi mais j’ai quand même apprécié qu’on tente de jouer avec qui tient les ficelles.

Pour le reste, on retrouve les ingrédients du premier film qui m’avait bien plu. L’intrigue possède quelques petites longueurs avec des scènes que je n’ai pas forcément trouvé toujours utile (comme l’exploitation de la voisine ou la femme de McCoy pour ne citer que ses exemples) mais dans l’ensemble, on a exactement le spectacle que l’on est venu chercher avec son lot de fusillades, de courses poursuites et de répliques.

Clint Eastwood (L’Inspecteur Harry Callahan) reprends en tout cas avec beaucoup de réussite l’un de ses personnages les plus mythiques. Ce rôle lui va vraiment comme un gant. J’aime beaucoup la façon dont il l’incarne avec beaucoup de calme. Ce héros n’est pas un excité, il est très posé dans sa démarche, dans sa gestuelle, dans son regard et c’est quelque chose que j’apprécie avec en prime un charisme naturel et une aura fort plaisante qui se dégage de lui.

Si le précédent Lieutenant était un peu délaissé dans l’intrigue du précédent volet, Hal Holbrook (Le Lieutenant Briggs) possède de son côté une plus grande importance. L’acteur manque un peu de nuances dans son jeu ce qui fait que l’on devine très vite ce qu’il va devenir mais il reste quand même suffisamment convaincant pour exister face à Clint Eastwood lorsque la situation l’exige.

Précédemment, j’avais été un peu frustré aussi par la place qu’occupé l’ancien adjoint de Callahan dans l’enquête. Ici, Felton Perry (L’Inspecteur Early Smith) est davantage exploité. Il ne vole pas la vedette au héros mais il existe bien au point que j’aurais vraiment aimé voir un peu plus ce tandem qui fonctionne plutôt bien je trouve même si Callahan reste un loup solitaire.

La petite bande de nouveaux que l’on nous présente est pas mal aussi. Leurs traitements est parfois un brin caricatural mais ça marche. Tim Matheson (L’officier Phil Sweet), Robert Urich (L’officier Mike Grimes) ou encore Kip Niven (L’officier Red Astrachan) s’en sortent bien tandis que David Soul (L’officier John Davis) est celui qui parvient à sortir un peu du lot avec un leadership naturel à l’écran.

Le reste du casting est du même acabit chacun faisant sa part du travail. Même si son utilisation dans cette histoire n’est pas toujours justifié, j’aurais quand même bien aimé voir un peu plus Mitchell Ryan (L’officier Charlie McCoy) pour qui j’ai eu une certaine tendresse. Si John Mitchum (Frank DiGorgio) m’a plu, l’apparition d’Albert Popwell (Le proxénète) dans un autre rôle que celui qu’il occupait dans le premier film m’a fait sourire.

Après Don Siegel, Ted Post prend très bien le relai derrière la caméra. Rien ne m’a choqué dans cette suite. Bien au contraire, je trouve même que visuellement c’est assez cohérent, la transition se fait de façon naturelle. Le fond devient un peu plus sombre, j’ai donc aimé que la forme le devienne un peu plus aussi. Cet opus possède sa propre âme et ne se contente pas de nous offrir des plans que l’on a déjà vus.

L’ambiance des policiers des années 70 est toujours là en tout cas pour mon plus grand bonheur tandis que la photographie chaleureuse et l’exploitation de San Francisco me botte toujours autant. La bande originale composée par Lalo Schifrin est, elle aussi, très efficace et très cohérente avec la base que l’on connait déjà, le compositeur poursuivant bien son travail dans cette franchise.

Pour résumer, avec un fond un peu plus sombre, j’ai bien aimé la version alternative de l’Inspecteur Harry Callahan que nous propose « Magnum Force ». Je préfère le premier film, ironiquement pour son côté un peu plus fun, mais cette suite n’en demeure pas moins très intéressante. Ce deuxième film est une bonne réponse au premier sur le thème de l’auto-défense et nous fait passer en prime un très bon moment. Dommage qu’il y ait quelques longueurs et que certaines scènes ne soit pas forcément utile car dans l’ensemble, cela reste un excellent spectacle toujours bien porté par un Clint Eastwood à son aise.

4/5 (Excellent)

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