La Belle et la Bête (2017)

La Belle et la Bête (Beauty and the Beast). 2 heures 09. États-Unis. Comédie – Musical – Fantastique – Romance. Sortie en France le 22 mars 2017 (le 17 mars 2017 aux États-Unis). Réalisé par Bill Condon avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Kevin Kline, Ewan McGregor, Ian McKellen, Emma Thompson, Josh Gad, Stanley Tucci, Audra McDonald, Gugu Mbatha-Raw, Nathan Mack, Hattie Morahan…

Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

Avis écrit le 25 mars 2017.

« La Belle et la Bête » compte parmi mes quatre film d’animation Disney préféré. Du coup, même si la bande annonce laissait présager d’une retranscription live plan par plan, j’étais assez curieux de découvrir ce nouveau film avec en plus, cerise sur le gâteau, un casting plutôt alléchant qui avait tout pour me plaire.

Au début, j’ai été un peu déstabilisé par ce scénario écrit par Stephen Chbosky et Evan Spiliotopoulos, d’après le conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont et le film d’animation homonyme de Disney. En effet, dans sa première partie, le film est fidèle à ce à quoi je m’attendais à savoir une version live plan par plan. Le problème, c’est que si la magie fonctionnait plutôt bien en animation, en s’inscrivant dans une sorte de « réalité » avec de vraies personnes, ça fonctionnait un peu moins je trouve.

Fort heureusement, par la suite cette nouvelle version s’émancipe un peu de son support d’origine et devient de ce fait plus intéressant. On garde toujours la même trame, les mêmes plans, les même chansons mais le scénario ose un peu plus en changeant quelque petites choses. C’est assez subtil, ça concerne la malédiction, le passé de Belle et de la Bête, les villageois… Je n’en dévoilerais pas plus mais ses petites modifications assez fine apporte un certain renouveau à cette œuvre et lui permet de mieux passer le cap de cette nouvelle réalité.

Pour le reste, le long métrage reste constant de bout en bout. On est de nouveau plongé dans ce conte fantastique avec pleins de jolis messages, de jolies chansons et de belles valeurs. C’est assez drôle, c’est efficace et même si dans un premier temps je fus déstabilisé, je dois bien reconnaitre que par la suite, je me suis très vite laissé prendre au jeu. On est toujours dans la comédie musicale fraîche qui divertit bien et réunit toute la famille.

Je ne vais pas revenir sur la polémique ridicule qui a entouré la sortie de ce film (à savoir qu’une allusion gay anecdotique semble choquer davantage de personne qu’une histoire zoophile à la base…) mais honnêtement, alors que j’ai lu pas mal d’avis désastreux sur ce projet, j’ai été assez surpris de voir à quel point au final cette nouvelle vision a su m’emporter avec elle. Je ne vais pas crier au chef d’œuvre ou à la claque (je préfère d’ailleurs toujours la version animée) mais j’admets que je ne comprends vraiment pas certains papiers incendiaire que j’ai pu lire…

Devant la caméra, les acteurs semblent aussi bien investis. Dan Stevens (La Bête) s’en sort bien je trouve même caché par la motion capture. Il n’en fait pas trop, garde l’esprit de son personnage et fait même passer ses émotions à travers son regard de bonne façon. Il se fait un peu étouffé par Emma Watson (Belle) qui est davantage mis en avant mais le couple fonctionne néanmoins. J’ai aimé avoir de la tendresse pour ses personnages qui finalement réussi à trouver son équilibre.

Luke Evans (Gaston) est lui aussi pas mal du tout dans le registre du salaud de service. C’est d’ailleurs peut-être même l’acteur qui a su le plus collé à l’essence de son personnage par rapport à la version animée. C’est la tête à claque que l’on veut détester, qui en fait des tonnes et c’est ce que l’on recherche. Que ce soit physiquement ou dans l’interprétation, l’acteur est à l’écran le Gaston de mon enfance.

A côté de ce dernier, j’ai bien aimé Josh Gad (Lefou). Je trouve que le nouveau traitement de ce personnage est vraiment pas mal. Il est toujours dans l’excentricité mais j’ai aimé le fait que ce ne soit plus qu’un simple suiveur. On se met à avoir une certaine compassion pour son personnage et j’ai même réussi à l’apprécier ce qui n’était pas forcément le cas dans le dessin animé.

Parmi les relectures, j’ai moins apprécié la nouvelle vision du personnage de Kevin Kline (Maurice). Attention, il est toujours touchant et l’on a toujours le côté paternaliste très prononcé qui rendent ce rôle sympathique mais je regrette que l’aspect un peu foufou avec son côté bricoleur du dimanche ait disparu. Il n’empêche que l’acteur fait le boulot et parvient même à bien exister dans ce récit.

Derrière ce quatuor, on a beau avoir un casting de luxe, la distribution s’efface un peu. Il faut dire que plus que l’interprétation, c’est surtout ses différents objets en vie que l’on voit et il faut attendre le final attendu pour se rendre compte que le casting vocal est assez riche. Chacun joue bien le jeu en tout cas. On ne retiendra peut-être pas ce film dans leurs filmographies respectives mais j’ai néanmoins aimé voir (et surtout entendre) Ewan McGregor (Lumière), Ian McKellen (Big Ben), Stanley Tucci (Maestro Cadenza) ou encore Emma Thompson (Madame Samovar).

Derrière la caméra, Bill Condon partait avec un handicap pour moi. Il allait s’attaquer à un chef d’œuvre de mon enfance mais surtout, je ne connaissais son travail que pour les deux derniers volets de la saga « Twilight » qu’il a réalisé et autant vous dire que vu la laideur de ce dernier, j’avais quelques craintes. Heureusement que quelques visuels promotionnels avant la sortie du film état là pour me rassurer un peu.

Très vite (en même temps ce n’est pas très dur), « Twilight » a disparu de mon esprit et mes craintes se sont là encore envolés. Bill Condon fournit vraiment un très beau travail je trouve dans sa mise en scène. Le réalisateur parvient à bien retranscrire le visuel du dessin animé en live en gardant les éléments phares de son support d’origine.

La caméra se ballade bien dans ce conte et même si les principaux cadrages sont gardés, le metteur en scène réussi à donner une certaine âme à son film. Il reste dans le copier-coller visuel mais propose aussi de nouvelles choses intéressantes auquel j’ai adhéré. L’idée des deux ou trois scènes supplémentaire est pas mal aussi même si du coup cela rallonge la durée de cette histoire. Maintenant, cela ne m’a pas dérangé plus que cela puisque le montage reste réussi et le film dynamique.

Je ne me suis vraiment pas ennuyé dans ce spectacle (alors que pourtant il reprend une histoire que j’ai vue des centaines de fois). J’ai beaucoup aimé aussi les différents décors. J’ai aimé le côté tranché du village avec le monde un peu plus glacial de la Bête (qui trouve d’ailleurs ici sa justification). Les costumes sont eux aussi magnifique sans jamais être ridicule. On joue avec des codes couleurs que l’on connait bien mais le passage de l’anime en live se fait avec réussite, j’en veux pour preuve la fameuse robe jaune de Belle que j’ai trouvé somptueuse.

La photographie est en tout cas réussie, j’ai aimé l’exploitation de la lumière, le jeu fait sur certaines ombres et visuellement, le résultat fonctionne bien à mes yeux. La magie opère en tout cas car malgré un numérique assez présent, je ne me suis jamais trop concentré dessus puisque ça s’intègre plutôt bien à cette histoire.

Quant à la bande originale, on retrouve Alan Menken (qui avait déjà officié sur le dessin animé) qui se réapproprie très bien ses travaux. Les chansons de ma jeunesse sont là, elles sont d’ailleurs bien réécrites parfois en fonction des petites modifications du scénario et là encore, je me suis replongé dans ma jeunesse. Les nouvelles chansons sont également plaisantes même si je peux comprendre que l’on n’adhère pas aux nouvelles scènes que cela implique. La seule chanson qui m’a moins accroché, c’est celle interprété par Céline Dion mais bon, vu que c’est pendant le générique de fin, ça n’a pas gâché mon film.

Pour résumer, « La Belle et la Bête » version 2017 fera partie pour moi de ses adaptations de dessins animés Disney qui auront réussi leurs paris d’être retranscris en live. Il n’y a pas de grandes nouveautés dans cette histoire qui s’appuie principalement sur l’anime de ma jeunesse mais les quelques petites modifications faite avec finesse sont suffisamment intelligente et plaisante pour que ce film trouve une légitimité à mes yeux. Cerise sur le gâteau, la magie est présente avec une réalisation efficace et des acteurs qui font le job. Même si le dessin animé de 1991 continue d’avoir toujours ma préférence, je pourrais en tout cas revoir cette nouvelle lecture avec autant de plaisir que l’ancienne. Un excellent film familial qui remplit son cahier des charges.

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