Grave

Grave. 1 heure 38. France – Belgique. Épouvante – Drame. Sortie en France le 15 mars 2017. Réalisé par Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Joana Preiss, Laurent Lucas, Marion Vernoux, Bouli Lanners, Jean-Louis Sbille, Thomas Mustier…

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

« – Je veux savoir si tu es dans un délire SM ou si c’est plus grave que ça.
– C’est grave. »

Avis écrit le 17 mars 2017.

Depuis que j’ai eu vent de « Grave », j’étais assez curieux de le découvrir. Je ne suis pas un grand fan de la thématique du cannibalisme mais pour une fois qu’en salles j’ai la possibilité de voir du cinéma français (et belge) un peu différent, je me dis que l’expérience se tente. Histoire d’être un peu plus rassuré, l’excellent bouche à oreille que le projet pouvait avoir me laissait plutôt confiant.

Le scénario écrit par Julia Ducournau m’a au final assez déstabilisé. On va le dire tout de suite, ce n’est pas la claque que je pensais avoir mais ce n’est pas non plus mauvais pour autant. Je n’ai pas vraiment adhérer à l’ensemble du trip et en même temps, il y a quand même des petites choses que j’ai aimé et qui m’ont rendu ce long métrage captivant.

C’est peut-être pour ça d’ailleurs qu’à la sortie de ma séance, mon ressenti est plutôt positif car malgré ses défauts, j’ai quand même eu la sensation d’avoir vécu une petite expérience différente de ce à quoi j’ai l’habitude. Maintenant, c’est quand même dommage que dans l’ensemble cette histoire m’ait paru pas assez efficace.

Le fait de ne pas être fan du cannibalisme au cinéma doit jouer un peu mais pas mal d’éléments que l’on nous montre m’ont paru provocateurs de façon gratuite. L’œuvre est assez charnel, parfois éprouvante, mais avec le recul, de nombreuses scènes n’ont pas trouvées une véritable utilité à mes yeux. Ceci aussi est déstabilisant car il y a de la finesse dans le sens où le projet ne part pas toujours dans l’excès mais bien souvent, cette sensation de se donner un genre prend le dessus.

Alors après, on peut s’amuser à retirer de ce récit ce qui nous plait dans sa thématique. Le cannibalisme, le lien entre sœur, le passage à l’apprentissage, le bizutage en université, la façon de vivre son côté végétarien dans notre société… Il y a des choses qui m’interpelle, d’autres moins et c’est déjà ça de pris.

Si je n’ai pas toujours été convaincu, je pense que c’est aussi en partie à cause de la distribution. Là aussi, je ne sais jamais sur quel pied danser. Il y a des moments d’interprétations que j’apprécie dans les regards, la gestuelle… et d’autres que je trouve très simpliste et la limite du grotesque en parvenant à très peu me convaincre.

Il m’a fallu un petit temps d’adaptation par exemple pour suivre Garance Marillier (Justine). Elle vit son personnage, je ne le nie pas et il y a des moments de démence assez efficace mais cela ne suffit pas toujours pour rendre son jeu crédible. Même chose pour sa sœur à l’écran Ella Rumpf (Alexia) que je trouve souvent assez limité dans sa caricature et pourtant, il y a quand même un petit quelque chose d’animal qui se crée entre ses personnages.

Pour le reste, c’est surtout Rabah Naït Oufella (Adrien) qui réussit à sortir un peu du lot de ce casting. Ce n’est pas exceptionnel mais le portrait de son personnage est sympathique même si une nouvelle fois, il est parfois exploité un peu trop gratuitement à mon goût. Les parents dans ce film, Joana Preiss (La mère) et Laurent Lucas (Le père), auraient pu apporter un peu plus aussi que cette image simpliste du végétarisme et ce final un peu trop risible tant il est téléphoné.

Côté mise en scène, le travail de Julia Ducournau est cohérent et tout ce que je ressens avec son œuvre, je la ressens avec sa réalisation. C’est propre, on voit qu’il y a une recherche dans le cadre et que l’on a envie de nous offrir quelque chose d’agréable à suivre tout en apportant ce côté bestial à l’écran.

Maintenant, ça fait par moment un peu trop académique dans son côté film d’auteur qui veut sortir du lot. La réalisatrice est parvenue à marquer mon esprit mais en même temps, elle n’arrive pas non plus totalement à me convaincre. Ça manque parfois un peu de rythme et en même temps, il y a quand même une ambiance qui tient la route dans le sens où l’on veut voir la fin.

Le montage est dynamique est bien ficelé mais une réalisation soignée ne fait pas tout. Il suffit de voir la « naissance » du cannibalisme de Justine pour le constater. De mon côté, la scène du doigt, je la trouve plus risible qu’autre chose et ce n’est pas forcément la seule scène qui m’a fait sourire sans que cela soit le but recherché. A côté de ça, d’autres scènes m’ont bien mis mal à l’aise et ont eu un bon effet sur moi.

J’ai bien aimé sinon la photographie et tout le jeu sur la lumière. De bout en bout, l’ambiance est là et même si l’on n’y adhère pas totalement, on est quand même pris. Les décors sont bons aussi. On exploite assez peu l’école vétérinaire mais son utilisation fonctionne. Niveau costumes, ça reflète bien le caractère des personnages mais on a la petite culotte et la nudité facile à travers différentes scènes qui accentue le côté « faussement provoc » que j’ai ressenti.

Les maquillages sont bien faits. J’ai apprécié qu’on ne joue pas trop avec le sang, que l’on en abuse que dans quelques scènes. Toutes les marques d’eczéma que l’on voit à un moment sur Justine m’ont convaincu même si à côté, des morsures par la suite m’ont un peu moins plu. La bande originale composée par Jim Williams est dans la thématique sinon.

Pour résumer, si je devais être honnête avec moi-même, dans ma note ressentie concernant « Grave » je devrais la descendre d’un demi-point car il y a beaucoup d’imperfections, de maladresses, de facilités et de choses peu crédible pour me convaincre à fond. Maintenant, je ne regrette pas d’avoir vu ce film car il a au moins le mérite de ne pas me laisser indifférent. Je ne sais pas sur quel pied danser avec lui mais j’ai aimé cette sensation de vivre une petite expérience. J’aurais aimé qu’elle soit un peu plus aboutie mais elle m’a au moins captivé tout en me déstabilisant. Je reste néanmoins un peu sur ma faim et je ne suis pas sûr qu’un second visionnage lui soit bénéfique pour moi mais il mérite quand même clairement que je m’y replonge un peu plus tard maintenant que je sais à quoi m’attendre. Ce n’est pas une claque cinématographique mais cela reste une curiosité à mes yeux dans l’attente en tout cas d’un nouveau visionnage…

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2 réflexions sur “Grave

    1. Je peux le comprendre. C’est un genre qu’il faut aimer et dans le cinéma français on est pas habitué à ça en plus. Pour ma part, tout n’est pas mauvais mais j’ai quand même eu une certaine frustration devant le résultat final qui a fait pourtant beaucoup de bruits pour pas grand-chose…

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