Le retour de l’Inspecteur Harry

le-retour-de-linspecteur-harryLe retour de l’Inspecteur Harry (Sudden Impact). 1 heure 57. États-Unis. Policier. Sortie en France le 22 août 1984 (le 9 décembre 1983 aux États-Unis). Réalisé par Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Pat Hingle, Bradford Dillman, Paul Drake, Audrie J. Neenan, Michael Currie, Albert Popwell, Mark Keyloun, Jack Thibeau, Bette Ford, Nancy Parsons, Lois de Banzie, Bill Reddick, Michael V. Gazzo, Russ McCubin, Robert Sutton, Kevyn Major Howard…

Violée dans sa jeunesse par une bande de brutes de la petite ville de San Paulo, l’artiste peintre Jennifer Spencer décide de retrouver chacun de ses agresseurs et de les tuer. Excédée par ses méthodes et soucieuse d’éviter les foudres de la presse, l’administration policière décide d’envoyer l’inspecteur Harry Callahan loin de San Fransisco. Chargé d’enquêter sur un meurtre à San Paulo, il va faire la connaissance de Jennifer…

« Écoute, pouilleux ! Pour moi tu n’es qu’une merde de chien qui s’étale sur un trottoir… Et tu sais ce qu’on fait d’une merde de ce genre ? On peut l’enlever soigneusement avec une pelle, on peut laisser la pluie et le vent la balayer, ou bien on peut l’écraser. Alors si tu veux un conseil d’ami choisis bien l’endroit où on te chiera… »

Avis écrit le 21 février 2017.

Bien que le troisième volet de la franchise m’ait laissé un peu de frustration, pour l’instant, dès le premier film, j’ai toujours aimé les aventures de l’Inspecteur Harry Callahan que je découvre que maintenant. C’est donc très confiant et avec un certain plaisir que je me suis mis à découvrir « Le retour de l’Inspecteur Harry » que je connaissais de nom principalement avec son titre en version originale.

Très vite, on voit dans quelle direction le scénario écrit par Joseph C. Stinson et Dean Riesner va partir. Notre héros à la réputation d’avoir la gâchette facile et le sens de la réplique, c’est exactement ce que l’on va nous donner. Dans le fond, le scénario s’amuse toujours avec cette même guerre que mène notre héros contre l’injustice et la bureaucratie (un discours qui commence par lasser) mais au moins, il assume à fond son statut.

Très vite on voit que tout est prétexte pour que le flingue soit de sortie et qu’Harry Callahan nous balance sa punchline. Tant pis si c’est purement gratuit et facile. C’est facile, c’est simple mais ça reste efficace. A défaut d’être profond dans sa construction, cette histoire est jouissive et nous fait passer un excellent moment comme on est en droit d’en attendre de ce type de production.

Maintenant, derrière cette légèreté apparente et ce chemin ultra balisé, il y a quand même des petites choses sympathiques. Le fait de traquer une femme dont l’on comprend les motivations (sans les cautionner) permet de donner un nouveau regard à la justice façon Callahan. D’ailleurs, le final dénote un peu de ce que l’on avait l’habitude de voir dans cette franchise avec le sort de la victime qui est mis un peu plus en avant.

Bien entendu, ceci n’est pas extrêmement poussé mais il y a de bonnes intentions que j’ai appréciées. Puis, on peut se rassurer. Si l’on veut des méchants bas de plafond bien décérébré que l’on va vouloir dérouiller, le scénario nous en propose également. On aura moins de scrupules pour ses derniers ce qui contribuera à nous en donner pour notre argent.

Face caméra, Clint Eastwood (L’Inspecteur Harry Callahan) reprend une nouvelle fois le flambeau. L’acteur cabotine pas mal. Il joue avec cette surenchère pour appuyer la caricature de son personnage mais c’est aussi pour cela que ça marche. Si notre héros s’inscrit dans la culture populaire, c’est aussi pour ce portrait haut en couleur. A côté, j’aime beaucoup le fait de le voir peu évoluer (globalement il a toujours la même base psychologique) dans une société avec des moralités et des idées qui changent n peu plus au fil des films.

Si cette fois-ci Callahan ne possède pas d’adjoint à tuer, il trouve pour l’accompagner un substitut intéressant en la personne de Sondra Locke (Jennifer Spencer). Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est son alter-ego féminin mais il y a un autre regard sur le thème de l’auto-justice qui rentre bien en conflit avec le regard de Callahan et lui permet d’évoluer un peu en quelque sorte. Sondra Locke est parfois un peu trop « vide » dans son regard mais cela colle bien avec son rôle et la comédienne s’en sort au final pas trop mal.

Pour le reste du casting, on est dans le stéréotype de base qui s’intègre bien dans ce récit. Paul Drake (Mick) en fait des tonnes mais bon, on le voit davantage dans le final. Audrie J. Neenan (Ray Parkins) se positionne bien aussi dans le rôle du personnage attardé qui nous offre même quelques passages assez malsain.

Parmi les rôles secondaires, avec plus ou moins d’importance, je retiendrais surtout Albert Popwell (Horace King) que l’on retrouve donc pour la quatrième fois dans cette saga et une nouvelle fois dans un nouveau rôle ainsi que Pat Hingle (Le Chef Jannings). Ce dernier joue de façon correct, il n’est pas plus mémorable que sa dans sa caricature, c’est juste que j’ai aimé revoir cet acteur qu’inconsciemment, j’associe toujours au Commissaire Gordon dans « Batman ».

Après avoir été dirigé à trois reprises dans cette franchise, Clint Eastwood prend définitivement son personnage en main en passant cette fois-ci derrière la caméra. D’une manière générale, cela se ressent assez bien. Ce n’est pas sa meilleure réalisation mais l’on sent que le travail est très soigné et très agréable à suivre.

On joue avec pas mal de facilités, San Francisco me manque un peu mais la photographie est belle et on a le droit à de beaux plans. Le réalisateur fait tout en tout cas pour que le héros soit mis en valeur sous son plus beau jour. Il prendra même quasiment une image de messie lors de la fameuse scène finale où Callahan ne sera plus qu’une ombre imposante apparaissant dans un halo lumineux prêt à donner une leçon sans broncher aux méchants.

Les années 70 sont derrière nous. Callahan reste lui-même mais la société avance et visuellement, on est dans une bonne ambiance de polar léger des années 80. En ça, le long métrage vieillit donc plutôt bien dans sa forme. La bande originale composée par Lalo Schifrin est aussi très belle. Après avoir passé la main pour le troisième volet, on le retrouve dans cette nouvelle aventure (Jerry Fielding étant décédé entre temps) avec plaisir. Les notes sont classiques mais très belle et colle bien à notre flic.

Pour résumer, il n’y a pas de grandes révolutions dans « Le retour de l’Inspecteur Harry ». Dans son ensemble, la trame est toujours la même et notre héros est encore davantage iconique. Il y a en tout cas des petites choses qui reste intéressante et en font un excellent divertissement. Quand on pense à l’Inspecteur Harry, on pense à des flingues, un héros calme justicier et des répliques bien senties. La recette est autant respecté que son dosage et force est de constater sur moi que ça marche toujours.

4/5 (Excellent)

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